La D2 a repris hier et l'antichambre de l'élite n'a jamais fait parler autant d'elle. D'abord par la saga opposant Namur et Geel pour une question de licence accordée au club campinois. Finalement, aucun des deux clubs n'évoluera en D2. Puis par l'autre saga entre l'Olympic et le Sporting pour l'occupation du stade du Pays de Charleroi par les Dogues en attendant la fin des travaux à la Neuville.
...

La D2 a repris hier et l'antichambre de l'élite n'a jamais fait parler autant d'elle. D'abord par la saga opposant Namur et Geel pour une question de licence accordée au club campinois. Finalement, aucun des deux clubs n'évoluera en D2. Puis par l'autre saga entre l'Olympic et le Sporting pour l'occupation du stade du Pays de Charleroi par les Dogues en attendant la fin des travaux à la Neuville. Pour frapper les trois coups du championnat, Sport/Foot Magazine s'est focalisé sur le sportif et a sélectionné les 15 noms qui marqueront les dix prochains mois. Dans la liste, des stars confirmées, d'autres, avides de revanche et enfin les prochaines révélations. Cela fait maintenant quatre ans que ce Guinéen est arrivé dans la Métropole anversoise et qu'il a acquis un certain statut. En défense centrale de l'Antwerp, il est devenu une certitude. " On l'a découvert lors d'un tournoi en France ", explique le secrétaire de l'Antwerp, Paul Bistiaux, " et il s'est parfaitement intégré à la vie anversoise puisqu'il a épousé une Flamande ". Cissé, c'est une musculature et un style puisque sa teinture blonde ne le fait pas passer inaperçu. " Sa vitesse est sa principale qualité. Quand l'attaquant adverse s'échappe, il n'y a que Cissé qui peut le rattraper. Il pourrait arpenter tout le flanc mais on préfère le placer dans l'axe car c'est quelqu'un de concentré qui commet peu d'erreurs. Il est athlétique et très fort dans les duels. Par contre, son jeu de tête n'est pas extraordinaire. Mais s'il n'avait que des points forts, il ne serait plus à l'Antwerp ! ". Bon en placement, il n'hésite pas à pointer le nez à la fenêtre. " Il a une frappe convenable et quand il tente sa chance, de loin, c'est souvent cadré, parfois but ! ". Beveren est descendu et c'est tout le noyau qui dut être revu. Pour remplacer le gardien Boubacar Copa, le nouvel entraîneur Alexandre Czerniatynski a convaincu BartDeelkens de redescendre d'un niveau. Après avoir éclaté à Westerlo et continué sur sa lancée à Saint-Trond, il a dû se soumettre à la dure loi de la concurrence, concrétisée par l'émergence de Frank Boeckx. " Il nous intéressait car il est très professionnel et qu'il est payable. Il me fallait aussi quelqu'un avec de l'expérience pour entourer les jeunes gardiens ", explique Czernia. " De plus, on sent que c'est un travailleur avide de revanche. Il veut prouver que son éviction à Saint-Trond était injuste. Je recherchais aussi quelqu'un qui parle beaucoup dans les buts et cela se confirme. Il n'hésite pas à encadrer les jeunes et à les conseiller. Ses points forts ? Il a facilement une moyenne de sept sur dix dans tous les domaines. Il doit peut-être améliorer son jeu au pied ". A l'heure où tous les Belges filent vers les Pays-Bas, un Néerlandais a débarqué à Courtrai. Istvan Backx formera avec le Français Cédric Betremieux (aperçu quelques mois à Renaix) et le Camerounais Ernest Nfor (arrivé de Deinze) un trio offensif explosif. " Nous l'avons trouvé chez les amateurs de Hoek (l'équivalent de la D3 belge). C'est Eddy Mestdagh qui l'a déniché. Une fois ses rapports rendus, j'ai tapé sur Internet attaquant gaucher Pays-Bas et plusieurs articles mentionnant son nom me sont apparus. Cela a confirmé les bons rapports ", explique l'entraîneur flandrien Hein Vanhaezebrouck. " Techniquement, Backx est très fort. Il sait jouer des deux pieds, dispose d'une bonne vista et est rapide. Par contre, en D2, son gabarit ne plaidera pas en sa faveur. Il n'est ni très grand, ni très costaud. Heureusement, j'ai déjà vu qu'il ne se laissait pas marcher sur les pieds ". Provenant d'une division inférieure, l'avant devra également digérer la différence de niveau. " Je ne crains pas cela. Aux Pays-Bas, il fut déjà habitué à notre vision offensive. Là-bas, tous les clubs optent pour une stratégie d'attaque ". Le leader, c'est lui. L'homme qui doit faire la différence, sur et en dehors du terrain. A 27 ans, Marc Keller, ancien attaquant replacé au poste de médian offensif, connaît la D2 comme sa poche. Il a acquis l'expérience de cette division si particulière. " C'est devenu une valeur sûre ", explique son entraîneur Marc Grosjean, " et un symbole. Par ses qualités, sa mentalité et son intégration, c'est lui qui représente au mieux le club d'Eupen comme Marc Chauveheid autrefois. Et puis, c'est un germanophone. C'est un élément important, ici ". Keller s'impose par son physique et sa capacité de marquer des buts depuis la deuxième ligne, en véritable infiltreur, attiré par le but, souvenir de son passé d'attaquant. " Il rentre très bien et très vite dans le rectangle, surtout quand il y a des débordements sur le flanc ". Son vécu pourrait s'exprimer plus haut, à condition que ce soit avec... Eupen. " Pour qu'il joue en D1, je ne vois qu'une seule manière : qu'il monte avec nous. Zulte Waregem s'est appuyé sur ce type de joueurs quand le club flandriens est monté, ce genre d'éléments dont on dit qu'ils n'ont pas le niveau de la D1 s'y adaptent en fait très bien ". On aurait pu retenir Maxime Baijot ou Ilenga Penga dont on attend l'éclosion pour cette saison mais on a préféré miser sur le plus talentueux de la bande. Dans son rôle offensif (comme attaquant ou médian), Christian Brülls sait tout faire mais il doit encore prendre de la bouteille. " Il est doté de deux pieds. Il dispose d'une aisance technique et fait preuve d'une créativité exceptionnelle ", dit Grosjean, " De plus, il est rapide et possède une grande audace, ce qui lui fait prendre de gros risques. Cependant, il doit évoluer et gagner en maturité. S'il y arrive, il est parti pour une belle carrière. Il est encore trop naïf, jouette et gamin dans son jeu. Il évolue encore comme lorsqu'il faisait partie des Juniors UEFA. C'est une question d'expérience parce que dans certains matches, il peut montrer des choses étonnantes ". Comme attaquant, il doit également développer sa puissance. " Il marquait plus facilement en équipes de jeunes. Il a une frappe surprenante mais pas lourde. Il s'agissait de sa première année dans le noyau. Il faut donc se montrer conciliant et admettre qu'il y a encore des lacunes dans son jeu même si j'attends de lui qu'il corrige ses erreurs ". Il suffisait d'aller voir un match à Namur pour en ressortir avec l'image de ce joueur filiforme, fils de Zoran Bojovic qui fit les beaux jours du Cercle Bruges. Médian défensif aux quatre poumons, on le voyait sans cesse harceler l'adversaire. Aujourd'hui, le voilà au Lierse. Si les finances ne perturbent pas la saison des Pallieters, Petar Bojovic pourra vivre une belle saison. " C'est un garçon qui a beaucoup progressé la saison passée ", se souvient Marc Wuyts, l'ancien T1 de Namur. " Il a une belle taille et une certaine technique mais il doit travailler ses premiers mètres. Il manque de vitesse de réaction ". Mais sa taille lui permet de remporter proprement ses duels et son envie de travail ne s'est jamais démentie. " Je ne pense pas que cela soit un leader mais c'est quelqu'un sur lequel un entraîneur peut compter. Après une mauvaise période, je l'avais placé dans le noyau B et il a fait preuve d'une étonnante force de caractère ". Il lui faudra simplement digérer le passage de D3 à D2 et son exil au Lierse, lui, le Namurois pur jus. Dans la défense de l'Olympic, deux joueurs dégagent une certaine assurance : Kevin Nieus et Gaetan Malacort mais c'est l'homme à tout faire qui a retenu notre attention : Nicolas Pedini. " Je peux l'utiliser à toutes les places. Comme arrière droit, comme médian défensif ou soutien d'attaque. Il a quand même terminé deuxième meilleur buteur de l'équipe la saison passée ", explique l'entraîneur Dany Ost. Bref, le fort en tout. La grosse tête aussi puisqu'en plus de ses prestations remarquées à la Neuville, il suit des études de médecine depuis cinq ans. " Il reste sur une saison exceptionnelle. D'autant plus qu'il devait mener de front des études très dures et le football ! ", dit Julie Taddeï, la directrice générale. " Il lui arrive de passer six heures en salle d'opération et de venir ensuite aux entraînements ", ajoute Dany Ost. Par sa bonne mentalité, Nicolas Pedini (22 ans) est un meneur. Sur le terrain, il joue également avec sa tête en ne tentant jamais le geste trop compliqué. Le diamant de l'Olympic, c'est Serginho Niangbo. Courtisé par plusieurs clubs depuis deux ans, l'avant préfère mûrir au Pays Noir, où il s'est parfaitement adapté puisqu'il a épousé une Belge. C'est aussi le chouchou du public. " C'est le type de joueurs pour lequel tout le monde se déplace au stade ", commente Ost. " Il possède de la vivacité, de la technique en mouvement et est imbattable dans les un contre un. Le ballon colle à ses pieds ". Pourtant, il doit encore grandir et Ost a décidé de le couver, de ne pas le lâcher d'une semelle. " Il faut qu'il trouve de la régularité dans son jeu mais je suis certain qu'il va faire une grande carrière ". A 21 ans, Niangbo doit aussi acquérir l'instinct du buteur. Il gâche encore trop d'occasions. " C'est un buteur. Il n'y a pas de doute. Qui ne rate pas d'occasions ? Il manque juste de sang froid ". Faut-il encore présenter celui qui fut meilleur buteur de D1 ? Quand il est descendu en D2 il y a un an, personne n'aurait misé un euro sur le frère cadet de Dante. Placé sur une voie de garage au Sporting de Charleroi, il aboutit à Oud-Heverlee. Dans une D2 réputée physique, Toni Brogno amène une touche technique, à l'instar de son coéquipier Samuel Remy. " Il lui a fallu un petit temps d'adaptation mais je me souviens de nos deux confrontations contre Oud-Heverlee et il nous a chaque fois posé des problèmes ", explique Jean-Pierre Vande Velde, l'entraîneur du FC Dender qui jouait encore en D2 la saison passée. Brogno, c'est de la roublardise, de l'opportunisme et aussi une façon bien à lui de percuter l'adversaire. C'est également l'expérience des moments clés. C'est enfin une faculté à trouver le chemin des filets. L'année passée, il a terminé meilleur buteur de son club, cinquième de la D2 avec 12 buts. " Toni a toujours cette envie de jouer, de s'entraîner et de donner son expérience aux jeunes ", ajoute son coach actuel, Rudi Cossey. Le mot est à la mode mais il n'y a pas qu'à Anderlecht qu'on trouve des médians box-to-box. Même Oud-Heverlee possède le sien. StijnFrancis a donc tout son avenir devant lui. " Il a souvent été freiné par les blessures mais je pense que cette saison peut être la sienne car pour la première fois depuis longtemps, sa préparation n'a été entachée d'aucuns pépins physiques ", commente Cossey. Francis est un travailleur, quelqu'un qui galope d'un rectangle à un autre, qui ratisse et apporte le danger. " Il bouge beaucoup en milieu de terrain. Il a une très bonne mentalité et cela ne le dérange pas de travailler pour les autres. De plus, il dispose d'une bonne frappe. Il a le sens du but. Avec Francis, je sais que je possède quelqu'un capable de marquer cinq à dix buts par saison ". Celui qui suit encore des études de droit est appelé à évoluer un jour en D1. " Mais il privilégie d'abord ses études. Dans deux ans, il sera mûr pour effectuer le grand saut. A moins que les blessures ne viennent stopper sa progression ". A 21 ans, Michaël Seoudi doit éclater. Jeune, technique, il est capable de gagner un match à lui tout seul. C'est à Maubeuge, comme Mohamed Dahmane, que l'entraîneur de Tournai, Jean-Marc Varnier est allé le chercher. " C'est quelqu'un que je suis depuis des années dans les équipes de jeunes. Même s'il est moins roublard que Dahmane, il rentre un peu dans le même moule. Il se fonde davantage dans le collectif que l'ancien Montois et est très respectueux des consignes, notamment à la récupération ". Joueur polyvalent, c'est en régisseur que Seoudi brille. " L'année passée, il a donné 12 passes décisives et inscrit une dizaine de buts. Il lit bien le jeu, met des ballons propres et doit servir de guide à cette équipe même si son jeune âge ne lui permet pas encore d'être un leader. Comme tout le groupe, il devra se mettre au rythme de la D2 mais il devrait y parvenir rapidement car il était souvent décisif dans les matches au sommet en D3 ". Un an après avoir fui Mons puis Brest (Ligue 2), six mois après avoir transité par Craiova (Roumanie), Jérémie Njock retrouve le championnat de D2 qu'il connaît bien puisqu'il avait terminé meilleur buteur, sous le maillot montois. Robuste, solide, grand, le Camerounais servait avant tout de pivot. Car, malgré ses 18 buts, il est parfois brouillon devant la cage. " Après une saison difficile, on va essayer de le remettre à niveau mais je ne m'en fais pas trop car il marque déjà facilement ", dit Philippe Saint-Jean, l'entraîneur de Tubize. " Sa stature lui procure un excellent jeu de tête. Mais, ce n'est pas un lent pour autant. Il faut aussi souligner ses qualités humaines. Il s'est intégré très facilement dans le groupe auquel il apporte son expérience. Comme ce fut notre recrue la plus tardive, il doit encore s'adapter sur le plan tactique ". Une fois la confiance retrouvée, nul doute que Njock deviendra l'arme secrète des Brabançons. Revenu d'exil après un séjour à Munich 1860, à Genclerbirligi et Willem II, ChristopheLepoint ne marquera plus les esprits comme attaquant. Ce temps-là est révolu. A 23 ans, il a été replacé comme médian défensif. " Après deux saisons délicates, il avait perdu la confiance ", explique Saint-Jean, " On l'a essayé comme attaquant mais il ne retrouvait pas cette efficacité. Par contre, quand il devait dépanner au poste de stopper, il le faisait parfaitement. Or, comme nous avons perdu en défense des pions importants, on lui a dit que s'il restait, c'était dans un rôle plus défensif ". Mais pourquoi avoir pensé à lui pour ces tâches ? " On veut que le danger vienne de partout. Dans cette optique, un ancien attaquant comme médian défensif apporte un surplus de danger. De plus, il a été formé comme arrière. Il a tout : le tir, un jeu de tête et l'envie de gagner les duels. Il doit juste structurer sa vie et c'est ce qu'on va essayer de lui apporter ". Quand le gardien symbole de l'Union, Thierry Coppens a décidé de partir à Oud-Heverlee, les dirigeants bruxellois ont décidé de faire confiance au jeune Mulopo Kudimbana. Il n'avait que 18 ans et certains se demandaient s'il n'était pas un peu tendre. Un an plus tard, les jugements sont unanimes. " Il nous a sauvé des points et c'est rare pour un jeune de son âge d'être aussi décisif ", analyse l'entraîneur Peter Mommaert. " Il est bourré de talent mais il devait encore apprendre à mieux commander sa défense ", ajoute Czerniatynski qui officiait à l'Union la saison passée. Aujourd'hui Kudimbana est devenu un pilier de sa formation. " Et il a encore une grande marge de progression ", assure Mommaert, " Il a un bon gabarit et de ce fait, est très présent sur les ballons aériens. Il a de bons réflexes et une vraie présence dans le goal. Il sait aussi jouer des deux pieds. Il doit maintenant accepter les remarques ". Aux côtés de l'attaquant français Bareck Bendaha, auteur de 11 buts la saison dernière, affolant les défenses par son sens du but et son explosivité, le gardien Michaël Leyder s'est érigé en pilier de la formation gaumaise. Il y a un an, il a failli se retrouver en 1ère Provinciale mais il a su saisir la chance qui lui était donnée pour remplacer Olivier Werner parti à Malines. " S'il faut souligner sa principale qualité, je mettrais en exergue son explosivité ", précise son entraîneur Sébastien Grandjean. " Il a de très bons réflexes et brille dans les un contre un. Il a grandi sur le terrain et gère désormais très bien sa défense. Il a compris le rôle qu'il doit avoir sur le terrain ". A 27 ans, Leyder rentre dans les bonnes années d'un gardien de but. " Il n'est pas grand mais cela ne pose pas problème. Par contre, il doit améliorer son jeu au pied et son mental. Il a trop tendance à se laisser influencer par une erreur. C'est pour cette raison que je n'ai pas mis de concurrence déplacée derrière lui ". lpar stéphane vande velde