C'est mercredi à Anderlecht et l'ambiance n'est pas folichonne. Parce que les Mauves ont perdu au Standard cinq jours plus tôt. Parce que c'est BATE Borisov et pas le Sporting qui a reçu la Juventus la veille en Ligue des Champions (2-2). Parce qu'on ne parle que du match du Standard contre Everton du lendemain. Parce qu'il y a le classement. Et la manière. Et les blessures. Et les mécontents. Etc.
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C'est mercredi à Anderlecht et l'ambiance n'est pas folichonne. Parce que les Mauves ont perdu au Standard cinq jours plus tôt. Parce que c'est BATE Borisov et pas le Sporting qui a reçu la Juventus la veille en Ligue des Champions (2-2). Parce qu'on ne parle que du match du Standard contre Everton du lendemain. Parce qu'il y a le classement. Et la manière. Et les blessures. Et les mécontents. Etc. Deux jours plus tard, il y a aussi l'annonce de la sélection de René Vandereycken pour les matches contre l'Arménie et l'Espagne. Jelle Van Damme (25 ans) pointe sa grande carcasse pour l'interview et prend les devants. " On ne parle pas de l'équipe nationale, hein ! " Il y a ajoute un clin d'£il qui vaut tous les discours. Quand il a annoncé, après avoir été relégué dans la tribune pour le match en Turquie, qu'il envisageait de ne plus se mettre à la disposition des Diables, il a déclenché un petit séisme. Et il n'a pas envie d'en remettre une couche. Jelle Van Damme : Pas tout le match. Seulement un résumé. C'est vraiment dommage d'avoir été éliminé par une équipe pareille. Elle a été bonne contre la Juventus mais elle n'avait pas le même niveau quand elle a joué contre nous. Non, mais je regarde rarement des matches complets. Quand je suis à la maison, il ne faut pas trop me parler de foot. Oui, il faut l'accepter. Et voir les aspects positifs : nous aurons plus de temps pour préparer nos matches de championnat. Physiquement et mentalement, ça peut être un avantage. Mais bon, cette situation n'est pas normale. Anderlecht est le plus grand club belge et doit être chaque année en Ligue des Champions, ou au minimum en UEFA. Le Sporting est le numéro 1, point à la ligne. Oui, mais ce titre remonte au mois de mai. On ne peut pas être champion chaque saison. Et le Standard mérite ce qu'il vit aujourd'hui. Mais ce n'est pas pour si peu que je vais changer d'avis : Anderlecht a une histoire, que le Standard n'a pas, et doit donc toujours être considéré comme le plus grand club de Belgique. Aucune réaction particulière. De toute façon, on a écrit tellement de choses avant Standard-Anderlecht... (Il réfléchit longuement). Anderlecht a mieux joué que le Standard. Ce n'est pas une surprise pour moi. Quand nous sommes en confiance, nous avons autant de qualités que cette équipe qui brille depuis le mois d'août contre des équipes comme Liverpool et Everton. Nous avons quitté Sclessin avec une certitude dans les têtes : nous sommes sur la bonne voie. On a dit après ce match qu'Anderlecht venait de prendre un coup au moral mais c'était tout le contraire : nous en sommes sortis rassurés. (Il réfléchit). Guillaume Gillet ? Oui, c'est possible. Mais je m'en fous. Jonathan Legear ou moi ? A ma place de back gauche, ce sont les assists qui me font tripper, plus que les buts. Qu'est-ce qui est normal ? Tous nos attaquants sont blessés, il faut bien que d'autres joueurs fassent la différence. Qu'on arrête d'être négatif et qu'on voie ce qui est prometteur. Nous avons des médians qui savent marquer : Guillaume Gillet, Jonathan Legear, Jan Polak, Mbark Boussoufa. Il est fort in the box. Il a le profil de Nicolas Frutos. (Il rigole).Il a assez de qualités pour devenir un joueur très important d'Anderlecht. C'est un footballeur moderne : il n'est pas grand mais il est fort, il voit bien le jeu, il a une bonne passe et sait marquer des buts. Il ne lui manque que de la confiance et du temps. La pression, c'est ça le problème. Quand je me suis retrouvé dans le noyau du Germinal Beerschot pour mes débuts en D1, il n'y avait aucune pression. Par contre, quand vous débarquez dans une équipe qui est obligée de gagner chaque semaine, tous les paramètres changent. J'ai connu ça aussi à l'Ajax et à Brême. C'était plus facile à Southampton parce que ce n'était pas une équipe du top. Regardez Jan Polak : il venait de Bundesliga mais il a quand même eu besoin de plusieurs mois pour faire son trou chez nous. Pour le moment, oui. Je me plais bien à gauche parce que je peux être offensif, alors que j'ai seulement l'autorisation de défendre quand je joue dans l'axe. Mais je ne suis pas un gars difficile, j'ai aussi eu des périodes en milieu de terrain et ça ne se passait pas mal. Venant de lui, c'est agréable à entendre. C'est vrai que je suis capable de courir pour un gars qui fait le jeu. Je l'ai prouvé avec Ahmed Hassan. Il me respectait beaucoup, il appréciait mes efforts. Avec lui, ça cliquait très bien. Sans doute aussi parce que nous nous entendions bien en dehors du terrain. Il était venu près de moi dès son premier entraînement au Sporting et le courant était directement passé. Je sens souvent ce qu'il va faire et vice-versa. (Il rigole). Non, Anderlecht n'est pas mourant. Je ne pense pas. Il y a quelques leaders dans le groupe, des gars qui parlent, qui sont appréciés et acceptés. (Il réfléchit). Roland Juhasz. (Il réfléchit encore). Jan Polak. (Il réfléchit encore) ! Mbark Boussoufa. Cela en fait au moins un par ligne, c'est très bien. Il y a un truc qui me préoccupe : je ne touche aucun pourcentage. (Il rigole). Le respect mutuel entre les supporters et moi. C'est la vie. Le plus important, c'est d'avoir la faculté de ne pas entendre. Si vous êtes sifflé en début de carrière, vous le vivez souvent très mal. Mais avec les années, vous savez faire abstraction de ça. Etre capable de supporter la pression et la critique, c'est le genre de qualité qui se développe saison après saison. Pas du tout, ce n'est pas mon style, je ne suis pas un type compliqué. Je n'ai jamais cherché à me venger, que ce soit vis-à-vis d'un public ou d'un entraîneur. Quand Frankie Vercauteren m'a écarté de l'équipe pendant deux mois, sans explication, alors que j'avais l'impression d'être bon, je n'ai rien dit. Alors que ça aurait été plus facile de me plaindre dans les journaux ou de frapper une bonne fois du poing sur la table. Je ne regrette rien. Je n'ai pas beaucoup joué à l'Ajax mais j'y ai appris énormément parce que j'étais presque toujours dans les 18. Même sur le banc d'un club pareil, on progresse énormément. Je me suis aussi amélioré à Southampton. D'ailleurs, j'y serais peut-être toujours si l'équipe n'avait pas basculé en D2. Le gros point noir de mon séjour là-bas, c'étaient mes problèmes de cheville, avec deux opérations en trois mois. Et à Brême, j'ai de nouveau été opéré, à l'aine. Cela s'est mal terminé parce que je les ai un peu ennuyés après avoir appris qu'ils ne lèveraient pas l'option sur moi. Ils ont réagi et m'ont aussi ennuyé. Quand on est jeune, on fait parfois ce style de conneries ! Je ne sais pas. J'assume mes choix. par pierre danvoye