En début de championnat, Emilio Ferrera a pensé retirer Jonas De Roeck de la défense. Elle avait été mauvaise l'an dernier et le joueur avait rejoint le Lierse avec l'entraîneur précédent, Regi Van Acker. Mais Ferrera joue avec De Roeck et le Lierse a une des toutes meilleures défenses.
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En début de championnat, Emilio Ferrera a pensé retirer Jonas De Roeck de la défense. Elle avait été mauvaise l'an dernier et le joueur avait rejoint le Lierse avec l'entraîneur précédent, Regi Van Acker. Mais Ferrera joue avec De Roeck et le Lierse a une des toutes meilleures défenses. Jonas De Roeck : Nous jouons plus intelligemment. La saison passée, nous paniquions pour un rien et dégagions n'importe comment. Nos médians contrôlent mieux le jeu et impriment leur rythme au match. C'est un peu comparable à ce que Genk a vécu il y a deux ans: il a failli descendre mais un an après, il a été champion. L'année dernière, Genk était plus avancé que nous maintenant. Vergoossen a une vision sur le style offensif, Ferrera en a une sur la façon de défendre. Mais il octroie plus de liberté aux éléments offensifs qu'au début. Ce sera la prochaine étape. On l'a vu contre Mons: nous ne sommes pas encore capables de faire le jeu et de démanteler une défense. C'est pour ça que nous jouons plus facilement en déplacement, en contres. Mais nous ne sommes pas les seuls à être trop légers: seul Bruges peut décider d'un match sur sa puissance de feu. Vous aviez quitté l'Antwerp pour progresser. Je me suis demandé si j'avais fait le bon choix la saison passée mais l'Antwerp n'a pas connu une période géniale non plus. Jusque-là, ma progression avait été constante même si j'ai commis beaucoup d'erreurs, surtout à la relance. Je n'avais pas souhaité partir, même quand Regi Van Acker nous a quittés. C'est lui qui m'a transféré au Lierse. éa a des avantages et des inconvénients. Je connaissais ses méthodes de travail mais quand ça va mal, on est vite considéré comme le protégé de l'entraîneur. Cette saison, en apprenant l'arrivée de Fassotte et de Smet, j'ai compris que je pourrais être menacé car nous avions encaissé beaucoup de buts mais l'entraîneur a fait confiance aux éléments de la saison passée. Comparez les deux entraîneurs...Van Acker était plus proche du groupe, il prenait volontiers un verre avec nous. Ferrera est plus distant mais pas autant que Kessler, que j'ai connu lors de ma première saison à l'Antwerp. On n'osait pas blaguer avec lui. Avec Ferrera oui. Enfin, pas au début.Les anciens se plaignaient de ne pas exister aux yeux de Van Acker.Il aime travailler avec les jeunes et leur offre toujours une seconde chance. Van Acker et Verniers ont formé le Huysegems de maintenant. Pour Ferrera, l'âge ne compte pas: on preste ou pas. Il est exigeant mais sait retirer le maximum d'un joueur comme de l'équipe. Si vous ne pouvez donner le meilleur de vous-même, vous rejoignez le noyau B. éa nous tient en alerte.Video starIl utilise la vidéo. Nous analysons chaque match en fonction d'une série de phases présélectionnées. Un footballeur admet difficilement ses erreurs mais une image ne trompe pas. Si j'ai fait une mauvaise passe en retrait, tout le groupe le constate et on explique comment éviter que ça se reproduise. Nous nous entraînons en fonction des fautes le plus souvent commises. Contre Mons, il est apparu que nous ne parvenions pas à bouger un bloc bien organisé. Nous travaillons donc nos infiltrations. Dans le courant de la semaine, nous visionnons les points forts et faibles de l'adversaire suivant et nous nous exerçons en fonction de ceux-ci. Sur dix séances, nous en passons quatre devant la vidéo. Parfois un quart d'heure, parfois une demi-heure. Pendant la préparation, nous avons vu des cassettes de la Coupe du Monde, pour constater que les meilleures équipes de la planète commettaient les mêmes erreurs que nous. Ferrera a 11 règles à respecter pour améliorer le niveau défensif. Chaque but est une accumulation d'erreurs et une infraction à une des règles de base. Il affirme qu'on peut améliorer une défense par des entraînements supplémentaires. En revanche, l'attaque est plus intuitive. Vous avez des devoirs, pas Huysegems.C'est ça, dans les grandes lignes. Les avants sont des artistes. Un des 11 points, c'est que la plupart des buts encaissés l'ont été sur des phases arrêtées. Evidemment, je n'en dirai pas plus pour ne pas éclairer nos concurrents.Un exemple quand même...Un défenseur sait qu'un avant qui s'infiltre sur le flanc ne doit pas passer, faute de quoi il peut délivrer un ballon peut-être fatal. Là, on en mesure d'anticiper en surveillant le ballon plutôt que l'homme. On apprend ça à l'entraînement: on peut travailler toutes les erreurs individuelles, afin de les gommer. Nous répétons tout un nombre incroyable de fois. Etape par étape. Nous avons commencé à étudier trois points par semaine, pour obtenir une vision complète au bout de quatre à cinq semaines, sans pour autant tout maîtriser parfaitement. J'ai transcrit les 11 règles et je ne les oublierai pas le jour où je partirai car ça marche. Nous savons tous ce que nous avons à faire, à part Nikolovski, qui n'a pas participé à la préparation, mais l'entraîneur s'occupe de lui.La saison passée, on disait le Lierse trop gentil.Oui. Je venais d'une équipe plus expérimentée et dotée de plus de personnalité. Des gaillards qui ne se laissaient pas faire, osaient faire une remarque à l'entraîneur. Ce n'était pas le cas au Lierse. éa m'a souvent énervé. Je dis ce que je pense. A l'Antwerp, on me rappelait à l'ordre, pas ici. On me regardait en se demandant si j'étais fâché...A la longue, je me suis retenu mais ça ne me convenait pas. Le Lierse était mentalement trop faible pour s'accommoder de la critique, pourtant justifiée. Cette année, c'est différent. Yves Van der Straeten sort de sa coquille et Marc Schaessens donne son avis aussi.D'anciens coéquipiers de Marc disent qu'il est ch.... Lui demandez-vous d'arrêter?Souvent! Mais il me dit la même chose. Ce n'est pas un problème.Vous aurez 23 ans le mois prochain mais vous êtes déjà une personnalité. Vous laissez-vous encore faire sur le terrain?Non, même pas si je jouais contre Figo. Je discute aussi football avec l'entraîneur. Geert Foutré