Lors de la dernière journée de championnat, Genk a été étrillé 5-0 à Mons. Miraculeusement, les Limbourgeois ont conservé la tête du championnat mais tiendront-ils la distance ou se feront-ils dépasser en vue de la ligne d'arrivée ?
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Lors de la dernière journée de championnat, Genk a été étrillé 5-0 à Mons. Miraculeusement, les Limbourgeois ont conservé la tête du championnat mais tiendront-ils la distance ou se feront-ils dépasser en vue de la ligne d'arrivée ? Elle était, paraît-il, détestable durant la période de préparation. Surtout lorsque les mauvais résultats s'étaient accumulés. La fameuse défaite 5-2 concédée en match amical à Tongres, club moyen de D2, est encore souvent évoquée. Lors de la conférence de presse d'avant saison, certains se demandaient si HugoBroos n'allait pas être le premier entraîneur viré. Puis, tout a changé à la faveur d'une première victoire en championnat contre Zulte Waregem : un match considéré comme piège, car les Flandriens étaient la révélation de la saison antérieure. L'ambiance est devenue excellente : une grande solidarité sur la pelouse, qui trouvait son prolongement en dehors du stade, car les joueurs organisaient souvent des activités entre eux. Broos s'est senti de plus en plus apprécié : une prolongation de contrat (mais d'un an seulement, alors qu'il en espérait davantage) lui a été proposée. Il est aujourd'hui un candidat très sérieux au titre d'Entraîneur de l'Année. Mais, lors du match à Mons, l'ambiance a de nouveau changé. LoganBailly, guère habitué à devoir se retourner cinq fois (à Anderlecht, c'était SinanBolat puis DavinoVerhulst qui défendaient les filets), a enguirlandé ses défenseurs. Dans les vestiaires, après le match, ce n'était pas la joie non plus, mais peut-on s'attendre à voir des joueurs sourire après avoir encaissé un 5-0 ? Après chaque échec, Genk s'était toujours très bien remis. Ce fut le cas après la défaite à Charleroi (victoire contre le Brussels), puis après celle au Standard (victoire contre le Cercle de Bruges), et encore après celle concédée face à Anderlecht en Coupe de Belgique (victoire à Beveren). Mais dernièrement, cela n'a plus été le cas et il faudra revoir son jugement sur ce point : le 6-0 concédé au Parc Astrid a été suivi d'un 5-0 à Mons ! Comment peut-on expliquer que la meilleure défense du championnat se prenne un 11-0 en deux matches ? A Anderlecht comme à Mons, on peut évoquer un concours de circonstances défavorables. Pour le match retour de Coupe de Belgique au stade Constant Vanden Stock, Broos avait laissé souffler certains de ses titulaires. D'autres étaient blessés. Genk n'avait donc pas aligné sa meilleure équipe. L'exclusion de Bolat, suivi du 2-0 sur penalty, a constitué un tournant : à dix contre onze, il était quasiment impossible de revenir. De là à en encaisser quatre autres, il y a cependant de la marge. A Mons, le premier but encaissé fut entaché d'une faute de main au préalable. Les Dragons ont beau clamer qu'ils ont inscrit quatre autres buts par la suite, cette première réalisation a conditionné le reste. Car, si Genk a été habitué à commencer les rencontres pied au plancher et à se mettre très vite à l'abri d'un retour de son adversaire, il n'a que rarement brillé lorsqu'il a été obligé de courir après le score. Le 2-0 a définitivement sonné le glas des espérances limbourgeoises au stade Tondreau. Mais, encore une fois : de là à s'en prendre encore trois par la suite, il y a de la marge. Peut-on se remettre rapidement d'un double camouflet ? Après l'humiliation à Anderlecht, Broos avait choisi de supprimer l'entraînement pour organiser une balade à vélo, afin de dérider l'atmosphère. " Je préfère discuter avec mes joueurs en pédalant que les convoquer dans mon bureau ", avait-il expliqué. Sans doute une bonne idée, étonnante de la part d'un entraîneur que l'on dit traditionaliste, mais... cela n'avait pas marché. Que trouvera-t-il maintenant ? Sa chance, c'est peut-être que, pour une fois, quelques-uns de ses meilleurs joueurs ont eu l'occasion d'aller se changer les idées en équipe nationale : Bailly, ThomasChatelle et KevinVandenbergh chez les Diables, SébastienPocognoli chez les Espoirs. Genk a perdu à Charleroi, au Standard et à Mons. Il a, aussi, concédé le partage à Mouscron. Lors de ses quatre périples en Wallonie, l'équipe n'a donc ramené qu'un point sur 12. Heureusement pour elle, il n'y a plus de déplacement à effectuer dans le sud du pays. Lorsqu'on examine les matches à jouer, on relève surtout deux déplacements très délicats pour les Limbourgeois : au Germinal Beerschot et à Bruges. Anderlecht, lui, se méfiera surtout de deux matches à domicile : contre le Standard, et également contre La Gantoise, toujours capable de soutenir un siège comme elle l'a prouvé à Sclessin. Mais les surprises sont tellement nombreuses dans ce championnat qu'il ne faut sans doute pas trop se fier au calendrier. Anderlecht a arraché le point du partage dans les arrêts de jeu à Bruges et à Lokeren. Il a, aussi, décroché les trois points de la victoire dans les minutes additionnelles contre Charleroi. Cela fait donc un écart de quatre points qui, à quelques minutes près, aurait pu être creusé en faveur des Limbourgeois. Quoi qu'on en dise, c'est un coup au moral pour ces derniers : lorsqu'on gagne 0-5 à Beveren et qu'on pense, jusqu'à la 90e minute, qu'on réalise la très bonne affaire du week-end en raison du supposé partage des Mauves contre Charleroi, c'est dur d'apprendre que chacun reste finalement sur ses positions. Car on a raté une occasion de faire le break. Or, on sait que ce genre d'occasions ne se présentera plus souvent. Lorsque IvanBosnjak s'est blessé après trois minutes de jeu à Mouscron le 25 novembre, on pensait qu'une bonne partie des illusions de Genk s'envolait. On s'attendait à un nouveau duo d'attaque constitué par GoranLjubojevic et KevinVandenbergh mais Broos a joué la carte FarisHaroun. Un coup dans le mille : dans un autre système (4-4-1-1 plutôt que 4-4-2), Genk a retrouvé toute sa superbe. Certains prétendent même que l'équipe était plus forte avec Haroun qu'avec Bosnjak. Mais voilà : face à Anderlecht, l'international Espoirs s'est lui-même blessé. C'est peut-être la blessure de trop. Avoir un noyau étoffé, c'est une arme à double tranchant. Si l'on est épargné par les blessures, il vaut mieux jouer avec un effectif réduit (surtout si l'on ne doit jouer qu'un match par semaine) car cela favorise les automatismes et la cohésion. Par contre, en cas de problème, il vaut mieux avoir des solutions de rechange. Lors du match de championnat contre Anderlecht, Genk n'avait qu'un seul réserviste capable d'apporter un plus lors de son entrée au jeu : Ljubojevic. Ce plus, il l'a d'ailleurs apporté, puisqu'il a égalisé. Anderlecht, en revanche, gardait en réserve des joueurs comme MéméTchité (qui a failli leur offrir la victoire), MboMpenza et JonathanLegear, pour ne parler que des éléments offensifs. Une richesse qui, dans des circonstances difficiles, peut se révéler prépondérante. Là encore, avantage Anderlecht : les Bruxellois possèdent des joueurs comme NicolasFrutos, Tchité, AhmedHassan et d'autres capables de faire la différence sur un coup d'éclat. Genk, lui, doit s'en remettre au collectif. Sa force, c'est (c'était ?) le bloc, l'enthousiasme, l'équilibre. L'équipe est donc obligée de bien jouer pour gagner. Ce fut longtemps le cas, mais plus maintenant. Au premier tour, Genk avait été s'imposer 1-4 au Parc Astrid. Une défaite longtemps restée sur l'estomac des Bruxellois. Mais ceux-ci ont pris leur revanche. Leurs coups, portés aux cours des trois dernières confrontations, ont laissé des traces au moral des Limbourgeois, après les deux victoires 0-1 et 6-0 en coupe. Et à leur physique également, après le match de championnat : 1-1. Si les visages ensanglantés de MbarkBoussoufa et Frutos étaient impressionnants, ce sont les Limbourgeois qui sont sortis les plus meurtris. Et comme leur effectif est moins fourni, ils peuvent plus difficilement compenser les absences. Hormis les supporters d'Anderlecht, beaucoup de gens aimeraient voir Genk coiffer les lauriers. Parce que l'outsider dégage toujours un courant de sympathie, parce que neuf ou dix joueurs belges ont été régulièrement alignés, parce que l'équipe a longtemps pratiqué un football chatoyant. Mais, objectivement, le Sporting dispose de plus d'atouts. par daniel devos -photo: belga/ lefour