G eorges Leekens est donc de retour à Mouscron, où il entame cette semaine une nouvelle carrière de directeur sportif. Jean-Pierre Detremmerie aborde le sujet avec le sourire. " Je pourrais dire avec ironie que nous avons suivi le bon exemple de la fédération en attirant un entraîneur encore sous contrat, mais ce n'est pas le cas ", avance Detrem'. " Lorsque Leekens est venu en stage ici avec l'équipe nationale d'Algérie, j'ai rendu visite à la délégation à leur hôtel. J'appris alors que Leekens avait décidé de ne plus retourner en Algérie pour des raisons familiales. La raison principale est que sa femme lui a dit : -Si tu retournes là-bas, c'est fini entre nous. Même sans un nouveau job, il serait resté en Belgique. S'il est libre, un homme de sa trempe nous intéresse à coup sûr. J'avais à ce moment des contacts avec cinq autres candidats, mais j'estime que Georges est le mieux placé. Il est important de disposer de quelqu'un qui puisse assurer le relais avec la direction ".
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G eorges Leekens est donc de retour à Mouscron, où il entame cette semaine une nouvelle carrière de directeur sportif. Jean-Pierre Detremmerie aborde le sujet avec le sourire. " Je pourrais dire avec ironie que nous avons suivi le bon exemple de la fédération en attirant un entraîneur encore sous contrat, mais ce n'est pas le cas ", avance Detrem'. " Lorsque Leekens est venu en stage ici avec l'équipe nationale d'Algérie, j'ai rendu visite à la délégation à leur hôtel. J'appris alors que Leekens avait décidé de ne plus retourner en Algérie pour des raisons familiales. La raison principale est que sa femme lui a dit : -Si tu retournes là-bas, c'est fini entre nous. Même sans un nouveau job, il serait resté en Belgique. S'il est libre, un homme de sa trempe nous intéresse à coup sûr. J'avais à ce moment des contacts avec cinq autres candidats, mais j'estime que Georges est le mieux placé. Il est important de disposer de quelqu'un qui puisse assurer le relais avec la direction ". Jean-Pierre Detremmerie : J'avais l'impression qu'il était soulagé. Ce fut une année très instructive. Nous avons découvert pas mal de jeunes et avons appris qu'il fallait se montrer prudent en ce qui concerne la gestion sportive, des joueurs, des salaires, etc. Nous avons pris trop peu de points, mais cela peut arriver mais pas deux fois d'affilée. C'est pourquoi nous nous devions de réagir. Pour les joueurs mais aussi pour le conseil d'administration, pour les sponsors et les supporters. Au début de la saison, nous avons dû apprendre à gérer le succès, alors qu'en fin de saison nous avons dû contrer une spirale négative. Ce n'est pas si facile. L'expérience joue un rôle crucial et Lorenzo n'en avait pas ; je m'imagine dès lors fort bien qu'il n'a pas su tout gérer. Un entraîneur doit disposer de nombreuses qualités : être un chef, un meneur d'hommes, sportivement mais aussi mentalement. Lorenzo a sans doute encore pas mal de choses à assimiler à ce niveau. Je pense que Georges va lui apprendre cela, d'autant plus qu'ils s'entendent bien. Beaucoup de clubs n'auraient pas hésité à limoger leur entraîneur après 14 défaites sur 17 matches. Mais nous sommes restés corrects, nous n'avons pas voulu casser sa réputation et sa carrière. Non. Ses qualités, il les a montrées lors du premier tour, mais les circonstances autour de lui ont rendu sa tâche plus compliquée ensuite. Peut-être a- t-il été trop gentil ou avait-il encore trop la mentalité de joueur. Etre patron, c'est savoir dire non, aux joueurs et à tout ce qui les entoure. Mais aussi pouvoir dire au staff : cela se passera comme je l'entends. Leekens le fait, Lorenzo pas encore. Gil avait bien travaillé pendant six mois, mais il savait que nous recherchions quelqu'un avec un nom et une carrière. Philippe Saint-Jean et Gil Vandenbrouck le savent : j'estime qu'un coach doit avoir évolué en première division pour faire le job, rien que pour pouvoir faire preuve d'autorité chez certains joueurs. Sur le plan technique, Gil est excellent, mais il lui manque l'expérience de la D1 et de tous ses aspects. Et cela ne s'apprend pas dans les livres à l'université. Il connaît toutes les ficelles du monde du football. Il est expérimenté, bon entraîneur, un des tout grands en Belgique. Un entraîneur qui coûte cher est un entraîneur que vous payez grassement sans résultats. Pour moi, un entraîneur peut coûter 100 millions s'il rapporte un milliard grâce à son travail au club. Il possède de nombreuses relations, il connaît le monde des transferts, il peut amener des joueurs moyens à un niveau plus élevé, faire d'illustres inconnus des internationaux. Il connaît les joueurs et l'équipe puisqu'il a vu certains matches la saison passée. Il a tout l'art de lancer des jeunes joueurs dans le bain, il l'a montré avec Lorenzo Staelens il y a bien longtemps. Il entretient de bons contacts avec Vidovic ou Claeys par exemple. Il fera des choses que d'autres ne peuvent pas faire. Il est un manager, un patron, un psychologue. Et un physiothérapeute aussi, ce qui est important vu le nombre élevé de blessures la saison passée. A cause de la fan card. Nous avons eu de nombreuses personnes qui ont dû rebrousser chemin après avoir appris que la fan card était obligatoire pour acheter un ticket. La seule bonne décision serait de la supprimer. Au niveau transfrontalier, le meilleur moyen de contrôle reste la carte d'identité. Pourquoi pas dans un stade de foot, alors ? Pas pour le moment. Nous avons pas mal de candidats mais ce n'est pas une priorité dans la structure du club. J'espère bien sûr durer le plus longtemps possible, surtout que j'ai une nouvelle hanche maintenant. Le foot est un monde très compliqué qui donne parfois envie d'aller voir si l'herbe n'est pas plus verte ailleurs. Mais il n'est pas évident de trouver un nouveau président qui prenne tout en charge. Je dois donc mettre une équipe sur pied qui puisse assurer la transition. Et ainsi pouvoir partir en beauté, sans que le projet ne disparaisse, car il est trop beau pour cela. Je ne jouerai pas à ce jeu-là. Ils m'ont fait une proposition de créer un club business avec des dîners gastronomiques. Ils apportent 500.000 euros et seront payés au pourcentage sur cette activité. Cela ne coûte rien au club, alors pourquoi pas ? Ils ne devront s'occuper de rien d'autre, sinon cela risque d'être vite terminé pour eux. Oui, mais il travaille pour nous comme indépendant et certainement pas en tant que manager. Il voulait même renoncer à sa licence, mais nous lui avons demandé d'encore attendre. Oui, mais il connaît bien les gens du Cercle. Les Brugeois recherchaient un gardien. Et Dennis avait encore un contrat d'un an mais n'allait pas rester. C'est comme ça qu'il faut interpréter ce transfert. Dans une moindre mesure. En Hainaut, les fonds sont vite répartis, savez-vous. Une enquête devra démontrer si notre retard économique a été comblé ou pas et si l'Europe injectera encore de l'argent ici. Je l'espère, évidemment, ce serait une bonne chose. Si cet argent ne vient pas, nous devrons trouver des moyens ailleurs.