Depuis le début de la saison, Cagliari n'aligne qu'un seul étranger. Il est belge. Il s'appelle Radja Nainggolan, il est excellent. C'est épatant et intriguant. Mais d'où viennent les étrangers des grands championnats européens ? En série A, ils reflètent bien l'histoire du pays. Les Italiens ont toujours été un peuple de migrants. En Europe mais aussi, beaucoup, en Amérique du Sud. Et que voit-on quand on regarde les passeports des joueurs du Calcio ?
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Depuis le début de la saison, Cagliari n'aligne qu'un seul étranger. Il est belge. Il s'appelle Radja Nainggolan, il est excellent. C'est épatant et intriguant. Mais d'où viennent les étrangers des grands championnats européens ? En série A, ils reflètent bien l'histoire du pays. Les Italiens ont toujours été un peuple de migrants. En Europe mais aussi, beaucoup, en Amérique du Sud. Et que voit-on quand on regarde les passeports des joueurs du Calcio ? 47 sont Argentins. Ils sont les mieux représentés devant les 44 Brésiliens et les 20 Urugayens. La plupart ont au moins un parent avec du sang italien. Les Italiens, d'où qu'ils viennent, ont le foot dans le sang, on le sait. Et une bonne partie d'entre eux a la double nationalité. Certains clubs profitent à merveille de cette réglementation. Catane aligne chaque week-end 9 Argentins... Quand dans son championnat on compte un club qui s'appelle l'Internazionale, ça aide. Il est né en 1908 de la dissidence de joueurs du Milan AC qui voulaient ouvrir leur club aux étrangers. Ils ont formé l'Inter qui porte mieux que jamais son nom : son 11 de base est composé à 100 % d'étrangers. Et contre l'Udinese, sur les 28 joueurs alignés, il y avait cinq Italiens. On totalise 45 % d'étrangers en Serie A. Dont quatre Belges : Jean-FrançoisGillet brille dans les buts de Bari, le Bolognais GabiMudingayi marque (et est même élu homme du match contre la Lazio), Nainggolan est depuis deux semaines le meilleur de Cagliari et LuisCavanda vient de débuter à la Lazio. Mais certains compatriotes se crashent en Bundesliga. Si Gillet préserve ses filets, Logan Bailly y passe beaucoup de temps. Il y a retrouvé 19 fois lors des six premiers matchs l'objet de son dépit actuel. Dans l'élite allemande, il y a 49,4 % d'étrangers : un joueur sur deux ! Les mieux représentés sont les Brésiliens : ils sont 23 à donner un air de samba au foot teuton. Derrière, on trouve les Croates emmenés par la star IvicaOlic, partenaire de Big Dan, le chef de file de TimmySimons et le trio de Gladbach Bailly, FilipDaems et Igorde Camargo. Les conquêtes passées de certains pays expliquent aussi pourquoi des hommes, des joueurs doivent quitter leur terre pour vivre. Les Européens ont pillé l'Afrique de toutes ses richesses, puis ses joyaux footeux viennent chez nous pour la trouver. Comme le disait un ancien coéquipier zaïrois : " Il est temps de rembourser la dette coloniale, mon frère ". Qui parle de colonies parle aussi et surtout de la France. Derrière les Brésiliens qui représentent 10 % des expats de L1, c'est toute l'histoire des colonies françaises qu'on y trouve avec les Sénégalais, Maliens, Ivoiriens et Camerounais. En France, on ne trouve que 40 % de passeports étrangers. Parmi eux deux petits Belges : EdenHazard à Lille, David Pollet à Lens... Les rois de l'import sont les Anglais. Leur démesure offre 334 étrangers sur 521 pros en Premier League. Ça nous fait 64 %. Avec les Français en tête : 31. Si on enlève les Britanniques (Gallois, Irlandais et Ecossais), le podium donne France, Hollande, Espagne. C'est là aussi qu'on trouve le plus de nos petits Belges : neuf. Lors de Fulham-Wolverhampton, tous les buts furent belges : un doublé de MoussaDembélé a répondu à JelleVan Damme. Cela faisait 10 ans qu'une rencontre de Premier League ne s'était terminée avec des buteurs 100 % moules frites grâce à Gilles De Bilde et Branko Strupar. Le label belge est absent chez les Espagnols. Là-bas, aussi, ce sont les Argentins, Brésiliens et Uruguayens qui forment l'essentiel des 38 % d'étrangers. Ce n'est certainement pas un hasard si c'est au pays du régionalisme le plus assumé que les étrangers sont les moins nombreux. Pourvu, donc, que notre pays reste celui du surréalisme le plus assumé. Pourvu que notre foot garde ses vertus fédératrices. Comme disait le chanteur Arno : " L'union fait la force, ici c'est la vie en rose " Je n'ai jamais pu m'acclimater à l'Italie. J'avais l'impression de vivre dans un pays étranger ". Ian Rush par fred waseige, journaliste betvDepuis le début de la saison, Cagliari n'aligne qu'un seul étranger. Il est belge, s'appelle Radja Nainggolan et c'est le meilleur !