Lors de la conférence de presse spectacle entre la Ville et le Sporting, en une seule phrase, le long contentieux de 16 ans entre les riverains du stade du Pays de Charleroi, construit illégalement, sans permis, pour l'Euro 2000, et la Ville était évacué. " C'est réglé ", nous disait-on. Pas un mot sur la façon dont les deux parties avaient convenu de mettre fin à cela. Surtout aucun chiffre. Car c'était clair que si les 54 riverains mettaient fin à ce long combat, c'est qu'ils avaient reçu des compensations financières.
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Lors de la conférence de presse spectacle entre la Ville et le Sporting, en une seule phrase, le long contentieux de 16 ans entre les riverains du stade du Pays de Charleroi, construit illégalement, sans permis, pour l'Euro 2000, et la Ville était évacué. " C'est réglé ", nous disait-on. Pas un mot sur la façon dont les deux parties avaient convenu de mettre fin à cela. Surtout aucun chiffre. Car c'était clair que si les 54 riverains mettaient fin à ce long combat, c'est qu'ils avaient reçu des compensations financières. Le chiffre a finalement été dévoilé : la ville déboursera 2,57 millions de dédommagement. Une somme conséquente, certes, mais bien loin de ce que la Ville avait estimé devoir payer puisque l'on sait, de source sûre, que la Régie foncière avait provisionné 4 millions d'euros en cas de décision de justice défavorable. " La fuite ne vient pas de nous car on est lié à une clause de confidentialité ", tient directement à préciser Béatrice Orland, du comité des riverains. " Au départ, nous demandions 6 millions d'euros de dommages car nos maisons avaient perdu beaucoup de valeur, ainsi que la remise en état des abords du stade. Nous devions passer devant le tribunal en janvier 2014 mais la ville est venue vers nous pour régler le litige à l'amiable et nous avons jugé leur offre convenable, étant donné qu'elle avait déjà montré ses bonnes intentions en démolissant trois étages. " Ce conflit réglé, la Ville a pu faire un cadeau de plus de deux millions d'euros au Sporting (voir article) et a promis au club de moderniser le stade. Mais cela se fera en concertation avec le comité des riverains afin d'éviter une nouvelle bataille juridique. Une des premières pistes consiste à fermer les coins, une fois la toiture posée, afin de faire du Mambourg un stade à l'anglaise. Mais Mehdi Bayat voit plus loin. " Il est inconcevable qu'un stade ne serve que deux fois par mois ", explique-t-il. " Il nous faut un stade multifonctionnel, là où il est. Il nous faut profiter au maximum de la situation. L'emplacement, en plein centre, est classé triple A et je ne vois pas pourquoi on n'organiserait pas d'autres événements au stade. " L'administrateur délégué du Sporting n'a rien inventé et vise en priorité l'organisation de concerts. " Pourquoi Beyoncé ne viendrait-elle pas à Charleroi ? On parle quand même de la plus grande ville de Wallonie ? " Pourtant, pas sûr que ce projet soit réaliste. Dans le cadre du grand stade national, Herman Schueremans, patron de Clearchannel, la société qui gère la plupart des gros concerts belges, avait bien dit qu'il ne pourrait pas garantir plus de trois dates par an. Une question de demande mais également de marché, la Belgique ne constituant pas spécialement une priorité pour toutes les stars américaines. Or, si Bruxelles, capitale de l'Europe, ne peut tabler que sur une poignée de gros concerts, comment Charleroi y parviendrait ? " On ne peut comparer le grand stade et celui de Charleroi ", se défend Bayat. " A Bruxelles, il faudra remplir 60.000 places. Pas à Charleroi. " Pourtant, si les stars optent pour des stades plutôt que pour des salles, c'est pour accueillir le plus de monde possible... En attendant, d'autres projets plus réalistes vont arriver sur la table, comme l'aménagement des dessous de tribunes. " Si cela se fait en concertation avec les riverains, nous ne sommes pas contre. Cela pourrait apporter de la convivialité dans le quartier ", conclut Orland. PAR STÉPHANE VANDE VELDE