Sans accepter le moindre acte de violence (mais faut-il vraiment l'écrire ?, c'est tellement évident), on comprend les supporters. Selon les clubs auxquels ils appartiennent, ils affrontent de vrais problèmes.
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Sans accepter le moindre acte de violence (mais faut-il vraiment l'écrire ?, c'est tellement évident), on comprend les supporters. Selon les clubs auxquels ils appartiennent, ils affrontent de vrais problèmes. Grâce aux play-offs, les clubs - inspirés par les grands - veulent gagner encore plus de sous. Comme Anderlecht, l'éminence mauve du G4 et grand conspirateur de la concentration de la qualité sportive, qui augmente ses prix chaque fois qu'il est champion. C'est de bonne guerre, sans doute, mais au moins faudrait-il que le produit proposé soit meilleur et rencontre les demandes du consommateur... Mais le football-champagne anderlechtois et le spectacle en play-offs restent deux promesses qui flottent toujours dans l'air. En plus, si la formule des PO n'a pas pu offrir le meilleur, elle n'a pu éradiquer le pire. Prenez le cas de Saint-Trond : invisible cette saison en D1, mais qui endosse un rôle très important le week-end prochain. Les PO1 et PO3 ne sont pas pour lui mais il reçoit Lokeren qui a désespérément besoin des trois points pour figurer dans les PO1. Rien de neuf : les clubs ont toujours pu faire ou non des cadeaux à des adversaires... sauf que les cas se multiplient avec le nombre d'échéances. Bonjour l'effet pervers. Dans Témoin n°1, Ivan De Witte se montre d'un cynisme implacable quand il défend à outrance le foot business et les plus grands clubs. Il essaye même de faire croire que les supporters flamands sont moins contre les play-offs que les supporters wallons ! Qu'il joue donc la D1 sans le Standard... C'est clair que tout se cristallise : il y a désormais de plus en plus un football tendance bourgeois et un football plus proche de ses racines historiques, comme le met en évidence le Document de cette semaine. Des racines intimes qui parlent à tous ces joueurs pros qui sont en immense majorité contre les play-offs. Mais samedi, les employeurs les plus capitalistes ont empêché leurs joueurs de manifester... Le résultat de toute cette confusion est que les rapports entre les clubs seront de plus en plus tranchés. Et sans doute que dans l'esprit du G4 et de ses valets, on pense déjà à une D1 de douze clubs sans descendant avec deux allers-retours. Mais que fait l'Union belge ? D'un côté, on doit évidemment éviter que le déroulement d'une compétition soit perturbé par des faillites sauvages, mais on ne peut plus oublier que le football est un sport avant d'être un business. Si un club commence à souffrir de problèmes financiers en pleine saison, il faut l'accepter au nom de l'esprit sportif et si le club ne peut plus terminer la compétition, on annule tous ses matches et personne n'est lésé. Quand on joue à 18, ce n'est pas une faillite qui ôte tout sens à la D1... Au lieu de ça, on a affaire à des potentats de clubs qui pensent pouvoir violer l'éthique sportive sans vergogne en se basant sur le vécu des trois dernières saisons en D1 pour déterminer la descente. " Jouons entre riches " dit le G4, mais que propose-t-il pour améliorer le niveau général du football belge ? Rien. Il oublie que le foot n'est pas une science exacte ou un business comme un autre. La preuve : la course aux lauriers a un prix et les plus grands clubs du monde sont souvent déficitaires. Quand on parle de gagner sur le terrain, c'est dur de trouver l'équilibre économique. La course aux investissements est un sport en soi. On creuse un trou que l'on comble avec des nouvelles recettes et on continue comme ça. Les plus grands artistes n'ont jamais vécu autrement. Le foot, c'est la créativité sur le terrain mais aussi dans les coulisses, à condition que tout reste sportif et légal. Et puis zut, on en a marre des leçons du G4. Anderlecht doit aussi vendre son meilleur joueur pour éponger ses dettes... et La Gantoise fait sans cesse miroiter la construction d'un nouveau stade qui reste un mirage. Comme celui du Club Bruges. Pourquoi leurs idées sont-elles les meilleures ?PAR JOHN BAETEIvan De Witte essaye de faire croire que les supporters flamands sont moins contre les play-offs que les supporters wallons !