Le Standard fait parler de lui de l'autre côté de l'Atlantique. StevenGoff, un journaliste du Washington Post, s'est récemment rendu à Sclessin, où il a humé le parfum d'un match contre Genk. Dans son article, repris par le Wall Street Journal sur une manchette de cinq colonnes, il décrit l'ambiance, les calicots " de la largeur d'une autoroute ". Parmi ceux-ci, des drapeaux américains. " C'est bon de savoir qu'on est apprécié et qu'on apprécie le...

Le Standard fait parler de lui de l'autre côté de l'Atlantique. StevenGoff, un journaliste du Washington Post, s'est récemment rendu à Sclessin, où il a humé le parfum d'un match contre Genk. Dans son article, repris par le Wall Street Journal sur une manchette de cinq colonnes, il décrit l'ambiance, les calicots " de la largeur d'une autoroute ". Parmi ceux-ci, des drapeaux américains. " C'est bon de savoir qu'on est apprécié et qu'on apprécie le pays d'où on vient ", dit Oguchi Onyewu. Vient ensuite un paragraphe sur ses origines : des parents nigérians, une enfance dans le Maryland, un peu de basket, la participation à un programme d'entraînement en Floride, deux ans à l'Université de Clemson, des participations aux championnats du monde des -17 et -20 ans avant de mettre le cap sur l'Europe : " J'aurais pu partir après le collège mais je ne me sentais pas encore prêt ". Il signa pour Metz mais le club fut relégué en D2 et il ne pouvait pas jouer. Lorsqu'il put enfin effectuer ses débuts, il fut dépassé par des joueurs plus expérimentés et prêté à La Louvière, où le Standard est allé le chercher. On évoque ensuite de son avenir, avec un transfert en Angleterre à la clef d'une bonne Coupe du Monde. " J'ai bien peur que nous le perdions ", dit PierreFrançois, le directeur du Standard. " Car de grands clubs européens le suivent ". MichelPreud'homme pense également qu'il sera difficile de conserver l'Américain : " Mais si nous disputons la Ligue des Champions, il vaudrait peut-être mieux pour lui qu'il reste un an de plus ". Ce que tout le monde apprécie, c'est le physique impressionnant d'Onyewu. BruceArena, le sélectionneur américain, ne s'y est pas trompé non plus : " Dieu l'a bien aidé sur ce plan. Au début, Onyewu manquait d'expérience mais il a progressé à chacune de ses sorties ". L'auteur de l'article semble s'étonner du fait que, dans un pays à majorité blanche comme la Belgique, les fans apprécient Onyewu : " Alors que sa voiture était mal garée, boulevard de la Sauvenière, des passants l'ont interpellé par son prénom et l'ont averti que la police dépannait souvent par là. Il a remercié et changé de place ". De racisme, il n'en est donc pas question à Liège, où le club compte des joueurs de dix nationalités différentes et neuf noirs. " La plupart des gens crient des choses stupides par ignorance ", dit Onyewu. " Dans ces moments-là, on a envie de leur arracher la tête mais il faut contrôler ses émotions ". Il avoue avoir parfois répliqué. " Mais discrètement ". P. SINTZEN