Ivan Santini est partagé entre les émotions. D'un côté, la terrible gueule de bois qui suit la déroute à Malines et la perspective de matches de play-offs 2 dont tout le monde se fout. De l'autre, la finale de la Coupe de Belgique, son retour confirmé dans l'équipe de base, les buts qu'il a marqués ces dernières semaines et sa paternité récente - Ivan et Ivana ont accueilli Iva...
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Ivan Santini est partagé entre les émotions. D'un côté, la terrible gueule de bois qui suit la déroute à Malines et la perspective de matches de play-offs 2 dont tout le monde se fout. De l'autre, la finale de la Coupe de Belgique, son retour confirmé dans l'équipe de base, les buts qu'il a marqués ces dernières semaines et sa paternité récente - Ivan et Ivana ont accueilli Iva... Le Croate n'a rien d'un extraverti. Le sourire reste timide, le ton est posé, le débit est lent. Rien à voir avec l'attaquant qui, par moments, se transforme en déménageur dans les rectangles. Pour expliquer sa saison, il commence par une anecdote qui illustre toute la difficulté de ses premiers mois à Liège. IVAN SANTINI : Tu sais que j'ai joué un match avec la Réserve ? Oui, avec la Réserve. Je n'avais jamais connu ça depuis mon arrivée en Belgique. Et ce n'est pas pour ça que je suis venu au Standard. SANTINI : Oui. J'aurais pu refuser. Mais j'ai accepté. A la limite, ça me faisait plaisir. C'était à une période où je ne jouais pratiquement plus. Je passais mon temps en tribune, sur le banc, au mieux j'avais quelques minutes de jeu. Donc, ça me convenait de rejouer, même dans un match sans enjeu et sans public. C'était Saint-Trond en face, on a gagné, j'ai marqué. Et j'aurais été prêt à prolonger l'expérience. Pour moi, ça pouvait me permettre de retrouver les sensations et la confiance. SANTINI : Il y a des attaquants qui ont besoin de mettre beaucoup de buts pour se sentir bien. Moi, je peux trouver le bonheur dans d'autres choses. Bien garder des ballons chauds, donner des passes dangereuses, gagner beaucoup de duels, bien défendre. Certains attaquants ne font qu'attendre dans le rectangle. S'ils ne reçoivent pas de bonnes passes, ils ne marquent pas et leur match est un échec personnel. Ils ont été inutiles. Chez moi, ça arrive rarement parce que je gère toujours quelques autres missions que la finition ! Dans chaque match, je bosse ! SANTINI : Il y a pas mal de gens qui me disent ça. Mais c'est plus fort que moi. Même si le coach ne me le demande pas, je m'impose instinctivement un boulot défensif. Dès que je vois un début de contre-attaque pour l'adversaire, j'ai peur qu'il aille marquer au bout de l'action. Et donc, j'essaie de l'arrêter. SANTINI : Peut-être. Mais je vois ça aussi comme un investissement. Physique. Courir beaucoup, je sais que ça me permettra d'être plus fort dans les matches suivants. Si je peux adapter mon corps à la répétition des efforts, ce sera bon pour mon développement. SANTINI : Pas exactement mais je crois que ça doit être assez énorme. Je dirais une bonne douzaine si on me laisse sur le terrain jusqu'à la fin du match. Mais bon, ce n'est pas arrivé souvent cette saison... (Il rigole). Je n'ai pas l'intention de changer mon style de jeu. Quand je vois que le meilleur attaquant du championnat fait la même chose, ça me rassure... SANTINI : Aucun doute là-dessus, c'est Laurent Depoitre. Si tu arrives à le stopper, tu as fait 60 % du boulot contre Gand ! S'il courait moins, il marquerait encore plus. Mais en courant autant, il met une pression infernale sur la défense adverse. Si je suis le coach des Diables Rouges, je le prends à coup sûr à l'EURO. SANTINI : Franchement, c'est un truc qui ne m'obsède pas. La saison passée, j'ai fini deuxième de ce classement, sans jamais penser à la première place. SANTINI : Je n'en suis pas persuadé. Pendant ma première année à Courtrai, j'ai mis une quinzaine de buts. Tu sais ce que j'ai reçu comme offres à la fin de cette saison-là ? Rien ! Sans doute parce que c'était Courtrai. Ici au Standard, alors que je jouais peu, au premier tour, un club comme l'Atalanta a proposé de me prendre en janvier. Parce que c'est le Standard. SANTINI : Lui peut-être, moi pas... La solution que j'avais dans la tête, c'était le Standard et rien que le Standard. SANTINI : Tu as besoin de rester sur le terrain pour marquer. Il faut qu'on te laisse, même si ça ne veut pas rentrer pendant plus ou moins longtemps. Et ça, c'est possible avec Courtrai, mais pas avec le Standard. Mais je ne me mets pas la pression. J'ai déjà dix buts, plus un en Europa League. Et je n'ai pas tiré un penalty ! Sur un plan purement personnel, je suis satisfait. C'est ma première saison dans un nouveau club, une nouvelle ville. Il faut s'adapter. Je viens d'un plus petit club, d'une plus petite ville, d'un endroit où la pression n'était pas comparable. SANTINI : Tu as raison. Prolonger les centres dans le but, c'est ma qualité. Je suppose que ça viendra. S'il n'y en a pas beaucoup jusqu'ici, c'est sans doute parce que Dossevi et Edmilson adorent jouer, dribbler, aller en un contre un et finalement tirer eux-mêmes. SANTINI : C'est possible. Tu trouves ça étonnant ? Je t'avoue que moi, je m'en fous un peu. Un but, c'est un but. Qu'il soit beau ou pas, il rapporte la même chose. Je sais que je pourrais tenter plus souvent ma chance de l'extérieur du rectangle. C'était déjà comme ça à Courtrai. Mais c'est instinctif. Le rectangle, c'est ma maison. SANTINI : Personne ne s'attendait à ce que la saison commence aussi mal. Maintenant, il faut s'arracher pour gagner la Coupe. C'est aussi un titre. SANTINI : Une semaine, c'est bien assez. Et je ne m'occupe pas de ce que Bruges peut faire ou ne pas faire. PAR PIERRE DANVOYE - PHOTOS BELGAIMAGE - BRUNO FAHY" Tu sais que j'ai joué un match avec la Réserve ? Je n'avais jamais connu ça depuis mon arrivée en Belgique. " - IVAN SANTINI