Thibaut Courtois n'a pas arrêté depuis 2011 et le titre avec Genk : chaque année, il a accroché au moins un trophée avec son club. A côté de toutes ses distinctions individuelles. Et en 2016 ? Euh... toujours rien. La faute à la campagne pourrie de Chelsea. Et maintenant, on fait quoi ? ...
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Thibaut Courtois n'a pas arrêté depuis 2011 et le titre avec Genk : chaque année, il a accroché au moins un trophée avec son club. A côté de toutes ses distinctions individuelles. Et en 2016 ? Euh... toujours rien. La faute à la campagne pourrie de Chelsea. Et maintenant, on fait quoi ? ... THIBAUT COURTOIS : Ouais... (Il rigole). On n'a pas fait une bonne saison à Chelsea, c'est clair. On a eu une occasion de la commencer très bien en jouant la Supercoupe contre Arsenal. On l'a perdue, et après ça, on n'a jamais réussi à s'en sortir. COURTOIS : Quand tu es dans le bas du classement après deux ou trois mois, tu n'es pas aveugle, tu sais que ça devient impossible de faire quelque chose en championnat. Après, on avait toujours la Coupe d'Angleterre et la Ligue des Champions. Mais on est tombés contre un Everton qui jouait mieux que Chelsea à ce moment-là. Idem avec le Paris Saint-Germain. Comme joueurs, on n'était pas à notre niveau, c'est tout simple comme explication. Il ne faut pas en chercher ailleurs. COURTOIS : Evidemment, on rêve tous d'aller en finale et de la gagner. Mais ça va être dur, hein ! Le chemin va être long. Il faudra être là dès les premiers matches. Après, on peut croiser un gros dès les huitièmes. Et encore en quarts. Si on ne gagne pas directement contre l'Italie, il va falloir s'accrocher. L'Irlande et la Suède, ce ne sont pas des matches qu'on va gagner les doigts dans le nez. La pression est énorme, c'est sûr, mais je crois qu'on saura la gérer. COURTOIS : La presse en a tellement parlé, dès ce soir-là, que c'était difficile de ne pas être au courant. Mais ça ne veut peut-être pas dire grand-chose. Au Brésil, tout le monde nous voyait jouer contre le Portugal en huitièmes de finale, on a finalement eu les Etats-Unis. Qu'on essaie d'abord de bien jouer pour finir en tête de notre groupe. On ne doit surtout pas croire qu'on est déjà en huitièmes. Etre trop sûr de soi, ça pourrait avoir des conséquences dramatiques. COURTOIS : Il n'aime pas quand la presse belge nous met comme favoris. Personne n'aime ça dans le noyau. On fait quoi de l'Espagne, de l'Allemagne, de la France ? On est plus des outsiders que les grands favoris. On doit y aller tranquille, c'est ce que le coach veut. Et c'est tout à fait vrai que les Espagnols et les Allemands ont gagné plus de prix que nous. Même si, pour moi, la vraie question n'est pas là. Je pense que l'expérience est plus importante qu'un palmarès. Et de l'expérience, on en a plein. COURTOIS : Je ne crois pas. Avoir un palmarès, ça te vaut du respect. Tu lis dans les yeux de l'adversaire qu'il se dit qu'il affronte des gars qui ont gagné beaucoup de choses. Il ne te prend pas de haut et peut-être qu'au bout du compte, il devient moins bon dans ce match parce qu'il pense trop à ce que tu as déjà réussi. Maintenant, si tu as dans ton équipe des gars qui n'ont pas gagné grand-chose mais qui sont au top de leur forme, c'est tout aussi valable. COURTOIS : C'est sûr. On sait maintenant comment ça fonctionne : la vie en groupe pendant une longue période, les relations avec la presse, l'organisation. Mais bon, tout ça, on le côtoie aussi avec nos clubs. On joue, presque tous, des gros matches internationaux pendant toute la saison. Il y a les rendez-vous avec les Diables, les campagnes de Ligue des Champions. Finalement, il n'y aura pas, en France, énormément de joueurs qui ont joué plus de deux ou trois tournois. Même le groupe de l'Espagne a été méchamment rajeuni. Et les Espagnols qui étaient au Brésil ne sont pas tous des joueurs qui ont gagné une Coupe du Monde ! Tout ça, on ne doit pas l'oublier. On ne doit pas faire de complexes. COURTOIS : Il faut savoir être plus malin dans certaines situations. Comme les Argentins l'ont fait contre nous. Après leur but, ils ont tout fermé. Kun Agüero était blessé, Angel Di Maria a dû sortir sur blessure après une demi-heure, Lionel Messi n'était pas au top ce jour-là, mais ça ne les a pas fait paniquer. Ils savaient qu'ils devaient fermer le match pour nous battre. Ils avaient vu que les Américains avaient ouvert contre nous et qu'on leur avait fait très mal. Au bout du compte, on n'a pas su produire assez de jeu pour avoir une seule grosse occasion contre les Argentins. C'était leur mérite. COURTOIS : Ça m'étonnerait. Tout le monde sait maintenant comment on joue, il y a beaucoup d'adversaires qui vont miser sur la contre-attaque. Ils vont chercher des espaces dans notre dos. Je prévois que les Italiens vont jouer au ballon comme ils sont venus le faire en amical à Bruxelles, mais les Irlandais et les Suédois vont fermer et nous attendre. COURTOIS : Je regardais plus Edwin van der Sar parce qu'on a plus ou moins le même gabarit et le même style. Aujourd'hui, bien sûr, Buffon m'inspire aussi. COURTOIS : Il y a Neuer, Buffon, David de Gea. COURTOIS : Je dirais dans le top 3 mondial. Un gardien est comme un joueur de champ : s'il pense lui-même qu'il fait partie des meilleurs, ça lui donne encore un boost supplémentaire et ça lui permet de continuer sa progression. C'est important de croire en soi, ça fait partie du job, du développement mental. COURTOIS : Les critiques... Quand une équipe ne tourne pas, c'est inévitable qu'on attaque son gardien de but. Ça peut venir très vite et c'est parfois injuste. Je sais me juger, je sais quand je n'ai pas été bon. Ce que les gens disent, ça glisse sur ma carapace. Je ne vais quand même pas commencer à me tracasser pour tout ce qui paraît sur les réseaux sociaux, par exemple. Si je lis tout ça, je me casse la tête. Pour des trucs postés par des gens qui ne connaissent rien au foot. Un jour, je suis le plus mauvais gardien du monde. Le week-end suivant, je fais un arrêt un peu fou et je deviens le meilleur. Le plus important, c'est ce que mon entraîneur me dit. Moi, je sais que je n'ai jamais rien lâché. L'esprit de guerrier, c'est ce qui fait la différence entre un grand joueur et un très grand joueur. Tous les gars du top mondial ont ça. COURTOIS : Evidemment, tu es encore plus déçu quand ça arrive dans une période où il y a des rendez-vous pareils. En plus, quand c'est le genou qui est touché, tu sais que ça va prendre beaucoup de temps pour revenir. Après l'Italie, on aurait aussi dû jouer l'Espagne s'il n'y avait pas eu l'annulation à cause des attentats de Paris et c'est un match que j'avais noté depuis longtemps parce que j'allais revoir pas mal de gars rencontrés en Liga. Mais je vois le côté positif : il valait mieux me blesser à ce moment-là qu'à l'approche de l'EURO. Tu dois être fort dans la tête pour revenir vite, je l'ai été. COURTOIS : Etre champion d'Angleterre avec Chelsea, c'est beau mais ça fait partie des objectifs. Chaque année, on doit se battre pour ça. Il n'y avait pas les mêmes ambitions à l'Atlético. Le but, c'était de terminer dans le top 3. Alors, quand tu finis champion... C'est bien plus difficile d'être champion avec l'Atlético qu'avec Chelsea. Comme c'était, sur le papier, presque impossible d'être champion de Belgique avec Genk. Quand tu gagnes la Coupe d'Espagne en battant le Real en finale, c'est aussi quelque chose. Et puis il y a eu l'Europa League et la Supercoupe d'Europe. J'ai été champion dans les deux meilleurs championnats du monde, c'est aussi un truc que je retiens. COURTOIS : Je constate surtout que c'est plus physique. Les arbitres laissent énormément jouer. Dans certains matches, je prends des coups de coude dans le visage, on me tient le maillot au point que je ne sais pas sortir, mais le jeu continue. COURTOIS : Ils voient mais ils laissent passer. Pour eux, c'est du foot, c'est correct. Les arbitres anglais ne protègent pas du tout les gardiens. Ils estiment qu'un gardien doit être très costaud dans son box. " On ne doit surtout pas croire qu'on est déjà en huitièmes. Etre trop sûr de soi, ça pourrait avoir des conséquences dramatiques. " - THIBAUT COURTOIS " Si on ne gagne pas contre l'Italie, il va falloir s'accrocher. L'Irlande et la Suède, ce ne sont pas des matches qu'on va gagner les doigts dans le nez. " - THIBAUT COURTOIS