Vous êtes toujours dans l'impasse avec la ville de Charleroi. Vous semblez vous diriger vers une solution sans l'aide de la ville ?
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Vous êtes toujours dans l'impasse avec la ville de Charleroi. Vous semblez vous diriger vers une solution sans l'aide de la ville ? Abbas Bayat : Notre projet est d'arriver à des résultats qui nous conviennent. Que ce soit avec ou sans la ville ? Voilà. Aujourd'hui, il nous manque un bon centre d'entraînement et une bonne école des jeunes. Et on a souffert à cause de cela. Mais à quel moment doit-on investir ? Regardez le Standard. Si on veut le faire correctement, il faut débourser des dizaines de milliers d'euros. Et le Standard avait Monsieur Louis-Dreyfus, qui était milliardaire. Et Monsieur Bayat ne l'est pas ? Non. On ne doit pas rêver de choses impossibles. Dans le dossier du nouveau stade, vous êtes prêt à y aller seul et vous évoquez même un délai de 12 à 18 mois. Vous pensez vraiment que dans 18 mois, Charleroi jouera dans un nouveau stade ? En termes de construction, c'est réalisable. Une fois que le dossier est bouclé administrativement, on peut le construire en 18 mois. Mais les détails sont encore à discuter et ce n'est donc pas notre envie d'étaler ce projet sur la place publique. Nous ne pourrons discuter d'un projet concret qu'une fois que nous aurons obtenu le permis de bâtir. Notre idée est d'avoir un stade qui nous convient. Aujourd'hui, nos vestiaires ne sont pas bons. Il faut prendre son auto pour aller à Marcinelle, revenir prendre sa douche au stade car les vestiaires de Marcinelle ne sont pas bons. De plus, on n'a pas besoin d'un stade de 30.000 places. C'est un coût qui n'est pas nécessaire. On a une moyenne de 8.000 spectateurs. On en accueille 23.000 contre le Standard mais je crois qu'on peut vivre avec un stade de 20.000 places. Construire un stade de 40.000 places alors qu'on arrive à un chiffre de 7.000 supporters contre le Germinal Beerschot... Aux Pays-Bas, la construction de nouveaux stades a boosté la moyenne de spectateurs de certainsclubs (Heerenveen, Groningen...)... Oui mais il ne faut pas rêver. Avec un stade de 40.000, cela ne garantit pas qu'on sera 40.000. Avec un beau stade de 20.000, cela va peut-être nous conduire à avoir une moyenne de 12.000 ou 14.000 au lieu de 7.000 actuellement. Il ne faut pas croire que parce qu'on met 40.000 places, tout le monde va subitement trouver beaucoup d'argent et venir au stade. Votre projet de nouveau stade comporte-t-il d'autres aspects ? Si on peut faire des autres choses liées au stade, ce serait très bien mais notre objectif consiste à ne pas partager notre stade. Sauf si les conditions nous sont très favorables. On n'a donc pas besoin d'une piste d'athlétisme. Ce serait uniquement dédié au football. Et s'il y a des commerces et des hôtels autour, pourquoi pas ? Mais pas au sein du stade ? Non. Ce serait uniquement sur fonds privés ? Oui. Ce serait avec des sociétés privées d'investissement qui sont déjà dans l'immobilier. Vous avez donc déjà le site ? Oui. C'est dans la ville mais cela ne sert à rien d'en parler avant d'avoir du concret. Car, à Charleroi, la plupart du temps, les projets ne se concrétisent pas. Donc vous excluez la piste d'un stade en périphérie. Ce serait davantage sur un site comme celui du Palais des Expositions ? Oui, sur un site de ce genre-là.