OK, ils peuvent encore craquer. Sous la pression. Surtout que la pression du titre, ils ne la connaissent pas. Mais on a quand même l'impression que les Gantois ont fait une affaire en or ce week-end, qu'ils ont bien négocié leur virage le plus important des play-offs. Pendant que les Brugeois ne supportent plus l'accumulation des matches et les temps de récupération limités, pendant que Michel Preud'homme s'en plaint (et il a bien raison), les gars de HeinVanhaezebrouck ne se sont pas posé de questions, ils se retrouvent enfin en tête à la fin d'un week-end après y a...

OK, ils peuvent encore craquer. Sous la pression. Surtout que la pression du titre, ils ne la connaissent pas. Mais on a quand même l'impression que les Gantois ont fait une affaire en or ce week-end, qu'ils ont bien négocié leur virage le plus important des play-offs. Pendant que les Brugeois ne supportent plus l'accumulation des matches et les temps de récupération limités, pendant que Michel Preud'homme s'en plaint (et il a bien raison), les gars de HeinVanhaezebrouck ne se sont pas posé de questions, ils se retrouvent enfin en tête à la fin d'un week-end après y avoir déjà goûté en attendant les résultats de rivaux qui jouaient quelques heures plus tard. Gand champion... Imaginez... Une mauvaise nouvelle pour notre foot ? Non, c'est tout le contraire. En attaquant le problème par plusieurs côtés, on peut même se dire que c'est peut-être la meilleure chose qui pourrait arriver. Pourquoi ? Parce que Gand a un coach qui fait souffler un vent rafraîchissant sur le championnat. Vanhaezebrouck a de bonnes idées foot (c'est quand même ce qu'on lui demande en priorité) mais pas que. HVH est sympa, souriant, accessible, marrant, cohérent dans ses analyses de matches. Il a la grosse tête mais ce n'est qu'au sens propre. Parce que Gand a foncé dans le dossier de son stade pendant que plein d'autres clubs enchaînaient pas en avant et pas en arrière. Le futur théâtre de Bruges et d'Anderlecht ? C'est plein de points d'interrogation et ça semble tellement loin. Ailleurs, on rafistole, on abat une tribune pour en construire une autre, on démonte, on remonte. Meccano ou Ikea, c'est comme vous voulez. Nous, on préfère la solution Ghelamco. Le stade gantois est un phare, un bâtiment superbe qui en jette à des centaines de mètres à la ronde. Parce que Gand provoquerait peut-être un virage dans notre championnat s'il émergeait dans la course au titre. Une participation à la Ligue des Champions, c'est à la grosse louche une quinzaine de millions d'euros qui tombent. A condition de ne pas aller plus loin que la phase de groupe, mais c'est de toute façon toujours comme ça pour nos clubs. Et une quinzaine de millions pour une équipe comme La Gantoise, c'est la possibilité de se rapprocher des Big 3 traditionnels au niveau pépettes. On a tout à y gagner. Et aussi parce que Gand dégage une image sympathique. Ça peut évidemment changer très vite dans ce monde où il suffit d'une grosse victoire pour se prendre au sérieux, mais on ne voit pas encore là-bas les comportements et caprices de divas observés dans les grands clubs historiques. Les selfies pris lors de virées en boîte et postés instantanément, les voitures explosées, l'arrogance... des maux qui n'ont pas encore pénétré le beau mastodonte Ghelamco. Ça peut toujours venir. Le plus tard sera le mieux.AVEC PIERRE DANVOYEHein Vanhaezebrouck a la grosse tête. Mais ce n'est qu'au sens propre.