Le Sporting de Charleroi ne s'est pas fait aussi peur que la saison dernière. Cette fois, il était assuré de rester en D1 dès la trêve. Mais que ce fut pénible ensuite...
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Le Sporting de Charleroi ne s'est pas fait aussi peur que la saison dernière. Cette fois, il était assuré de rester en D1 dès la trêve. Mais que ce fut pénible ensuite...Les discours entendus il y a un an étaient prometteurs parce qu'ils mettaient l'accent sur ce qui avait cruellement manqué dans ce club depuis plusieurs années: de la stabilité. Charleroi voulait construire une équipe pour quelques saisons en ne faisant plus massivement appel à des mercenaires. Et le nouvel entraîneur, Manu Ferrera, semblait avoir le bon profil car il avait su se fondre directement dans la mentalité de la région. Que reste-t-il de tous ces beaux projets, aujourd'hui? Le président Abbas Bayat ne paraît pas découragé par cette première saison difficile et continuera à investir: c'est une excellente nouvelle. Mais au niveau de l'effectif, il n'est plus guère question de stabilité. Suite aux prestations catastrophiques des dernières semaines, la direction a annoncé un grand nettoyage. Le renforcement de l'ancrage carolo a échoué et des joueurs arrivent de nouveau des quatre vents. Quant à Manu Ferrera, il a entre-temps appris qu'on ne jugeait pas nécessairement un entraîneur sur ses seuls résultats. Charleroi occupait une cinquième place inespérée à la fin novembre. Cette équipe avait pris une bonne habitude: elle perdait ses matches sur des scores sévères face aux gros cubes de notre championnat, mais elle raflait un grand nombre de points contre les clubs à sa portée. D'où ce classement intéressant. Quand tel ou tel joueur n'était pas bon, Ferrera le disait publiquement. Il ne cachait pas non plus son énervement face à certaines situations qui touchaient le club. Cela lui a valu son C4. Il est toutefois parti la tête haute et reste encore aujourd'hui très apprécié des supporters.Enzo Scifo a finalement hérité d'un cadeau empoisonné. On savait dès le départ qu'il ne pourrait pas améliorer le bilan de son prédécesseur. Il faut aussi reconnaître que la balle avait plus d'une fois roulé pour les Zèbres en début de championnat. Les débuts de Scifo furent prometteurs: on retrouvait, dans le jeu du Sporting, les priorités artistiques et offensives de son nouvel entraîneur. Mais la belle machine s'est complètement grippée après la trêve. Tout en continuant à perdre sur des scores sévères contre les meilleures équipes du pays, le Sporting a aussi abandonné un paquet de points face à des clubs à sa portée. L'ambiance n'était plus vraiment au travail en fin de championnat, et les petits conflits entre Scifo et plusieurs de ses joueurs ( Tokéné, Bisconti, Renard, Lecomte) n'ont pas contribué à assainir l'atmosphère. Vu le nombre de grands coaches qu'il a connus dans sa carrière, il est impensable que Scifo n'ait pas le bagage nécessaire pour diriger une équipe en Belgique. Il devra tirer des leçons de ce qui s'est passé cette saison au niveau de la gestion humaine de son effectif, et attirer des joueurs qui ont vraiment envie de transpirer pour le Sporting. Car dans la dernière ligne droite de ce championnat, les Zèbres motivés se comptaient sur le doigt d'une seule main. Et on a vu s'abîmer complètement l'image de celui qui était considéré comme le sauveur il y a douze mois.Pierre Danvoye