Dimanche, 89e minute. Le Club fait 0-0 contre le FSV Mainz 05 jusqu'à ce que Carl Hoefkens (34 ans) jauge mal une passe. Il s'empoigne les cheveux quand Shawn Parker bat Bojan Jorgacevic. Hormis ce faux-pas, Bruges se prépare dans des conditions optimales dans le sud de l'Espagne. Hoefkens a accueilli la trêve avec soulagement. " Je n'étais pas usé physiquement mais mentalement. Je ne parvenais plus à me vider la tête. Même à la maison, je ne pensais qu'à nos problèmes. "
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Dimanche, 89e minute. Le Club fait 0-0 contre le FSV Mainz 05 jusqu'à ce que Carl Hoefkens (34 ans) jauge mal une passe. Il s'empoigne les cheveux quand Shawn Parker bat Bojan Jorgacevic. Hormis ce faux-pas, Bruges se prépare dans des conditions optimales dans le sud de l'Espagne. Hoefkens a accueilli la trêve avec soulagement. " Je n'étais pas usé physiquement mais mentalement. Je ne parvenais plus à me vider la tête. Même à la maison, je ne pensais qu'à nos problèmes. " Carl Hoefkens : Après un bon début, nous avons perdu plusieurs matches d'affilée, ce qui est impensable pour le Club. Les critiques ont été dures à digérer. Et les blessures se sont accumulées : Victor Vazquez et bien d'autres. À un moment donné, nous avons dû pallier l'absence de cinq piliers. Je pense que peu de clubs en seraient capables. Nous avons continué à nous battre, les blessés sont revenus, le nouvel entraîneur a fait souffler un vent de renouveau. J'ai maintenant le sentiment que nous sommes en bonne voie. Ça peut arriver dans un grand club. Koster a bossé avec nous deux ans et demi et il nous a conféré un style très différent, que les supporters ont apprécié. Daum a accompli un travail fantastique, il a ranimé l'esprit de groupe et a développé un excellent football à la fin de son mandat... Nous étions forts mentalement, physiquement et nous avions assez de frivolité devant pour faire la différence. Ce n'est pas la faute du Club si les circonstances l'ont incité à partir. Durant les premiers matches, Leekens a exercé une bonne influence et nous continuons à profiter de son apport. Rester en poste après une telle série de défaites était difficile mais il ne faut pas tout rejeter. Garrido est un croisement de Koster et de Daum. Il veut voir un jeu de qualité, de l'engagement, de la combativité. Chacun a eu l'occasion de faire ses preuves. C'est l'avantage avec un entraîneur étranger. Il faut de la clarté et il est difficile d'être tendre dans ces conditions. C'est difficile pour les joueurs belges, pour la presse et le public, parce qu'ici, se retrouver sur le banc est vécu comme une honte. Et pourtant, si vous faites banquette au Club alors que l'équipe tourne bien, vous n'êtes pas un minus. Vous avez votre place dans douze autres équipes. Cette vision des choses est typiquement belge. Prenez l'Angleterre. Les clubs y ont des noyaux étoffés. Qu'on y joue peu ou beaucoup ne change rien. Chacun finit par recevoir sa chance. En soi, il est regrettable que des joueurs soient si vite mécontents parce que le Club veut former une équipe avec beaucoup de bons éléments. On a beaucoup critiqué Figueras et Almebäck alors qu'ils ont apporté leur pierre à l'édifice. Ils ne détiennent peut-être pas la grande forme mais ils ont livré de très bons matches la saison passée. Ce n'est pas parce qu'on ne participe pas à certains matches ni qu'on joue un peu moins bien qu'on est en train de rater sa carrière. On panique trop vite. Dès qu'on ne joue pas quelques matches... Tout le monde. En fait, notre élimination de la Coupe est regrettable. C'est une tache. Nous n'avons plus qu'un objectif alors que le noyau est étoffé. S'il nourrit les ambitions que nous avions au début de cette saison, c'est exact mais c'est son choix. Il a déjà évolué en Coupe d'Europe avec Villarreal et il doit donc savoir de quoi il parle. Non. Les trois joueurs que nous venons de citer sont des exemples à l'entraînement. Nous n'avons rien à leur reprocher. Quand ça va moins bien, on a tendance à dire qu'il n'y a pas de cohésion mais ce n'est pas notre cas. Évidemment, Björn Vleminckx n'était pas heureux mais il ne l'a jamais montré. C'est ce que nous attendons les uns des autres. Si vous vous livrez à fond à l'entraînement, peu importe que vous soyez heureux ou pas. C'est quelque chose à discuter à la maison ou avec son manager. Tout joueur traverse de moins bons moments. C'est la manière dont il les gère qui fait la différence entre un vrai sportif et un joueur qui ne retirera jamais le maximum de sa carrière. Selon moi, c'est lié à l'intégration de certains joueurs. Ronald Vargas a été confronté à un climat et à une culture différents, il a souffert en début de saison. Idem pour Alcaraz. Nous avons flanché au moment où le football devient plus dur et où des équipes ont un certain avantage à domicile, parce qu'elles connaissent leur terrain, qu'elles savent comment placer un grand club sous pression. La saison dernière, Vazquez était nouveau, comme Refaelov. Bacca est arrivé en janvier. On ne peut leur reprocher d'avoir besoin d'un temps d'adaptation. Bacca a fait banquette mais regardez son niveau actuel... Il ne faut pas classer les gens trop vite. Mon début n'a pas été mauvais. Ensuite, l'équipe a connu des problèmes et j'en ai souffert car j'ai dû m'occuper davantage de l'équipe que de mon jeu. Je n'ai pas apporté ce que j'aurais voulu. J'ai été bon en fonction de l'équipe mais je serai soulagé qu'elle recommence à tourner, pour pouvoir me concentrer sur mes propres prestations. Aider les autres à se trouver fait partie de mon boulot mais ça requiert énormément d'énergie. Quand je joue en fonction des autres et qu'ils font la différence au Standard, je suis comblé, même si je sais que j'aurais pu mieux faire, personnellement. J'attends. On verra bien. C'est notre objectif, même si Anderlecht a trouvé son équilibre et développe un bon football. Ceci dit, nul n'est à l'abri d'un contrecoup et tout peut se déglinguer très vite. Je sais de quoi je parle ! Nous espérons déjà réduire notre retard avant le début des play-offs. À ce moment, nous devrons être suffisamment affûtés pour lui faire mal. Nous ne manquons pas de talent. Refaelov retrouve la forme, Vazquez est guéri, Meunier doit encore montrer son vrai visage cette saison... Si nous parvenons à équilibrer l'entrejeu, il faudra compter avec nous.PAR PETER T'KINT À MARBELLA (ESPAGNE) - PHOTOS: IMAGEGLOBE