En l'absence d'Olivier Deschacht, blessé, Daniel Zitka sera demain, face au Bayern Munich, le seul rescapé de l'équipe du RSCA qui défia l'équipe bavaroise lors de la phase des poules de la Ligue des Champions, en 2003-04. Une double confrontation qui laisse au gardien du RSCA un sentiment mitigé.
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En l'absence d'Olivier Deschacht, blessé, Daniel Zitka sera demain, face au Bayern Munich, le seul rescapé de l'équipe du RSCA qui défia l'équipe bavaroise lors de la phase des poules de la Ligue des Champions, en 2003-04. Une double confrontation qui laisse au gardien du RSCA un sentiment mitigé. Daniel Zitka : " A l'aller, au Parc Astrid, la rencontre s'était soldée par un partage (1-1). Nous avions pris l'avance en début de deuxième mi-temps suite à un joli mouvement entre Aruna Dindane et Ivica Mornar. Après avoir perdu d'extrême justesse le match d'ouverture à Lyon, nous avions à c£ur de préserver ce maigre acquit. Mal nous en a pris car le rouleau compresseur allemand s'est alors mis en route avec, à la clé, le but égalisateur signé Roque Santa Cruz. Au retour, synonyme à cette occasion de match de clôture, nous devions prendre un point pour poursuivre l'aventure. Une très légère poussée de Michal Zewlakow sur Claudio Pizarro avait toutefois valu aux Bavarois d'ouvrir la marque, sur penalty, juste avant la mi-temps. C'était la deuxième fois que nous étions victimes d'une cruelle injustice, dans la mesure où j'avais été sanctionné de la même manière pour une petite faute sur Sydney Govou à Gerland. Après le thé, nous avions résolument joué notre va-tout face à Oliver Kahn et les siens. En toute fin de partie, nous nous étions d'ailleurs forgé une chance unique de rétablir l'égalité au marquoir. Mais la demi-volée d'Oleg Iachtchouk avait été parée in extremis par mon vis-à-vis. Du coup, nous avions terminé bons derniers d'un groupe dont le Celtic faisait aussi partie. Par la suite, plus jamais le Sporting n'allait totaliser sept points dans cette compétition majeure. C'est dire si nous n'avions pas démérité ". Je me souviens que les Bavarois filaient du mauvais coton durant cette période. Ils n'en avaient d'ailleurs pas mené large contre nous au stade Olympique. A présent, c'est tout à fait différent. Les troupes d'Ottmar Hitzfeld mènent la danse en Bundesliga et, après avoir loupé une qualification en Ligue des Champions l'été passé, la direction du club a mis les petits plats dans les grands avec l'arrivée de trois renforts d'exception : Franck Ribéry, Luca Toni et Miroslav Klose. Ils sont sans conteste supérieurs au trio constitué de Roque Santa Cruz, Claudio Pizarro et Roy Makaay de l'époque. Sans compter que les Allemands ont encore d'autres individualités marquantes comme Lukas Podolski, Mark van Bommel ou Hamit Altintop. Sur le papier, la plupart des observateurs ne nous accordent aucun espoir. Mais il n'en était pas allé autrement devant les Girondins Bordeaux. Au passage, nous avons prouvé que nous étions tout, sauf des nains, comme certains l'avaient affirmé. Je suis d'avis que nous pouvons réaliser une toute bonne prestation dans notre fief. Un peu à l'image de ce qu'Aberdeen avait réussi chez lui (2-2). Le Bayern joue toujours le jeu, aussi bien à domicile qu'à l'extérieur. Et, la plupart du temps, nous livrons toujours des joutes de bon niveau face à un tel adversaire. La différence fondamentale, d'une génération à l'autre, c'est sans doute l'absence d'un buteur-passeur de haut vol comme l'était Aruna Dindane. Nous possédions encore un élément de ce calibre à l'entame du présent exercice en la personne de Mémé Tchité. Depuis son départ, nous n'avons plus semblable homme providentiel. Certes, des garçons comme Ahmed Hassan ou Mbark Boussoufa répondent à ce critère aussi. Mais ils opèrent tous deux de la deuxième ligne alors que leurs deux autres étaient réellement des joueurs des seize mètres. C'est là que se situe la différence fondamentale. Les chiffres l'attestent d'ailleurs : avec une moyenne d'un but encaissé par match, je suis au même point que l'année passée. En revanche, nous comptions à peu de choses près un average de deux goals par partie en 2006-07, ramené à un et demi cette saison. Nous avons évidemment joué de malchance avec les blessures à répétition de Nicolas Frutos et l'adaptation pour le moins laborieuse de Cyril Théréau. Cette indigence offensive a eu également ses répercussions sur les autres composantes de l'équipe. Dès l'instant où les attaquants ne suffisent plus pour faire la différence, il est logique que l'entrejeu d'abord, puis la défense, tentent d'appuyer la man£uvre. Du coup, il y a eu aussi un plus grand laxisme dans ces lignes-là. Avec, quelquefois, des conséquences fâcheuses au marquoir. Il y a un an, par exemple, nous nous étions imposés 2-4 à Saint-Trond grâce à deux coups de patte de Tchité. Ce coup-ci, sans son apport, les Canaris se sont imposés 4-3. Petite cause, grand effet. Il y a eu des phases, effectivement, où ma responsabilité était sûrement partiellement engagée. Je songe notamment au 2-2 à Dender en tout début de saison. J'avais été battu ce jour-là par deux tirs de loin. D'un côté, je n'avais peut-être pas été des plus alertes sur ces phases. De l'autre, je me dis que la défense s'était montrée elle aussi un tantinet laxiste. A deux reprises, elle avait permis aux attaquants flandriens Henri Munyaneza et David Destorme d'armer un tir à plus ou moins vingt mètres du but. Un an plus tôt, pareille scène aurait tout simplement été impensable. L'arrière-garde aurait effectué le ménage entre-temps et, moi-même, je me serais contenté de ramasser gentiment le cuir. Des phases pareilles, j'en ai vécu d'autres. Face à Zulte Waregem, par exemple, où nous menions 2-0, avant que bon nombre de gars se disent que plus rien de fâcheux ne pouvait nous arriver. Avec le recul, je me suis déjà fait plus d'une fois la réflexion que notre victoire par 3-1 en Supercoupe de Belgique face au Club Bruges, nous avait causé plus de tort que de bien. Ce jour-là, manifestement, l'un ou l'autre se sont dit, chez nous, que ces Bleu et Noir-là ne valaient pas tripette et que nous n'aurions qu'à paraître pour nous imposer lors des échéances ultérieures, vu que l'effectif, champion, n'avait pas bougé d'un iota d'une saison à l'autre. Ce fut une grave erreur car, après ce match-là, il nous aura fallu en définitive six mois, à savoir le double affrontement contre les Girondins Bordeaux, pour disputer à nouveau un match valable. C'est une comparaison qui tient la route, en effet. Les défenseurs brugeois s'occupent du gros £uvre et le gardien de la touche finale. Il peut s'employer sur des ballons analogues à ceux qui m'étaient adressés en 2006-07. Mais il y a une différence, malgré tout, à l'échelon du football proposé. Le Club se contente le plus souvent du minimum alors que nous étions plus généreux sans être pour autant bonasses. De fait, l'équipe chère à Jacky Mathijssen me fait irrémédiablement songer au Chelsea de José Mourinho. Elle se contente de frapper généralement une fois par match, après quoi, rideau, on ne passe plus. L'Anderlecht de cette année tenait plus, jusqu'à la trêve, du FC Liverpool, avec un football qui swingue, par moments, mais pas mal de déchets aussi par intermittences. Le manque de concentration d'un bout à l'autre de la partie. Quand on mène 2 à 0 et qu'on s'appelle Anderlecht, le match devrait être très logiquement plié. Pourtant, en raison de nos errances, nous avons fréquemment maintenu le suspense jusqu'au bout. C'était surtout frappant lors du premier tour et je pensais qu'on avait définitivement remédié à cette tare avec Ariel Jacobs. Mais il m'a déjà fallu déchanter car au Brussels, à Dender en Coupe ou face à Mouscron, nous avons franchement tenu tout le monde en haleine jusqu'au bout. En soi, ce n'est pas permis. L'Argentin ne peut s'empêcher de jouer avec le feu en se risquant à un dribble osé en plein axe. Je ne vois absolument pas d'inconvénient à ce qu'il privilégie, dans un club comme le nôtre, le panache à la passe en retrait, à condition qu'il s'exécute sur le flanc. Mais dès l'instant où il s'y hasarde devant moi, je crie au fou, évidemment. Face à Fenerbahce déjà, Nico avait commis l'irréparable. Par la suite, il a encore pris de temps à autre des risques inconsidérés. Ils n'ont peut-être pas toujours eu une incidence sur le verdict final. Mais moi, j'en ai pâti, sous la forme de buts stupidement concédés. Et ça, pourquoi le nier, je l'encaisse difficilement. Je veux bien être battu grâce à une astuce géniale de l'adversaire mais pas suite à un laisser-aller d'un coéquipier. Pour moi, ce qui importe, en fin de match, c'est de pouvoir garder le zéro au marquoir. D'une campagne à l'autre, je ne suis pas vraiment gâté de ce point de vue. En 2006-07, j'étais parvenu à garder mes filets inviolés l'espace de 16 rencontres. Cette fois, j'en suis à 8 seulement. Je tiens aux statistiques. Pour le moment, je ne suis pas loin des 100 matches sans prendre de but. Au pays, seul Peter Cech peut se vanter de présenter ces chiffres. Je ne cache pas que j'aimerais l'imiter le plus tôt possible. Je suis déjà heureux que le sélectionneur, Karel Bruckner, a songé à moi et qu'il m'a donné l'opportunité de m'illustrer pour la première fois lors d'un match de qualification pour l'EURO 2008 à Chypre, l'automne passé. Mais je refuse de tirer des plans sur la comète. L'essentiel, dans un premier temps, c'est Anderlecht. A cet égard, je veux mettre tout en £uvre pour que le club assure sa pérennité européenne. L'année même de ses 100 ans, il serait quand même pour le moins malvenu que le Sporting se retrouve les mains vides en fin de saison. Nous ne devons être mus que par un seul but : décrocher la troisième place qui serait d'office synonyme de participation à la Coupe de l'UEFA. Peut-être pourrions-nous briguer davantage, dans la mesure où nous sommes en train de vivre pour le moment un championnat de fous, avec tous ces points qui se perdent au sommet. Il y a évidemment moyen aussi de décrocher l'Europe par le biais de la Coupe. Pour une équipe qui n'a plus rien réalisé de fameux dans cette compétition depuis 1994, un succès au Heysel ne serait pas mal non plus à l'occasion du centenaire. Les accents sont un tantinet différents, en ce sens que Filip accorde une importance toute particulière à l'aspect physique tandis que Jacky était plutôt pointilleux sur le plan technique. Reste que la transition s'est faite globalement sans problème. Pour ce qui est de la passation des pouvoirs à la tête de l'équipe, elle a manifestement eu ses répercussions au niveau du football dispensé. La grande différence, d'après moi, c'est la disponibilité, un concept cher à Frankie Vercauteren mais qui, pour des raisons que je ne m'explique pas vraiment, s'est très rarement vérifié sur le terrain. Allez savoir pourquoi mais, sous sa gouverne, beaucoup avaient peur de mal faire. Ils étaient tellement taraudés à l'idée de ne pas répondre à l'attente qu'ils préféraient ne pas demander le ballon. Avec Jacobs, je constate une plus grande mobilité et un souci de venir en aide à son coéquipier à chaque instant. Du coup, certains se sont complètement métamorphosés. Comme Jan Polak, par exemple. Au début, je n'en revenais pas : comment était-il donc possible qu'un garçon aussi bon que lui avec l'équipe nationale de Tchéquie n'impose pas sa griffe dans l'entrejeu chez nous. La réponse est claire : il n'avait personne sur qui s'appuyer alors qu'il avait l'embarras du choix en équipe nationale : Rosicky, Koller, Ujfalusi, Jankulovski, les solutions ne manquaient pas pour transmettre le cuir. Depuis lors, cette évolution est perceptible chez nous aussi et c'est un tout autre Polak qu'on voit à l'£uvre aujourd'hui. S'il y a un admirateur de l'Egyptien au Sporting, c'est bien moi. Parfois, quand je le vois dans ses £uvres depuis ma position, je me régale. Quel joueur ! Il est plus habile de ses pieds que moi de mes mains, c'est tout dire. Mon seul reproche, c'est qu'il ne met pas suffisamment son talent au service du collectif. J'ai cru comprendre qu'avec l'Egypte, il était leur serviteur. Chez nous, vu ses qualités, il ne se glisse pas dans ce rôle mais se sent ni plus ni moins le Pharaon en personne. Je lui ai déjà fait remarquer à plus d'une reprise qu'il avait tendance à trop en faire et qu'il devait apprendre à dépouiller son jeu. Mais à près de 33 ans, je crains qu'il ne soit trop tard. Il faut donc l'accepter comme il est. D'ailleurs, ce n'est pas un mauvais bougre. J'ai beau avoir eu quelques échanges verbaux musclés avec lui, après notre match contre Charleroi notamment, lorsqu'il avait refusé d'aller saluer le public, je m'entends à merveille avec lui. On a même beaucoup ri, dans le vestiaire de Dender, à propos de son attitude ce soir-là. Demander un changement, comme il l'a fait à un moment donné, alors que tous les remplacements avaient déjà été effectués, c'était pas vraiment futé. Il l'a réalisé après coup et a rigolé lui-même de son geste. Pour moi, il n'en reste pas moins, avant tout, Magic, le surnom que j'ai été le premier à lui donner. Et qui lui va toujours comme un gant... par bruno govers