Les Diables Rouges n'ont pas pesé lourd dans la balance face à la Mannschaft ?

Et pourtant, si j'en crois les journaux, les deux équipes présentaient à peu de choses près la même moyenne, tant en ce qui concerne la taille que le poids. La différence se situe donc ailleurs : je citerai à la fois la qualité intrinsèque, l'expérience et, par-dessus tout, l'envie. C'est là que le bât blesse : on n'a plus de hargne. Face à la France déjà, nos internationaux étaient des moutons et, contre l'Allemagne, ils ont encore moins mis le pied. Honnêtement, je ne reconnais plus nos représentants. Où sont donc passées la fierté du maillot et l'envie de se défoncer qui faisaient toujours redouter le pire aux meilleurs. Par le passé, les grands noms du football européen et même mondial redoutaient de devoir croiser le fer avec nous. Tout simplement parce que, sur le terrain, nous étions des empêcheurs-de-danser-en-rond. A...

Et pourtant, si j'en crois les journaux, les deux équipes présentaient à peu de choses près la même moyenne, tant en ce qui concerne la taille que le poids. La différence se situe donc ailleurs : je citerai à la fois la qualité intrinsèque, l'expérience et, par-dessus tout, l'envie. C'est là que le bât blesse : on n'a plus de hargne. Face à la France déjà, nos internationaux étaient des moutons et, contre l'Allemagne, ils ont encore moins mis le pied. Honnêtement, je ne reconnais plus nos représentants. Où sont donc passées la fierté du maillot et l'envie de se défoncer qui faisaient toujours redouter le pire aux meilleurs. Par le passé, les grands noms du football européen et même mondial redoutaient de devoir croiser le fer avec nous. Tout simplement parce que, sur le terrain, nous étions des empêcheurs-de-danser-en-rond. Aujourd'hui, il n'y a pas plus agréable sparring-partner que notre équipe nationale. Un détail qui en dit long sur ce changement : rarement, dans le temps, nous étions invités à donner la réplique aux nations fortes. Aujourd'hui, elles se pressent en rangs serrés pour jouer contre nous. Non seulement la France et l'Allemagne, mais même l'Angleterre vient de solliciter l'URBSFA en ce sens. C'est dire si la situation a changé du tout au tout. Et pas vraiment en bien, malheureusement. Je ne veux pas jouer les oiseaux de mauvais augure mais il est grand temps, selon moi, que le sélectionneur, Aimé Anthuenis, entre dans le vif du sujet. Jusqu'à présent, il a ratissé large, à l'image de ce qu'avait fait Guy Thys autrefois. A cette différence près qu'après avoir supervisé l'essentiel des forces vives en Belgique, l'Anversois savait où il allait. Le coach actuel, lui, a passé en revue 42 joueurs jusqu'à présent et se trouve pour ainsi dire toujours à la case départ. La question que je me pose après le match à Cologne est de savoir s'il est réellement plus avancé aujourd'hui, après avoir envoyé au casse-pipes des garçons comme Jonathan Blondel ou Luigi Pieroni : l'un ne jouait manifestement pas à sa meilleure place tandis que l'autre avait beau se démener comme un beau diable, les ballons n'arrivaient manifestement pas dans ses pieds, faute d'un approvisionnement valable. D'autre part, la titularisation de Didier Dheedene au centre de la défense était-elle vraiment pertinente, entendu qu'on l'avait vu rarement évoluer à cette place ? Sur toute la ligne, les intentions et options auront été bien malheureuses. Et c'est quand même inquiétant à quelques mois de notre entrée en matière lors des qualifications pour la Coupe du Monde 2006. La machine s'est arrêtée et le Sporting ne parvient manifestement plus à relancer le moteur. Le même phénomène était perceptible dans le chef de Bruges, la saison passée, qui avait vu lui aussi son avance fondre comme neige au soleil, semaine après semaine, faute d'être poussé dans ses derniers retranchements par un adversaire qui le talonnait au classement. Le Club n'avait pas réussi non plus à redresser la barre et tout porte à croire qu'Anderlecht n'y arrivera pas non plus. Sauf si Hugo Broos daigne changer son fusil d'épaule. A Beveren, il est apparu clairement qu'un Pär Zetterberg aurait été utile pour déjouer l'opposition beverenoise, ô combien naïve parfois, comme on a pu s'en rendre compte le week-end passé face au Standard. Repêché samedi, en cours de deuxième mi-temps, le Suédois montra davantage en l'espace de 20 minutes que certains de ses partenaires en plus d'une heure de jeu. Si Michal Zewlakow est jugé indispensable par l'entraîneur anderlechtois, je ne comprends pas qu'il persiste à snober celui qui reste, pour moi, le meilleur meneur de jeu des Mauves. Et je ne suis sûrement pas le seul de cet avis. Les Zèbres se sont fait battre par un adversaire direct pour le maintien, Heusden-Zolder, tandis que l'Antwerp, autre malmené, a gagné contre Genk. Dans ces conditions, la lutte pour la survie en D1 est relancée. Et Charleroi, qui se croyait déjà à l'abri, est renvoyé à ses chères études. Avec un premier examen en perspective, lundi prochain, contre le Club Brugeois. Robert Waseige n'est pas près de rallier l'Algérie... Propos recueillis par Bruno Govers