1. Jefke Delen Défenseur, 32 ans, Westerlo, 265 matches

Il compte près de 300 matches en D1 et élève des animaux pour le plaisir... Le diminutif sonne bien : Jefke. Delen est le prototype même du footballeur dont on ne parle jamais de l'autre côté de la frontière linguistique. Il joue depuis neuf ans à Westerlo, dont il est le capitaine depuis trois saisons. A 15 ans, tout jeune homme, il disputa une demi-finale de Coupe contre Anderlecht. C'était avec Tielen, un petit club alors en D2, sponsorisé par les glaces IJsboerke, qui portait les mêmes couleurs jaunes et bleues que Westerlo et qui, avant de disparaître, avait connu la même ascension fulgurante depuis la Provinciale.
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Il compte près de 300 matches en D1 et élève des animaux pour le plaisir... Le diminutif sonne bien : Jefke. Delen est le prototype même du footballeur dont on ne parle jamais de l'autre côté de la frontière linguistique. Il joue depuis neuf ans à Westerlo, dont il est le capitaine depuis trois saisons. A 15 ans, tout jeune homme, il disputa une demi-finale de Coupe contre Anderlecht. C'était avec Tielen, un petit club alors en D2, sponsorisé par les glaces IJsboerke, qui portait les mêmes couleurs jaunes et bleues que Westerlo et qui, avant de disparaître, avait connu la même ascension fulgurante depuis la Provinciale. Jef rigole : " L'un des premiers grands moments de ma carrière. Anderlecht alignait PärZetterberg et CelestineBabayaro, entre autres grands noms. Comme un signe du destin, on avait d'ailleurs joué la première manche de la demi-finale au Kuipje de Westerlo afin de pouvoir accueillir plus de monde. On s'était incliné 0-1 en toute fin de match, et au retour au Parc Astrid, on avait perdu 2-0 et quitté la Coupe avec tous les honneurs. " Delen s'est rattrapé un peu plus tard, gagnant l'édition 2001 contre Lommel. Par contre, il n'a pas eu l'occasion de se venger d'Anderlecht : il n'avait pas encore rejoint Westerlo lorsque cette équipe humilia à deux reprises le Sporting sur des scores que personne n'a oubliés, 5-0 et 6-1. " Entre-temps, j'ai déjà battu les Bruxellois également, mais pas sur des scores pareils. "Originaire de la région malinoise, sa carrière aurait pu être très différente puisque, à la Noël 1996, il avait signé un contrat de cinq ans avec le KV : " JosHeyligen en était alors l'entraîneur. Mais après la trêve hivernale, Malines n'a plus gagné un match et est descendu en D2. Heyligen est parti, FrankieVercauteren est arrivé. Il ne m'appréciait pas et j'ai quitté le club après un an. PaulPut m'a attiré à Geel. " De Geel à Westerlo, il n'y a que 12 kilomètres. Il suffit de prendre la sortie d'autoroute vers la droite plutôt que vers la gauche. Ce que Delen a fait après deux ans à Geel. Depuis lors, son itinéraire n'a plus changé. " Et il me reste deux années de contrat ; je terminerai ma carrière à Westerlo. "Comment devient-on ainsi un clubman ? " J'ai eu, à un moment donné, des contacts avec La Gantoise et des clubs néerlandais, mais je me suis toujours senti chez moi à Westerlo. " Et puis, il y a ses animaux qui requièrent toute son attention et qu'il se voit mal abandonner : " J'ai un cochon noir, des poulets, des pigeons, trois chats, un grand étang rempli de poissons... Si ma propriété était plus étendue, je pourrais encore en héberger davantage. Cette passion m'a été transmise par mes parents. J'ai grandi au milieu des chevaux, des oies et d'autres volailles qu'élevait mon père. Certes, il fallait que ma copine soit d'accord, mais heureusement c'est le cas. Les enfants ? Cela viendra aussi, mais d'abord, je dois veiller au bien-être de mes animaux. "En neuf années à Westerlo, Jef en connaît évidemment tous les secrets : " Si le club se porte aussi bien malgré un budget limité, c'est d'abord grâce à sa gestion. On a l'art d'acheter des joueurs inconnus qui rapportent gros. Le climat doit être particulier à Westerlo, ( il rit) car beaucoup de joueurs qui ont ensuite tenté leur chance à l'étranger y ont échoué. Certains sont même revenus. " Pour un étranger, Westerlo doit pourtant s'assimiler à un trou perdu. " Et c'en est un ", confirme Jef. " Mais Hasselt, Anvers et même Bruxelles ne sont pas très loin. Le calme qui règne à Westerlo contribue peut-être aussi à l'intégration des étrangers. Après les entraînements, ils veulent se reposer. Certes, il y a une discothèque à quelques kilomètres. Peut-être certains joueurs la fréquentent-ils, et c'est leur droit : l'autodiscipline est de mise. Il faut, bien sûr, rester entre les lignes, mais les lignes sont larges. "En neuf ans, Delen n'a connu que deux entraîneurs à Westerlo : JanCeulemans, en deux épisodes, et HermanHelleputte de 2005 à 2007. " Ils ont des points communs. Helleputte serrait pourtant davantage la vis. Ceulemans dégage une impression de sérénité dont il ne se départit jamais. A l'entraînement, il n'intervient que lorsque c'est indispensable. Il fait confiance à ses adjoints FrankDauwen, DannyVlayen et CarlEngelen, l'entraîneur des gardiens. Mais il connaît le foot. Il a arrêté de jouer depuis de longues années, mais tout le monde le regarde encore avec des yeux admiratifs et on boit ses paroles comme du petit lait. " L'autre figure-clef de Westerlo est HermanWijnants : un président qui n'en a pas le titre officiel. " Il passe régulièrement au club, mais les contacts se limitent souvent à un bonjour-bonsoir. Il a beaucoup de travail, est souvent sur les routes ( NDLR : il vend des fromages) et est très occupé par les dossiers de la fédération. Sans lui, Westerlo ne serait pas ce qu'il est. Mais ce n'est pas un facile. Il est ardu dans les négociations. Aujourd'hui, il peut rire aux éclats, et demain, faire trembler les murs en piquant une sainte colère. Dans sa gestion, il est très méticuleux. Il ne misera jamais deux euros sur un joueur s'il n'en a qu'un en caisse.... " Si Westerlo a quasiment toujours terminé dans le ventre mou du classement (avec généralement un très bon premier tour et un second presque en roue libre), Delen se souvient d'une saison 2000-2001 que les Campinois avaient bouclée en 14e position avec quelques frayeurs : " A mi-parcours, on se trouvait dans la zone des reléguables. Durant le mercato hivernal, le club a transféré TosinDosunmu, DavidPaas et le défenseur norvégien KnudHaraldsen. Cette année-là, exceptionnellement, c'est grâce à un bon deuxième tour qu'on s'est sauvé. " La réforme de la compétition approche. Avec quel sentiment pour un club du subtop ? " Logiquement, durant la première phase, on visera le Top 6... comme tout le monde. Je n'ai pas vraiment d'avis sur cette réforme. Personnellement, jouer durant les fêtes ne me dérange pas trop : en 20 minutes, je suis chez moi. Mais je sens, chaque année, que les étrangers aspirent à rentrer chez eux lorsqu'arrive la Noël. Les deux ou trois derniers matches avant la trêve, ils ont déjà un peu la tête ailleurs. Comment réagiront-ils s'ils doivent rester à Westerlo pendant les fêtes ?"Très discret jusqu'à la sortie d' Habib Habibou, l'accusant de propos racistes, il vient de la région de Roulers, là où on a tendance à dire que l'on passe son temps à travailler, pas à parler. Ses interviews sont un casse-tête pour les journalistes locaux car les réponses sont souvent plus courtes que les questions. Contrairement à son frère Martijn qui a débuté en D1 avec Roulers, Pieterjan Monteyne a passé toute sa carrière au Germinal Beerschot. Cela en fait un cadre (il est sûr de sa place au back gauche) mais pas un leader (timidité oblige). Après un début de carrière tonitruant faisant de lui une cible privilégiée du Club Bruges, toujours à l'affût de Flandriens occidentaux, il plafonne quelque peu. Ses percées offensives se font plus rares mais ses qualités défensives ne se démentent pas. Il pense avant tout à ne pas commettre d'erreurs ni à perdre le ballon. " Même si trop réfléchir peut te faire douter ", affirma-t-il un jour. Pour un joueur que l'on dit souvent trop juste pour la D1, disputer plus de 200 matches en D1 relève de l'exploit. Pas très rapide, pas très agile (il ne se retourne pas vite), il a vécu sa carrière en vrai pro et a compensé par de l'intelligence. Il connaît ses limites, sait ce qu'il peut faire et ne pas faire. Né d'un père manager dans le domaine de la pétrochimie, il a grandi aux Etats-Unis, où il a acquis cette culture de la compétition, et en Angleterre. En Belgique, il a débuté à l'Antwerp, avant de passer par le Lierse (... un des seuls à ne pas être au courant des matches truqués car Paul Put le jugeait trop intelligent), le Germinal Beerschot (où comme ancien du Great Old, il fut mal accueilli) et Gand. Il a la particularité d'avoir toujours commencé ses séjours dans son nouveau club sur le banc tant les entraîneurs doutaient de ses qualités, mais il finissait toujours par percer dans le onze de base. Pour se relaxer, il passe de longues heures sur les parcours de golf avec ses potes Bernd Thijs et Dominic Foley. Tout le prédisposait à un rôle dans l'ombre mais c'était sans compter sur la très bonne saison de Genk, il y a deux ans lorsque Hugo Broos avait conduit ses troupes aux portes du titre. A ce moment-là, la phalange limbourgeoise était si forte que même son médian défensif eut l'honneur d'une sélection en équipe nationale. La suite fut moins rose. Titulaire mais moins actif dans le jeu de Genk, De Decker est revenu, cet hiver, aux sources, au Germinal Beerschot, là où il évolua de 2003 à 2006 après avoir fait ses débuts à Beveren et montré de belles choses à Gand. Désormais, il participe activement à la renaissance des Anversois, aspirant toutes les balles de l'entrejeu. Bref, le porteur d'eau parfait. Il aurait pu connaître l'autre revers. Celui de la célébrité : il est passé bien près d'un transfert au Standard en juillet 2007. Modeste milieu qui éclata à l'Antwerp avant de descendre en D2 et de participer à la montée de Zulte Waregem, Sergeant a pleinement bénéficié de la formidable saison des hommes de Francky Dury en 2005-2006. Formant un triangle dans l'entrejeu avec Mathieu Verschuere et Ludwin Van Nieuwenhuyze, il fit parler ses qualités d'infiltreur et inscrivit 17 buts en deux saisons en Flandre- Occidentale. Très calme et très modeste, il a conservé les pieds sur terre, malgré un exil de quelques mois, à Bari. Ne réussissant pas à s'imposer en Italie, il revint au Cercle où il dut d'abord se contenter du banc tant le trio Besnik Hasi-Serguei Serebrennikov-Stijn De Smet fonctionnait bien. Mais la blessure de Tom De Sutter allait complètement le relancer au point d'être redevenu l'infiltreur qu'on avait connu à Zulte, même s'il évolue un cran plus bas. Il a obtenu son graal -un transfert à Gand- après avoir changé de manager sur les conseils de son ami et ancien coéquipier Bernt Evens. Surnommé The butcher (le boucher) par ses coéquipiers de Westerlo pour sa propension à aller aux duels à l'entraînement, Wils a quitté Westerlo pour Gand après deux ans de bons et loyaux services. Depuis le début de sa carrière, cet ancien médian défensif, ne cesse de progresser. Formé au Lierse où il évolua en équipe première cinq ans, il fit un bond de quelques kilomètres lorsque le club périclita et aboutit à Westerlo (son petit frère évolue d'ailleurs toujours au Lierse). Son passé dans l'entrejeu lui a fourni une bonne relance. Vous ajoutez un placement souvent juste, une taille appréciable (1,86m) lui permettant d'être présent au duel et vous obtenez un titulaire indiscutable en D1 depuis sept ans. Capitaine du Germinal Beerschot, il est inconnu du grand public. Comme Monteyne, il est d'un naturel calme et silencieux mais contrairement à son coéquipier, il n'est pas un suiveur mais un leader. Son influence sur le groupe est énorme et c'est pour cette raison qu'il a hérité du brassard et du surnom de Keizer van het Kiel. " Les étrangers se tournent plus facilement vers Daniel Cruz, les autres vers moi. Quant à Didier Dheedene, c'est la référence générale ", expliqua-t-il un jour. Cependant, ses entraîneurs ont toujours eu du mal à le cerner. Son travail consiste souvent à ne pas lâcher l'attaquant adverse. Il ne lui laisse pas un mètre et aime anticiper les passes et couper les trajectoires. C'est d'ailleurs un des joueurs qui touche le plus de ballons au Germinal Beerschot. Présent chez les Rats depuis 2003, c'est un vrai Anversois : il transita par Berchem Sport et Hoogstraten. Voilà un vrai Cercle Boy. A débuté comme médian défensif, lui qui avait comme idole le voisin du Club, Franky Van Der Elst. Lancé par Jerko Tipuric, il faisait parler ses qualités d'infiltration jusqu'au jour où on le plaça sur la droite de l'entrejeu et c'est naturellement qu'il recula en défense. Pourtant, certains sceptiques disaient que ce fan de golf et de bridge était trop frêle, trop léger pour le combat défensif. Mais son endurance et son intelligence de jeu lui permettent d'aligner les longues chevauchées. Et depuis qu'il a reculé au poste de back, il s'inflige de longues séances de musculation avec Serebrennikov. Sa qualité de passe et son apport offensif ne sont pas passés inaperçus. Le Club Bruges le pista mais abandonna l'idée, privilégiant la piste d'un arrière très fort dans les duels. Il a alors resigné un vrai contrat au Cercle, lui qui disposait d'un des salaires les plus faibles du noyau. Il avait d'ailleurs avoué qu'il gagnait mieux sa vie en D2, lorsqu'il cumulait avec un travail d'informaticien, que l'année passée. Il faut dire que comme prime de montée en D1, il avait reçu un... vélo. Capitaine exemplaire, Viane n'est peut-être pas le plus habile défenseur du pays mais il représente à lui seul le Cercle Bruges : pas de show, pas grande gueule mais un leader qui montre l'exemple. Lorsqu'il fut ébranlé par le décès de sa compagne emportée par la leucémie, tout le club chancela, perdant rencontre sur rencontre. Cet épisode aurait pu mettre sa carrière en péril mais il a rebondi. Longtemps, la photo de son amie l'accompagna dans son casier. Aujourd'hui, il s'est marié et a un enfant. Sur le terrain, celui qui a mené des études de kiné n'a par contre pas changé. En équipe de jeunes, il ne survolait pas les matches, se contentant du banc et fait paradoxal, a commencé à devenir un titulaire incontournable, une fois l'équipe première atteinte. Ce qui le rend indispensable ? Son intelligence. Il voit les brèches et les comble. Il guide les jeunes et pense toujours à l'esprit collectif. Et dans les duels, il peut prendre le dessus malgré une taille modeste. On a beaucoup ri de l'histoire de ce maçon qui portait encore les traces de ciment sur ses doigts lorsqu'il arrivait à l'entraînement. Pourtant, pendant un an et demi, Van Nieuwenhuyze, capitaine courageux de cette formation de Zulte Waregem, qui enchaînait les matches références, n'a pas arrêté entre son boulot, la D1 belge et les matches de coupe d'Europe. Aujourd'hui, quand ses coéquipiers ou son entraîneur parlent de lui, ils évoquent la colonne vertébrale de l'équipe. Infatigable travailleur, ce médian défensif court et arrache des ballons. Et il sait surgir de la deuxième ligne comme en témoignent ses 7 buts en D1. Jugé trop court pour la D1 à Harelbeke en 1998 (il avait disputé 10 matches en deux ans), il a pris sa revanche, ne redécouvrant le haut niveau qu'à 27 ans. par daniel devos et stéphane vande velde photos: reporters/ vander eecken