Samedi, lors du Fan Day, à Ostende, le capitaine de notre équipe nationale a pris la parole et a prôné la solidarité et l'unité avec les supporters. Dans sa carrière, il n'a jamais dénigré ses fans mais a pourtant tendance à s'en éloigner petit à petit. Son comportement envers les journalistes, dont le seul défaut avait été de relever ses nombreuses absences lors des matches amicaux, à l'issue de la rencontre de jeudi en est le dernier exemple. En refusant de s'arrêt...

Samedi, lors du Fan Day, à Ostende, le capitaine de notre équipe nationale a pris la parole et a prôné la solidarité et l'unité avec les supporters. Dans sa carrière, il n'a jamais dénigré ses fans mais a pourtant tendance à s'en éloigner petit à petit. Son comportement envers les journalistes, dont le seul défaut avait été de relever ses nombreuses absences lors des matches amicaux, à l'issue de la rencontre de jeudi en est le dernier exemple. En refusant de s'arrêter et de répondre à quelques questions, s'est-il seulement rendu compte qu'il coupait ce lien qu'il évoque sans cesse ? Déjà à la Coupe du Monde, VincentKompany n'avait pas fait montre d'une grande disponibilité envers les médias belges, attendant le dernier jour de l'aventure brésilienne pour daigner rendre visite aux médias, là où d'autres joueurs étaient déjà venus à trois reprises. Cela fait désormais deux ans qu'il ne donne plus d'interviews individuelles, trop nombreuses pour toutes les satisfaire, dit-il. Or, cet anathème ne s'arrête qu'à la presse de son pays, celle qui sert de lien entre le public belge et ses glorieux expatriés. Le calcul est pourtant simple : quotidiens, hebdomadaires sportifs, radio et télévisions comprises, on n'atteint pas 15 demandes belges sérieuses par an. Le capitaine de notre équipe nationale n'aurait donc pas 15 heures par an à consacrer à ses obligations médiatiques belges ? En optant pour les réseaux sociaux comme relais médiatique, il a choisi une communication aseptisée, bien éloignée de la franchise et de la cordialité qu'il défend. Il a analysé les rouages médiatiques et compris que la rareté de ses apparitions était inversement proportionnelle à l'écho de ses propos. Certes, l'omniprésence peut conduire à une dilution du discours au sein d'un concert médiatique alimenté par le buzz permanent mais l'absence n'a jamais permis de développer un lien fort entre la star et le public. Et surtout elle génère un sentiment d'inaccessibilité, contraire à la communion désirée par Vincent Kompany. En jouant l'intégralité du match face à l'Australie, à la surprise générale, Kompany a voulu montrer qu'il ne snobait pas le public belge. Il ne lui reste plus qu'à traduire son comportement en paroles. AVEC STÉPHANE VANDE VELDEEn refusant de s'arrêter, Kompany s'est-il rendu compte qu'il coupait ce lien qu'il évoque sans cesse ?