Parfois, en football comme dans la vie, un mot peut cacher plusieurs significations et, selon le contexte, s'avérer positif ou négatif. Prenez le mot rotation, oh combien connoté sous nos latitudes depuis le fiasco du principe de la tournante mis en place par le Standard l'année passée en Europa League. A l'époque, la rotation s'apparentait à l'exact opposé de la stabilité, ce mot au parfum romantique, gage de tout succès probant dans le monde du football.
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Parfois, en football comme dans la vie, un mot peut cacher plusieurs significations et, selon le contexte, s'avérer positif ou négatif. Prenez le mot rotation, oh combien connoté sous nos latitudes depuis le fiasco du principe de la tournante mis en place par le Standard l'année passée en Europa League. A l'époque, la rotation s'apparentait à l'exact opposé de la stabilité, ce mot au parfum romantique, gage de tout succès probant dans le monde du football. Pourtant, n'est-ce pas cette même rotation qui, largement utilisée dans les grands clubs anglais, permettait aux joueurs d'outre-Manche de garder la fraîcheur nécessaire pour les grandes rencontres, et aux remplaçants d'accumuler de l'expérience ? Pourquoi cette rotation chère aux managers anglais ne fonctionnerait-elle pas en Belgique ? Les noyaux sont certes moins pléthoriques mais le calendrier tout aussi chargé... Oui mais voilà la rotation, c'est un peu comme un grand cru de Bourgogne. L'abus nuit gravement ! Poussée à outrance, cette rotation déstabilise plus qu'elle ne construit un noyau. Et comme le dirait Horace, ce poète latin du 1er siècle avant Jésus-Christ, " D'Or est le juste milieu, et qui le choisit est à l'abri, échappe au sordide d'un toit malpropre, échappe par sa mesure à l'envie que suscite un palais ". Tout serait donc dans l'équilibre entre renouvellement salutaire et colonne vertébrale nécessaire. A cela, vous ajoutez une dose de chance. Car pour que la rotation fonctionne, il faut qu'elle...marche. N'a-t-on pas loué, une année, Arsène Wenger, arrivé en finale de la Coupe de la Ligue anglaise avec une formation de jeunes pousses ? Or, appliquant le même principe, Arsenal se faisait éliminer très tôt dans l'épreuve l'année suivante. D'une année à l'autre, cette rotation passait du statut de stratégie novatrice à celui de politique méprisante pour les supporters. Le débat de la rotation est infini, instruit souvent en fonction des objectifs de chacun. Ainsi, ce lundi, un édito de L'Equipe félicitait Saint-Etienne, pourtant battu par Marseille (2-1), d'avoir fait tourner son effectif en vue de l'Europa League. Nos voisins français, déprimés par leur recul au ranking UEFA depuis qu'ils ont été dépassés par le Portugal et la Russie, avaient enfin trouvé une équipe désireuse de jouer à fond la compétition européenne. Et rien que cela justifiait l'appel à la rotation... ?AVEC STÉPHANE VANDE VELDE" La rotation, c'est un peu comme un grand cru de Bourgogne : l'abus nuit gravement ! "