Nombreux sont les sélectionneurs à envier l'effectif de Marc Wilmots. Et la relève ne semble pas mal non plus : Dennis Praet, Massimo Bruno, Michy Batshuayi, Paul-José Mpoku, Maxime Lestienne, Thorgan Hazard, etc autant de jeunes joueurs qui, cette saison, ont éclaboussé la D1 de leur talent. Entraîneur des Espoirs depuis juin 2012, Johan Walem - qui deviendra superviseur de toutes les équipes de jeunes dès la saison prochaine - chapeaute ces pépites engagées pour l'Euro 2015 des -21. Notre ex-international, dont le pied gauche a fait le bonheur de nombreux clubs (Anderlecht, Udinese, Parme, Standard) du mitan des années 90 au milieu des années 2000, définit les contours de sa mission avec franchise et optimisme.
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Nombreux sont les sélectionneurs à envier l'effectif de Marc Wilmots. Et la relève ne semble pas mal non plus : Dennis Praet, Massimo Bruno, Michy Batshuayi, Paul-José Mpoku, Maxime Lestienne, Thorgan Hazard, etc autant de jeunes joueurs qui, cette saison, ont éclaboussé la D1 de leur talent. Entraîneur des Espoirs depuis juin 2012, Johan Walem - qui deviendra superviseur de toutes les équipes de jeunes dès la saison prochaine - chapeaute ces pépites engagées pour l'Euro 2015 des -21. Notre ex-international, dont le pied gauche a fait le bonheur de nombreux clubs (Anderlecht, Udinese, Parme, Standard) du mitan des années 90 au milieu des années 2000, définit les contours de sa mission avec franchise et optimisme. Le style de jeu est défini depuis un petit temps. Un 4-3-3 avec certaines options, comme par exemple jouer la zone, et avec des profils bien précis à différentes positions. Il faut conserver cette base et la faire évoluer. Être peut-être moins théorique et un peu plus pratique. C'est bien d'avoir un système de jeu de référence mais il faut aussi savoir s'adapter aux situations et inculquer ça a tes joueurs. Le but, c'est de l'améliorer. Mais le grand changement réside dans une collaboration accrue avec les clubs. Oui, les techniciens étaient moins représentés auparavant. Mais on avait d'autres qualités. C'est vrai que maintenant le joueur belge au niveau européen se fait remarquer par un beau jeu, au sol, avec des qualités techniques. Si on regarde les générations précédentes, peut-être que les capacités physiques étaient plus importantes. L'idéal est de trouver le bon mix. Et de créer un footballeur belge unique, car on a beaucoup de capacités qu'elles soient intellectuelles ou au niveau de l'éducation. Par rapport à mon vécu, je sais que le Belge est très apprécié à l'étranger. C'est un produit qui s'exporte très bien. On le voit au travers de notre équipe nationale. Après, il nous reste à bosser d'autres aspects comme la mentalité et cette envie de vouloir gagner. Car bien jouer, c'est bien mais il faut le résultat au bout. Je pense qu'on doit apprendre à être plus concret. Et puis la culture du travail est un élément fondamental. Ça fait cinq ans que je m'occupe des jeunes, et à chacun je leur dis que s'ils ont envie de travailler avec moi, il va falloir trimer. Je suis très exigeant avec moi-même et je veux que ceux qui bossent avec moi aient envie de se dépasser et évoluer dans un état d'esprit positif. On picore un peu chez tout le monde. Le modèle espagnol est différent de l'allemand qui est différent de l'italien. Mais il y a du bon un peu partout. Et puis on participe à des study groups entre nations ce qui nous permet d'échanger des idées. Dernièrement, on était en Croatie. Il faut être très ouvert sur ce qui se passe mais surtout, il faut arriver à appliquer certains principes en fonction des caractéristiques de tes joueurs. Je ne veux pas parler pour les autres mais il y a des changements qui ont été réalisés à la Fédé, la politique est nouvelle par rapport à ce que j'ai connu dans le passé. Je n'aurais jamais quitté l'Italie si je n'avais pas senti que la Fédé évoluait. Bien sûr. Ça fait onze mois que je suis ici et je peux vous dire que ça bouge énormément. Rien que l'engouement autour du match des Espoirs à Louvain contre Chypre était exceptionnel. Que ce soit au niveau com' et marketing, le boulot est considérable. Et les infrastructures se modernisent également : le Centre de Tubize se développe jour après jour. Quand on voit ce qu'on réalise chez A et la qualité des générations futures, on doit prendre conscience de notre qualité et avoir envie de rivaliser avec les meilleurs. Vu la petitesse de notre pays par rapport aux grandes nations du foot, on peut estimer que l'on travaille bien. Et pour encore avancer, il faut anticiper et évoluer plus vite que les autres. C'est l'objectif. Oui. Pourquoi vouloir rabâcher le contraire ? Quand on voit le nombre de talents dans les clubs, comment peut-on dire que les clubs travaillent mal ? Mais chaque club a sa propre philosophie : Bruges n'est pas Anderlecht qui n'est pas le Standard. Toutes les équipes ont peut-être une identité différente, ce qui complique la tâche d'un sélectionneur. Et comment ! Il faut voir comment on travaille en Italie avec les jeunes... A l'Udinese, le club a construit un centre de formation durant mon passage mais à mon arrivée, les jeunes s'entraînaient dans les petits villages à côté... Et puis, il faut avoir des clubs qui n'hésitent pas à lancer des jeunes. Quand De Bock est parti à Bruges, Lokeren a donné sa chance à un jeune gars, Alexander Corryn. Oui il a commis des erreurs, ce qui est normal à son âge, mais il leur rapportera peut-être beaucoup dans quelques années. Quand j'étais coach des espoirs anderlechtois, je n'ai pas eu peur de lancer des joueurs dont je savais qu'ils allaient aller à la faute et me coûter des points... Mais trois-quatre mois après, ils avaient appris et étaient devenus de tout autres joueurs. Je prends ça comme un challenge personnel, j'estime que le coaching passe aussi par une formation avant de revendiquer peut-être autre chose plus tard. J'ai commencé chez les U21 à Anderlecht, j'ai passé ma licence pro, j'ai connu une expérience de deux ans en Italie, je travaille aujourd'hui à la Fédé. C'est un super processus pour moi et je prends mon pied. Et alors ? C'est un investissement personnel auquel je crois. Oui mais je ne raisonne pas comme ça. Je n'ai pas eu envie de diriger une équipe première directement et gagner beaucoup d'argent comme certains. D'ailleurs, je ne vois pas pourquoi j'aurais le même niveau de vie que quand j'étais joueur. Il faut être capable de s'adapter aux circonstances de la vie. C'est aussi un de mes principes. Je ne veux pas vivre au-dessus de mes moyens. Et si tu es passionné par ce que tu fais, tu fais des efforts... Le choix de beaucoup de personnes. Geert a rapidement fait l'unanimité autour de son nom. On sent qu'il a envie de travailler avec nous comme j'ai envie de travailler avec Marc. On n'a pas de tabous entre nous, on ne se pose pas dix mille questions. On collabore, c'est tout. Oui, on discute du jeu, de notre vision. Ce qui est bien avec Marc, c'est que c'est toujours très court, très bref et on est quasiment d'accord sur tout. Donc ça va très vite. Quand on était équipiers en équipe nationale, c'était déjà le cas, et aujourd'hui ça continue. Il a ce même style : direct, franc. Et il est très sûr de lui ce qui est je pense très important par rapport à ton groupe de joueurs. Ça permet de dégager une certaine autorité, une prestance, de la détermination. Et quand on voit ce qu'il fait à l'heure actuelle, c'est bien, non ? Pas toujours. Certains reviennent d'ailleurs au pays pour obtenir du temps de jeu. C'est le cas notamment de Paul-José Mpoku, Thorgan Hazard et bien d'autres. Partir et ne pas jouer, ça n'a pas de sens. J'aimerais que l'on fonctionne davantage par étapes, que l'on construise sa carrière. C'est dommage que des jeunes de 15-16 ans n'arrivent pas à résister aux offres de l'étranger. A mon époque, ça n'existait pas. Non. Ça ne me dérange pas qu'ils aient " tout " si leur comportement et ce qu'ils montrent sur le terrain est exemplaire. Mais il ne faut pas avoir peur d'aller parfois au conflit, leur dire ce que tu penses, et gagner leur respect. On a un code de conduite chez les A, en -21. Celui-ci sera également appliqué dès l'année prochaine aux autres catégories. A chacun de le respecter. Tout a changé. Il y avait plus de respect avant. Et c'est pourquoi, on va réintroduire le mot " respect " dans les catégories de jeunes. Oui. Je le suis avec moi-même et je pense que c'est comme ça que tu progresses dans la vie, surtout à un âge avancé. Je dis toujours aux joueurs : Qu'est-ce que c'est de passer trois jours à l'hôtel à préparer un match, d'autant que tu as toutes les facilités mises à ta disposition ? Et il est pour moi inconcevable de ne pas faire les efforts nécessaires à l'entraînement. Bien sûr. Tu essaies de les raisonner mais à un moment il est trop tard. A Anderlecht, on a tout fait avec certains joueurs pour les remettre sur le droit chemin. Malheureusement on en a perdu un ou deux. Le jeune doit être accompagné, surtout à l'adolescence, quand arrivent les moments délicats. Peu de gens se rendent compte des problèmes extra-sportifs qu'un coach rencontre par rapport au nombres de joueurs qu'il doit former. C'est hallucinant. Oui et ça t'épuise... Après une semaine avec les Espoirs, tu es au top au niveau de l'adrénaline par rapport au jeu, au terrain, etc. Mais après, t'es cassé. Non je ne crois pas. La communication par rapport à ces deux joueurs a été claire : ils ont enfreint la ligne de conduite. Point. Tout ce qui a été dit ou écrit ne vient pas de nous. J'estime simplement qu'ils vont évoluer par rapport à cette sanction. Et il ne sert à rien de remuer le couteau dans la plaie. Ils étaient déçus, évidemment. Quand tu leur annonces la sanction, ça te fait mal, tu vois dans leurs yeux qu'il sont très touchés. Et puis tu te sépares de deux titulaires juste avant ton premier match des qualifs pour le championnat d'Europe que tu dois absolument gagner. D'un autre côté, deux autres joueurs ont reçu une chance et l'ont saisie. C'est un signal fort pour Michy et Ibrahima. Impressionnant. Par moments. Il faut l'amener à davantage de régularité car il peut être épuisant dans son comportement... Et dire qu'au Standard, ils l'ont tous les jours (il rit). Mais c'est un joueur exceptionnel. Oui. Je l'avais fait passer des -17 aux -21. Et petit à petit, on l'a introduit puis tout s'est accéléré. Le jour où Ariel Jacobs m'a téléphoné pour me demander s'il était prêt pour jouer le test-match retour au Standard, je lui ai répondu :-Evidemment. Et si vous le prenez aujourd'hui, vous le prenez pour toujours. Il est tellement fort qu'il ne reviendra plus. Loin de là. Mais la post-formation tu l'apprends plus vite en équipe A car tu t'entraînes avec de meilleurs joueurs, le staff est plus important, tu reçois tous les éléments pour réussir cette post-formation. On sent qu'ils ont envie de les rejoindre. Mais mon objectif, c'est de créer un groupe ultra-motivé chez les U21 sachant qu'il va être très compliqué de bouger ceux qui sont chez les A. Non je ne crois pas. Même si le potentiel est évident. Et puis en foot, tout peut changer en quelques mois. Une blessure, une évolution surprenante, etc. Il faudrait d'abord être sûr que c'est le cas. Les regards sur lui ont changé. On a tendance à être plus critique désormais. Il faut rester prudent dans son jugement. Ce qui est certain, c'est qu'il a des qualités exceptionnelles, techniquement c'est super. Maintenant, il doit évoluer dans divers domaines : puissance, démarrage. Mais il en est le premier conscient. Il n'est pas évident non plus à coacher mais il a un potentiel fou. Je lui avais fait passer un message à Beveren face à l'Islande en le retirant du jeu après une heure. C'était ma façon de mettre les choses au point. Et depuis lors, tout se passe bien. Contre Chypre, son match fut très bon pendant... 50 minutes. Il y a donc encore matière à faire. Mais c'est ce qui est stimulant... Oui bien sûr. Les caractères, les cultures sont différents, c'est pas évident. Mais les caractères très forts, j'aime ça ! Et je peux vous dire qu'il y a de la matière tant au niveau sportif que dans la gestion des individus. C'étaient d'autres règles de vie. Aujourd'hui, quand je les vois arriver avec 5-6 caisses de chaussures, je rigole. Je leur dis :-Ces paires, tu vas les mettre quand ? C'est inhérent à l'actuelle génération. Et c'est aussi à toi de t'adapter. PAR THOMAS BRICMONT - PHOTOS : IMAGEGLOBE/ KETELS" Je n'aurais pas quitté l'Italie si je n'avais pas senti que les choses bougeaient à la fédé. " " Wilmots est très sûr de lui. C'est important devant un groupe d'internationaux. " " Batshuayi est un joueur exceptionnel. Mais il peut être épuisant dans son comportement. "