Quand le Standard arrêtera-t-il de donner raison à Jean-Charles De Keyser, le patron de Belgacom TV qui s'est encore plaint, il y a un mois, de la qualité de certains matches de championnat ? Bien sûr, De Keyser sort constamment le même argument pour faire baisser le montant des droits, mais samedi soir, à Gand, les Rouches lui ont donné raison. Ils ont reçu un premier but cadeau et ont ensuite cru qu'il suffirait de dérouler pour s'imposer. Mais le football punit toujours ceux qui ne se donnent pas à fond. Dès que l'on commence mal un match en termes de volonté et de concentration, c'est toujours hyper difficile de renverser la tendance. On se place soi-même dans une attitude de perdant et quand on doit, en plus, encaisser un penalty inexistant (qui put même être redonné après un premier save de ...

Quand le Standard arrêtera-t-il de donner raison à Jean-Charles De Keyser, le patron de Belgacom TV qui s'est encore plaint, il y a un mois, de la qualité de certains matches de championnat ? Bien sûr, De Keyser sort constamment le même argument pour faire baisser le montant des droits, mais samedi soir, à Gand, les Rouches lui ont donné raison. Ils ont reçu un premier but cadeau et ont ensuite cru qu'il suffirait de dérouler pour s'imposer. Mais le football punit toujours ceux qui ne se donnent pas à fond. Dès que l'on commence mal un match en termes de volonté et de concentration, c'est toujours hyper difficile de renverser la tendance. On se place soi-même dans une attitude de perdant et quand on doit, en plus, encaisser un penalty inexistant (qui put même être redonné après un premier save de Sinan Bolat), rien de plus normal que d'être bousculé par des Buffalos spécialistes du rouleau compresseur. Le match se situait trois jours avant le déplacement à Arsenal en Champions League et le Standard a désormais l'habitude de ne pas être à la hauteur avant et après un match européen. Il comptait aussi quelques blessés, certes, mais quel club n'a pas de blessés ? Ce n'est pas une excuse pour un champion qui donne désormais l'impression de jouer à la carte dans cette première partie de compétition, où les points comptent finalement pour moitié. Autant on a l'impression que les playoffs seront passionnants (parce que - justement -, les écarts ne seront pas énormes entre les prétendants), autant on regrette l'effet pervers de cette mesure dans la phase actuelle. On aimerait ne devoir parler que de ça, finalement, de problèmes purement sportifs. Mais dernièrement, ça craint. En France, Thierry Henry a manqué une chouette occasion de devenir un héros du sport en signalant de lui-même qu'il avait fait hands sur le but des Coqs. Et la fédération française a manqué la possibilité d'effacer ce qui restera une tache sur son blason en ignorant la proposition de replay des Irlandais, et en se rétractant derrière le règlement FIFA. La sportivité n'existe plus. Samedi, Michel Preud'homme a dit : " La ruse fait partie du football, pas la tricherie. Laissez les joueurs tranquilles et demandez qu'on impose la vidéo. " OK, elle réparerait les grosses injustices comme la main d'Henry et le trucage de Zlatan Ljubijankic. Mais la vidéo ne réparera jamais le manque de fair-play qui pourrit tant l'ambiance. Sous les caméras, MPH et Laszlo Bölöni se sont frités... Après le match, Dominique D'Onofrio et des dirigeants du Standard ont été pris dans une bagarre en rejoignant leur parking en dehors du stade. Après la bagarre, Pierre François a dit que les discours d'éthique d' Ivan De Witte ne servaient à rien s'il était incapable de protéger ses adversaires. Après le week-end, on s'est souvenu de ce qu' Alain Courtois disait dans le cadre du colloque organisé au Sénat il y a dix jours (cf. A Suivre, p. 25) : " Il faut nettoyer la maison du foot et arrêter cette guerre des mots et des égoïsmes. " Le sociologue de l'ULB Jean-Michel De Waele (un amoureux du foot) y critiqua " le manque de professionnalisme de la gestion du foot pro en Belgique qui ne voit que les résultats à court terme et se replie sur lui-même, n'osant pas son autocritique et ne s'ouvrant pas aux compétences d'autres secteurs. Les clubs sont gérés de manière familiale comme au 19e siècle, alors qu'on en est à la mondialisation. De plus, ils se font aussi la guerre et se critiquent, entretenant souvent de mauvaises relations avec la presse au lieu d'élever le niveau. On est la Palestine du football mondial... " C'est vrai que la Belgique a du retard. Pas seulement dans la construction des stades ou dans les affaires Nabil Dirar et Vincent Kompany, incapables de respecter leurs rendez-vous. Mouscron, aussi, qui n'honore pas ses dettes et qui, du coup, attaque l'Union belge en justice ! N'oubliez jamais, Messieurs les dirigeants, que l'exemple doit venir de vous. Que vous devez être irréprochables. Autrement vos joueurs et vos entraîneurs ne le seront pas et vos supporters seront dégoûtés.l PAR JOHN BAETE" La ruse fait partie du football, pas la tricherie. Laissez les joueurs tranquilles et demandez qu'on impose la vidéo. (Michel Preud'homme)"