Seol Ki-Hyeon : "Mes débuts en Belgique ne furent pas aisés. Chez nous, le fait de se moucher en présence d'autres personnes est très impoli: il faut sortir ou s'isoler. Ici, les gens se mouchent même à table! Mais la plus grande différence que j'ai notée concerne l'heure d'ouverture des magasins. En Corée, les gens travaillent la journée et font leurs achats le soir mais ici, tout est fermé très tôt. Au début, j'ai dû m'habituer: à chaque fois que je voulais acheter quelque chose, tout était fermé (il rit). Pour ce qui est de la météo, il n'y a pas tellement de différence entre la Corée et la Belgique, sauf qu'il pleut moins dans mon pays. D'ailleurs, quand il pleut, on ne joue pas (il rit) et en hiver non plus.
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Seol Ki-Hyeon : "Mes débuts en Belgique ne furent pas aisés. Chez nous, le fait de se moucher en présence d'autres personnes est très impoli: il faut sortir ou s'isoler. Ici, les gens se mouchent même à table! Mais la plus grande différence que j'ai notée concerne l'heure d'ouverture des magasins. En Corée, les gens travaillent la journée et font leurs achats le soir mais ici, tout est fermé très tôt. Au début, j'ai dû m'habituer: à chaque fois que je voulais acheter quelque chose, tout était fermé (il rit). Pour ce qui est de la météo, il n'y a pas tellement de différence entre la Corée et la Belgique, sauf qu'il pleut moins dans mon pays. D'ailleurs, quand il pleut, on ne joue pas (il rit) et en hiver non plus. Les six premiers mois furent très difficiles mais, à présent, je me sens bien. En Corée, le système est différent. Au lieu de s'affilier à un club, les footballeurs vont d'abord à l'école, où ils peuvent combiner le sport et les études. Ce n'est qu'après qu'ils portent le maillot d'un club. Le football au niveau amateur est dirigé par les universités et on n'entre dans le circuit professionnel qu'après avoir terminé ses études. En Corée, être professionnel, cela veut dire avoir obtenu son diplôme. J'ai reçu des propositions financièrement plus intéressantes en Corée qu'ici et, au début, je ne voulais pas venir. Mais mon transfert s'insère dans le cadre d'un projet national, la fédération m'a plus ou moins obligé à venir afin de me préparer pour la Coupe du Monde.En Europe, le football coréen n'est pas reconnu et nous sommes donc avant tout venus sur le Vieux Continent pour apprendre et nous préparer dans l'optique de la Coupe du Monde 2002. Mais pourquoi la Belgique? Ça, il faut le demander à nos managers. Au début, la Belgique n'était pas tellement connue en Corée, si ce n'est pour le 1-1 lors du Mondial français. Mais aujourd'hui, on parle de moi chaque semaine dans les journaux et beaucoup de joueurs coréens envisagent de venir ici avant de passer dans des championnats plus huppés comme ceux d'Espagne ou d'Angleterre. Après chaque match, on me téléphone de là-bas.Ici, le football est plus rude, plus physique, on tackle davantage. Comme il pleut beaucoup, il est plus difficile de contrôler le ballon. A l'entraînement, on fait beaucoup circuler le ballon et on s'entraîne plus individuellement. En Corée, on fait tout ensemble. Ici, on laisse plus de liberté à l'individu. L'entraîneur me répète tout le temps que je ne peux pas me laisser bousculer par l'adversaire. On attend toujours beaucoup des étrangers, c'est pareil en Corée du Sud. Si nous voulons évoluer dans de plus grands clubs, nous avons intérêt à nous montrer. Nous ressentons une certaine pression et des difficultés. Au début, je sentais que j'avais moins de crédit: on me passait moins rapidement le ballon parce que on ne me faisait pas encore confiance. Ce n'est cependant plus le cas, je sens désormais que je fais partie de l'équipe. Mais je ressens également une certaine pression de Corée car, chaque semaine, on m'épie.A la Coupe du Monde, tout sera en anglais, les gens n'ont donc pas de souci à se faire même s'il ne connaissent pas notre alphabet (il rit). Pour le football asiatique, c'est une belle occasion de montrer que nous avons progressé. Le football est très populaire en Corée mais les gens préfèrent le regarder à la télévision qu'aller au stade, comme ici. L'équipe nationale attire cependant beaucoup de monde, surtout depuis qu'on sait que nous organiserons la Coupe du Monde 2002. On a investi beaucoup d'argent pour construire des stades de 40.000 personnes, sans piste d'athlétisme, par exemple. Avant, les enceintes ressemblaient davantage au stade du Heysel. Nous avons fait tout cela pour nous mais aussi pour montrer aux Japonais, nos grands rivaux, de quoi nous étions capables. C'est passionnel. Beaucoup de gens pensent que la Corée du Nord et la Corée du Sud sont ennemies mais nous nous sentons tous Coréens et la lutte n'est pas aussi forte qu'on le croit. On investit beaucoup afin de développer le football en Corée du Nord mais la différence de niveau est encore très sensible..." Raoul De Groote