Depuis plus de trois ans, notre football vit dans un climat de suspicions et d'accusations. La décision du parquet fédéral d'envoyer 56 personnes devant la justice est de nature à chasser quelques vilains nuages. Et puis, récemment, il y a eu l'arrestation de Herman Van Holsbeeck qui a fait l'effet d'une nouvelle bombe.
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Depuis plus de trois ans, notre football vit dans un climat de suspicions et d'accusations. La décision du parquet fédéral d'envoyer 56 personnes devant la justice est de nature à chasser quelques vilains nuages. Et puis, récemment, il y a eu l'arrestation de Herman Van Holsbeeck qui a fait l'effet d'une nouvelle bombe. Le milieu du foot a ses propres règles, ses propres lois. Jalousement préservées, protégées. Combien de fois n'a-t-on pas entendu que la puissance des agents, la vraie plaie du système, allait être limitée? On entend ça puis ça repart comme avant, comme si rien ne s'était passé. Tout le monde sait que les excès succèdent aux excès, mais personne ne fait rien. Alors que l'Opération Mains Propres a clairement mis en lumière que le lien étroit entre certains agents et certains dirigeants était à la base de nombreuses malversations. Il est grand temps que l'on mette de l'ordre, qu'on arrête d'imaginer des voies détournées pour ralentir l'élimination des grands maux du football belge. Ce milieu explose dans tous les sens, et ça ne date pas d'hier. La crise du Covid a illustré par l'absurde, et de façon cruelle, que de nombreux clubs sont bâtis sur des sables mouvants et que l'heure d'une grande réflexion a sonné. Avec des montants de transferts et des salaires complètement déraisonnables, le football avait franchi les frontières de la décadence. On a entendu que la nouvelle réalité du foot allait être différente de l'ancienne. Mais qu'est-ce qui a vraiment changé entre-temps? Dans ce numéro, nous nous plongeons en profondeur dans les problèmes du football belge. Quels sont les principaux maux? Mais surtout: quelles sont les solutions pour en sortir? Les idées ne manquent pas. On vous parle d'une vision et d'une stratégie claires à installer à la Pro League, d'opérations de transferts qui doivent être reprises en mains par les clubs, d'une meilleure organisation interne des clubs, et encore d'autres pistes. Mais l'histoire montre qu'il est difficile de travailler de façon normale dans ce monde et que l'émotion empêche d'agir de façon raisonnée. Il y a aussi trop de gens qui veulent se mêler de tout et qui sont des freins à une politique rationnelle. Tout le monde évoque le besoin de continuité, mais ces mots s'envolent au premier coup de vent. L'arrivée massive de joueurs étrangers ne s'arrête pas et la tête des entraîneurs n'est jamais loin de la guillotine. Le football a besoin de calme, de réflexion, de concertation. Depuis bien longtemps. Des dossiers interminables, comme celui de l'Opération Mains Propres, empêchent d'y arriver. Chacun voit ses propres intérêts, chacun veut garder sa place au chaud, et donc on n'avance pas. Ce numéro de Sport Foot Magazine est le tout premier qui vous est proposé en formule mensuelle. À une époque où on est constamment dépassé par l'actualité, nous voulons aborder et décortiquer le foot et le sport en général avec suffisamment de recul. Pas de spasme, pas de conclusion hâtive, mais des reportages fouillés, moins temporels. Pour l'actualité toute chaude, rendez-vous sur notre site sportmagazine.be où nous exploitons de la même manière nos forces journalistiques. Traiter l'actualité du jour et des sujets en profondeur, c'est la nouvelle voie que nous avons choisie. Nous vous proposons désormais, aussi, quatre numéros spéciaux cyclisme par an, ainsi qu'une formule d'abonnement extrêmement intéressante ( voir le colophon en page 7). Ce magazine restera ainsi ce qu'il a toujours été: une référence dans le monde du sport. Avec des reportages prenants, de nouvelles rubriques, une bonne place réservée au visuel. Un magazine conçu par des passionnés de sport. Une passion que nos clubs devraient retrouver au plus vite. Au détriment de situations scabreuses qui ne font qu'alimenter le négativisme ambiant.