"J'ai goûté l'herbe, elle est magnifique, elle goûte le persil." Au moment de fouler la pelouse de la Diaz Arena du KV Ostende pour la première fois, à deux heures du coup d'envoi, Léopold Granville, défenseur central du CS Onhaye, a ces mots. Pas seulement une vanne lâchée à l'emporte-pièce pour faire marrer ses coéquipiers, mais l'analyse ciblée d'un gars plus habitué à travailler dans les parcs et jardins avec son paternel qu'à jouer les apprenties starlettes le mardi soir. De toute façon, Léopold Granville a 25 ans, a débuté le football trop tard que pour en vivre un jour et une formation ...

"J'ai goûté l'herbe, elle est magnifique, elle goûte le persil." Au moment de fouler la pelouse de la Diaz Arena du KV Ostende pour la première fois, à deux heures du coup d'envoi, Léopold Granville, défenseur central du CS Onhaye, a ces mots. Pas seulement une vanne lâchée à l'emporte-pièce pour faire marrer ses coéquipiers, mais l'analyse ciblée d'un gars plus habitué à travailler dans les parcs et jardins avec son paternel qu'à jouer les apprenties starlettes le mardi soir. De toute façon, Léopold Granville a 25 ans, a débuté le football trop tard que pour en vivre un jour et une formation prévue pour poser des liners en piscine le lendemain matin à huit heures. Et ce "quel que soit le résultat". Soit clairement plus un profil à manger des chips devant Koh Lanta le mardi soir qu'à fouler les prés de la Croky Cup en prime time sur Club RTl. Il n'y a d'ailleurs pas grand-monde pour se prendre la tête au CS Onhaye. Un club beaucoup plus candidat à la montée en D2 Amateurs cette saison que fier d'être la première équipe de "cinquième division" depuis 37 ans à avoir accédé à un seizième de finale de Coupe de Belgique. Un chiffre qui situe autant l'exploit sportif d'être arrivé jusque-là qu'il ne justifie la casquette ramassée contre l'équipe B d' AlexanderBlessin (8-1). Pourtant, plus que la déception et les quelques larmes éparses abandonnées sur le banc visiteur, les joueurs du CS Onhaye retiendront probablement surtout de ce team-building à la Côte l'expérience humaine vécue. Pas seulement pour le all-in offert par le club dinantais à ses joueurs, mais pour ces quelque 300 supporters passés outre les cinq heures de route aller-retour pour venir se casser la voix à Ostende. Eux n'ont pas compté les buts, juste empilé les souvenirs. Ceux que LionelBrouwaeys jurait "indélébiles" à ses joueurs au moment de sortir un rare instant de sa réserve. Si le coach d'Onhaye a le débit rapide des hommes qui n'attendent pas qu'on leur pose des questions pour y répondre, c'est plus souvent pour y détailler le fond de sa pensée sur l'adversaire du soir que pour forcer un pathos inutile. Probablement parce qu'un entraîneur qui bûche pendant plus de vingt heures sur la tactique d'un match a d'autres choses à faire que de jouer les orateurs du dimanche. La preuve qu'on peut vivre un moment unique et ne pas toujours se prendre pour quelqu'un d'autre. C'est ce que le sport amateur nous apprend parfois et ce qu'Onhaye s'est évertué à faire il y a huit jours. Mardi dernier, Lionel Brouwaeys a pris huit buts dans la cafetière, mais enfilé son short comme tous les beaux jours d'automne que Dieu fait. Surtout, Lionel Brouwaeys a gardé le sourire de bout en bout et offert à son groupe l'album photos de leurs dernières vacances à la plage. D'un restaurant italien de Middelkerke à la cuisine trop salée au gigantisme d'un vestiaire ostendais, plus proche des standards de la Ligue des Champions que de ceux de la Rue du Forbot, retour par l'image sur un city-trip pas comme les autres.