Tu vis à Saint-Gilles. L'Union, c'est une vieille histoire d'amour ?

ANTOINEWIELEMANS : Non, ça fait juste quelques années... Le fait d'habiter Saint-Gilles, d'aller souvent sur le Parvis et d'aimer le foot m'a amené un jour à l'Union. Je me suis souvent retrouvé au café Wembley où se rassemblent un grand nombre de personnes âgées pour voir le foot. Ils se bagarrent entre Anderlecht et le Standard, mais ils se rejoignent tous sur l'Union. Je me suis donc rendu par curiosité, un jour, sur la Butte et j'ai adoré cette ambiance bon enfant, agréable pour prendre une bière en causant de foot...
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ANTOINEWIELEMANS : Non, ça fait juste quelques années... Le fait d'habiter Saint-Gilles, d'aller souvent sur le Parvis et d'aimer le foot m'a amené un jour à l'Union. Je me suis souvent retrouvé au café Wembley où se rassemblent un grand nombre de personnes âgées pour voir le foot. Ils se bagarrent entre Anderlecht et le Standard, mais ils se rejoignent tous sur l'Union. Je me suis donc rendu par curiosité, un jour, sur la Butte et j'ai adoré cette ambiance bon enfant, agréable pour prendre une bière en causant de foot... WIELEMANS : Mes potes m'ont emmené à Sclessin à la moitié de la décennie 2000. Dire que j'étais supporter est un peu facile parce que j'ai surtout été les voir quand ils tournaient bien avec les Defour, Witsel et Fellaini. Mais je voyais tous les matchs, je me déplaçais à Liège lors des grands événements, etc. J'ai pas mal décroché depuis deux-trois ans, surtout durant les années Duchâtelet, je ne retrouvais plus trop l'esprit du club. WIELEMANS : Non pas du tout. Par contre, dans Flavor, à la fin du morceau, il y a une sorte d'explosion où on entend comme un commentateur radio ultra excité et qui hurle de plus en plus dans un téléphone. Mais il n'y a pas de référence (rires). WIELEMANS : Notre musique nous donne plutôt le profil d'un adolescent solitaire qui fait de la musique dans sa chambre pour expier ses tracas... C'est donc très éloigné de l'esprit fédérateur de la musique du supporter où il y a quelque chose de clanique. Ce qui m'impressionne dans les chants, c'est pas le contenu - c'est jamais très musical - mais la puissance que ça prend quand des milliers de personnes s'y mettent en même temps. WIELEMANS : Le racisme et, par extension, l'intolérance et la violence. Qu'il y ait une forme de rivalité et qu'on s'affronte un peu, c'est un truc que je trouve encore compréhensible et marrant, même quand j'entends que des groupes de supporters se donnent rendez-vous pour se taper dessus... Il y a un côté chouette dans l'idée d'affrontement entre deux clubs de supporters tant que ça n'implique pas des gens qui ne veulent pas. Ce qui me gêne le plus, c'est quand la violence s'insère dans le stade où il peut y avoir des gens qui ne supportent pas ça et qui verront leur spectacle gâché. WIELEMANS : Avec deux-trois potes, on fait souvent des soirées Match Of The Day le lundi soir. On ne regarde pas les résultats pendant le week-end et on se retrouve tous - en espérant que personne ne vienne spoiler - pour profiter du spectacle en buvant quelques bières. D'ailleurs on s'est tous choisi un Diable Rouge il y a quelques années et du coup on suit " nos " prestations, infos personnelles, évolutions, blessures... c'est une sorte de dédoublement de personnalité. Moi, j'ai hérité de Kevin De Bruyne parce que j'avais une pseudo ressemblance physique avec lui. WIELEMANS : Non, par contre j'ai vu la finale de la Coupe du Monde 2006 ! L'UEFA avait fait un DVD pour préfacer la compétition et avait utilisé trois-quatre de nos chansons. Comme l'UEFA reste une ASBL, elle n'avait " pas les moyens " de nous rémunérer fortement donc on nous a proposé une petite somme plus six places pour la finale à Berlin. On a tout de suite dit " Oui " et on était là pour le fameux coup de tête de Zidane... mais on ne l'a même pas vu, c'était en dehors de l'action. Donc tout le monde s'est demandé ce qui se passait quand le carton rouge est sorti. Pendant les vingt minutes suivantes, c'était l'incrédulité totale, plus aucune ambiance, catastrophique. WIELEMANS : C'est assez marrant qu'en Angleterre, il y ait ce lien musique-foot hyper évident alors qu'en France ou en Belgique, c'est presque comme si c'était deux choses qui n'allaient pas ensemble, que la musique était plus snob. On ne verra pas un chanteur faire un concert avec le maillot d'Anderlecht comme le fait Noel Gallagher avec Manchester City par exemple. Pourtant, après coup, tu te rends compte en discutant qu'il y a énormément de musiciens belges qui sont fans de foot. WIELEMANS : Quand même pas mal. Dans Girls in Hawaii, si on est en tournée et qu'on a un concert un jour de match, ça sera compliqué (rires). Lors de la Coupe du Monde au Brésil, on avait une grosse année de festivals parce qu'elle suivait la sortie de notre album. Du coup, notre responsable booking avait vraiment épluché à fond le tableau des matchs et toutes les possibilités du tournoi... Mais c'était aussi pour éviter de se retrouver à Dour le jour d'un gros match des Diables Rouges où personne ne viendrait nous voir. Finalement on a pu tout regarder ! PAR ÉMILIEN HOFMAN - PHOTOS IMAGEDESK - JIMMY KETS" Avec deux-trois potes, on fait souvent des soirées Match Of The Day. " ANTOINE WIELEMANS