La semaine passée, Romelu Lukaku a déclaré dans nos colonnes que les Diables Rouges allaient écraser tous leurs adversaires à l'EURO et le nouveau capitaine, Eden Hazard, a résolument affirmé qu'il espérait bien être un des meilleurs du tournoi. En 64 matches, le médian, qui n'a encore que 25 ans, n'a pas encore assez produit le football pétillant qui siérait à son talent. De même que toute l'équipe a trop souvent sombré dans un jeu stérile. Malgré ses bons résultats et sa première place temporaire au classement FIFA.
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La semaine passée, Romelu Lukaku a déclaré dans nos colonnes que les Diables Rouges allaient écraser tous leurs adversaires à l'EURO et le nouveau capitaine, Eden Hazard, a résolument affirmé qu'il espérait bien être un des meilleurs du tournoi. En 64 matches, le médian, qui n'a encore que 25 ans, n'a pas encore assez produit le football pétillant qui siérait à son talent. De même que toute l'équipe a trop souvent sombré dans un jeu stérile. Malgré ses bons résultats et sa première place temporaire au classement FIFA. On a si souvent placé cette levée en or sur un piédestal qu'on en oublie que ce talent doit aller de pair avec un football pétillant. Sur le terrain, pas en paroles. L'équipe s'est trop souvent contentée de quelques éclairs, comme samedi contre la Suisse, dans le premier de ses trois matches de préparation. A nouveau, Kevin De Bruyne a été déterminant. Le Gantois n'est pas le plus bavard mais c'est lui qui travaille avec le plus d'acharnement à progresser. Il ne se relâche pas à l'entraînement, on ne perçoit aucune nonchalance dans son jeu. Continuer à travailler à Manchester City la saison prochaine et progresser sous la direction de Pep Guardiola est une bénédiction. Dans un rôle central dans l'entrejeu, De Bruyne doit diriger les lignes. Un des grands défis de Marc Wilmots consiste à en obtenir un rendement maximal, en combinaison avec Eden Hazard. A condition que le médian, mou en Suisse, se ressaisisse. La finale de Ligue des Champions a montré que Yannick Carrasco pouvait commencer à aspirer à une place. Les blessures se succèdent pendant cette préparation, surtout en défense. En Suisse, Wilmots a essayé Axel Witsel à l'arrière droit. Il se demande qui placer au coeur de la défense et à une bonne semaine de l'EURO, il ne semble pas avoir d'équipe-type en tête. La sortie de Wilmots à l'encontre de la fédération est étrange. Un an exactement après avoir dit qu'il avait discuté avec Schalke 04, sans avoir prévenu quiconque à la fédération, il a fustigé le prix élevé des billets pour les matches contre la Finlande et la Norvège. Le fait qu'un sélectionneur s'aventure sur ce terrain et jette tout en pâture à la presse est pour le moins bizarre. Le fait que Wilmots donne son avis sur tout et veuille tout contrôler énerve beaucoup de monde depuis longtemps. Annoncer ça alors qu'il faut entamer un tournoi dans un climat serein est encore une autre paire de manches. Cet EURO débute sans grand favori. L'Espagne, tenante du titre, doit renouveler son entrejeu. Sans Xavi ni Xabi Alonso, elle semble disposer de moins de vitesse et de créativité. L'Allemagne, championne du monde, reste une équipe de tournoi mais son jeu a quelque peu perdu de sa finesse. C'est l'actuel sélectionneur, Joachim Löw, qui avait conféré au football allemand conservateur un autre visage, au Mondial 2006, quand il était l'adjoint de Jürgen Klinsmann. Il veut perpétuer les valeurs inculquées : un jeu offensif, avec des changements de rythme et de la souplesse. De quoi est capable la France, sur ses terres, avec un entrejeu fort, emmené par le phénoménal Paul Pogba ? Ou la jeune Angleterre et son potentiel offensif ? Que reste-t-il du football italien, qui émerge d'une grave crise et ne produit plus de grands footballeurs ? Enfin, Cristiano Ronaldo peut-il enfin briller à un tournoi avec le Portugal et combler cette lacune à son palmarès ? 42 matches en l'espace d'un mois : par sa nouvelle formule, l'EURO accroît encore la charge de travail des footballeurs. Le jour de la finale, le 10 juillet, la plupart des clubs auront repris l'entraînement. Dans notre pays, ce sera le cas dans deux semaines, même si les troupes de Marc Wilmots ne comportent pas beaucoup de joueurs de notre championnat. C'est différent en Angleterre, alors qu'elle reprend le championnat le week-end des 13 et 14 août : la Premier League délègue quelque 150 footballeurs à l'EURO, soit un joueur sur trois. Ils devront prendre de plus longues vacances, sous peine de payer leurs efforts. Les footballeurs ne sont pas des robots. Mais il est difficile de trouver le juste équilibre entre le sport et les considérations commerciales. PAR JACQUES SYS 150 footballeurs de Premier League sont à l'EURO.