Ce soir, le Club Bruges bouclera le premier volet de la compétition face au Lierse. Pour son capitaine, Carl Hoefkens (33 ans), la saison aura été tout en contrastes. Titulaire inamovible au départ, le n°4 des Flandriens a été freiné durant l'automne par une blessure au genou. En pleine période de convalescence, il crut comprendre que ses jours étaient comptés au stade Jan Breydel, et s'en était ému.

La réponse, en haut lieu, ne se fit pas attendre, sous la forme d'une prolongation de contrat jusqu'en 2013. A son retour sur les terrains, l'ancien Lierrois remercia la direction de la plus belle façon, avec des prestations sans faille, tantôt au back droit, tantôt dans l'axe de la défense ou même dans l'entrejeu comme lors du sommet contre le Standard.

Que retenez-vous de la phase classique ?

Carl Hoefkens : L'objectif était de mener la vie dure à Anderlecht dans la course au titre. Huit mois plus tard, nous respectons encore scrupuleusement notre tableau de marche. Et tout porte à croire que nous allons embêter le Sporting jusqu'au bout. Avec les play-offs tout est possible. En 2011, les Bruxellois les avaient abordés avec une avance substantielle (7 points sur le Club et le Standard). Mais au bout de deux journées, après leurs défaites contre nous et le Standard, justement tout était à refaire pour eux. Un scénario identique reste envisageable.

Les Mauves ont pris plus de 90 % des points face aux équipes du top 6. Le Club, lui, dépasse à peine la moitié contre ces mêmes adversaires. Pas trop inquiétant ?

L'essentiel est de retenir la leçon de certains échecs. Je ne pense pas qu'à l'heure actuelle nous encaisserions encore 5 buts sur notre terrain contre Genk, comme ça s'était produit lors des matches aller quand Adrie Koster était encore là. Ce jour-là c'était journée portes ouvertes. Je n'ai pas l'impression non plus que nous reprendrions trois goals à Anderlecht, comme au match retour avec Christoph Daum. Cette fois-là nous avions réellement joué de manière naïve.

Double couverture

Auparavant, sous les ordres du coach allemand, vous aviez surtout accumulé les victoires par 1 à 0.

Sa priorité était de resserrer les boulons derrière. A raison, car nous encaissions trop en jouant en marquage individuel. Avec le nouvel entraîneur, nous avons adopté un double système de couverture. Dans ma zone, sur le flanc, Nabil Dirar venait régulièrement me prêter main forte. Pareil à gauche. Du coup, nous sommes parvenus à plusieurs reprises à tenir le zéro. Mais cette rigueur s'est faite au détriment de notre jeu créatif ; ce qui n'a pas plu à tout le monde.

Après le déplacement à Westerlo (0-1) vous aviez d'ailleurs écrit sur Twitter : Nobody likes us, but we don't care.

Exact. Tout le monde était remonté contre nous : les adversaires, la presse. J'aurais espéré plus d'indulgence pour une rencontre suivant un déplacement européen. De tels matches sont toujours durs à négocier. La preuve : nous avons été battus à Genk, dernièrement, trois jours après la rencontre à Hanovre. Dans le même temps, le Standard et Anderlecht ont fait match nul contre Saint-Trond et au Lierse. Dans ces conditions, il n'y avait pas de quoi faire la fine bouche.

Exception faite du revers au RSCA, le Club a montré un visage plus séduisant semaine après semaine. A quoi l'attribuez-vous ?

Au fil du temps, le groupe a de mieux en mieux compris où le coach voulait en venir. Au début, la notion de double couverture était encore trop souvent prise à la lettre. Dans pas mal de situations, elle ne s'imposait vraiment pas. Mais chacun avait à c£ur de respecter les injonctions de l'entraîneur. Au bout de quelques mois de vie commune, le groupe perçoit nettement mieux où le T1 veut en venir. On a gagné en équilibre. Au cours des premières semaines, les avants étaient à ce point obnubilés par leur reconversion défensive qu'ils manquaient de jus pour repartir vers l'avant. Ce n'est plus le cas à présent.

Sélection méritée

Que vous inspire votre propre saison ?

Je l'ai débutée sur les chapeaux de roues, en évoluant à un très haut niveau. Sur l'ensemble de l'année 2011, l'équipe, avec moi dans ses rangs, n'a connu que quatre défaites au total. Ma sélection en vue du match amical contre l'Allemagne, à l'automne, n'était que justice. Elle me faisait d'autant plus plaisir que ma dernière convocation datait de 2008.

Deux semaines plus tard, ce fut la cata sous la forme d'une sérieuse blessure au genou !

Je me suis mal reçu après un duel avec Elimane Coulibaly de Gand et mon genou m'a de suite fait mal. Sur l'instant, j'ai cru à une rupture des ligaments, avec six mois d'indisponibilité à la clé. Le pire qui puisse arriver à un joueur de 33 ans, en fin de contrat de surcroît. Heureusement, le docteur Pieter D'Hooghe, le fils de Michel, m'a rassuré après un examen approfondi : à part le ménisque, légèrement touché, le reste du genou était intact. Après quelques semaines, j'étais à nouveau bon pour le service.

A cette période remontent les premières discussions concernant la prolongation de votre contrat.

A priori, nous n'étions pas sur la même longueur d'onde. Je voulais rempiler pour deux ans tandis que la direction me proposait une saison, assortie d'une seconde liée à mes prestations. J'estimais mériter davantage. Finalement, je me suis engagé pour une campagne supplémentaire.

Sur les forums, les supporters avaient pris fait et cause pour vous ?

Via les réseaux sociaux, je les ai remerciés pour leur soutien en précisant que je trouverais regrettable que les dirigeants décident de me conserver sur base de leurs actions. Le bon sens l'a emporté.

Offensif ou défensif ?

La saison prochaine sera-t-elle votre tournée d'adieu ?

Non, je ne raisonne pas de la sorte. Je pars du principe qu'il y en aura encore une autre, puis une autre encore, et ainsi de suite. Je me suis toujours bien soigné. Je ne vois pas pourquoi je devrais m'arrêter.

Vous avez déjà été mis à toutes les sauces cette année : back droit, stopper et même médian contre le Standard.

Ce n'était pas nouveau, même s'il y avait longtemps que je n'avais plus joué dans l'entrejeu. A l'époque où j'évoluais sous les ordres d'Eric Gerets au Lierse, celui-ci soutenait que j'étais davantage un talent offensif que défensif. D'autres partageaient cet avis. Surtout en Angleterre, où on me louait plus pour mon jeu vers l'avant que pour mes aptitudes en tant qu'arrière. Il n'y a qu'en Belgique que la plupart des observateurs m'ont toujours considéré comme un arrière pur et dur.

Vous avez une place de prédilection ?

Si j'ai fait une belle carrière, je le dois essentiellement à ma polyvalence. Mais à choisir, mes préférences vont au poste de back. En défense centrale et au milieu défensif, un joueur est limité. A l'arrière latéral, par contre, la panoplie est plus étendue.

La place de back droit est maudite au Club. Bon nombre de joueurs s'y sont succédé : Olivier De Cock, Brian Priske, Laurent Ciman, Ryan Donk, Marcos Camozzato ou Tom Högli. Même Jeroen Simaeys et Karel Gerets y ont été essayés. Comment expliquez-vous cette difficulté ?

Je pense tout simplement qu'après le rôle d'avant-centre, celui de back est le plus difficile. Il réclame une belle brochette de qualités, tant défensives qu'offensives. Il faut être à 100 % dans ces deux domaines. Chez la majorité des joueurs, le rapport est de 70-30 ou vice-versa. Il est très difficile de trouver quelqu'un qui marie les deux.

Il n'y a pas qu'à Bruges que la position de back pose problème. En équipe nationale, plus d'une vingtaine d'éléments y ont été essayés après l'emblématique Gerets. Qui recueille vos faveurs ?

J'ai ma petite idée à ce sujet mais je la tiens pour moi. Toutefois, si Georges Leekens a encore besoin de moi, il peut toujours m'appeler. Il avait été le tout premier à m'accorder une chance contre la Corée du Sud en 1999. Ce serait beau de terminer sous sa gouverne à cet échelon.

La vente de Mbark Boussoufa à Anzhi Makhatchkala a coûté le titre à Anderlecht la saison passée. Dans quelle mesure le passage de Dirar à Monaco vous sera-t-il préjudiciable ?

Je regrette qu'il soit parti car il était vraiment outstanding cette saison. D'autres ont toutefois pris le relais. Je songe à Thomas Meunier, qui réussit au-delà des espérances à l'occasion de sa première saison. Victor Vazquez aussi a trouvé la bonne carburation, tandis que Lior Refaelov a carrément explosé. Je ne prétends pas qu'on va gagner le championnat. Nous avons un effectif très jeune alors que le Sporting a un groupe plus mature. Ce n'est pas négligeable. Mais une chose est sûre : nous jouerons crânement notre chance. Et le Club peut compter sur moi pour montrer l'exemple.

PAR BRUNO GOVERS - PHOTOS: IMAGEGLOBE

" L'équipe est plus équilibrée qu'en début de saison. "

" Après la place d'avant-centre, celle de back est la plus difficile. "

Ce soir, le Club Bruges bouclera le premier volet de la compétition face au Lierse. Pour son capitaine, Carl Hoefkens (33 ans), la saison aura été tout en contrastes. Titulaire inamovible au départ, le n°4 des Flandriens a été freiné durant l'automne par une blessure au genou. En pleine période de convalescence, il crut comprendre que ses jours étaient comptés au stade Jan Breydel, et s'en était ému. La réponse, en haut lieu, ne se fit pas attendre, sous la forme d'une prolongation de contrat jusqu'en 2013. A son retour sur les terrains, l'ancien Lierrois remercia la direction de la plus belle façon, avec des prestations sans faille, tantôt au back droit, tantôt dans l'axe de la défense ou même dans l'entrejeu comme lors du sommet contre le Standard. Carl Hoefkens : L'objectif était de mener la vie dure à Anderlecht dans la course au titre. Huit mois plus tard, nous respectons encore scrupuleusement notre tableau de marche. Et tout porte à croire que nous allons embêter le Sporting jusqu'au bout. Avec les play-offs tout est possible. En 2011, les Bruxellois les avaient abordés avec une avance substantielle (7 points sur le Club et le Standard). Mais au bout de deux journées, après leurs défaites contre nous et le Standard, justement tout était à refaire pour eux. Un scénario identique reste envisageable. L'essentiel est de retenir la leçon de certains échecs. Je ne pense pas qu'à l'heure actuelle nous encaisserions encore 5 buts sur notre terrain contre Genk, comme ça s'était produit lors des matches aller quand Adrie Koster était encore là. Ce jour-là c'était journée portes ouvertes. Je n'ai pas l'impression non plus que nous reprendrions trois goals à Anderlecht, comme au match retour avec Christoph Daum. Cette fois-là nous avions réellement joué de manière naïve. Sa priorité était de resserrer les boulons derrière. A raison, car nous encaissions trop en jouant en marquage individuel. Avec le nouvel entraîneur, nous avons adopté un double système de couverture. Dans ma zone, sur le flanc, Nabil Dirar venait régulièrement me prêter main forte. Pareil à gauche. Du coup, nous sommes parvenus à plusieurs reprises à tenir le zéro. Mais cette rigueur s'est faite au détriment de notre jeu créatif ; ce qui n'a pas plu à tout le monde. Exact. Tout le monde était remonté contre nous : les adversaires, la presse. J'aurais espéré plus d'indulgence pour une rencontre suivant un déplacement européen. De tels matches sont toujours durs à négocier. La preuve : nous avons été battus à Genk, dernièrement, trois jours après la rencontre à Hanovre. Dans le même temps, le Standard et Anderlecht ont fait match nul contre Saint-Trond et au Lierse. Dans ces conditions, il n'y avait pas de quoi faire la fine bouche. Au fil du temps, le groupe a de mieux en mieux compris où le coach voulait en venir. Au début, la notion de double couverture était encore trop souvent prise à la lettre. Dans pas mal de situations, elle ne s'imposait vraiment pas. Mais chacun avait à c£ur de respecter les injonctions de l'entraîneur. Au bout de quelques mois de vie commune, le groupe perçoit nettement mieux où le T1 veut en venir. On a gagné en équilibre. Au cours des premières semaines, les avants étaient à ce point obnubilés par leur reconversion défensive qu'ils manquaient de jus pour repartir vers l'avant. Ce n'est plus le cas à présent. Je l'ai débutée sur les chapeaux de roues, en évoluant à un très haut niveau. Sur l'ensemble de l'année 2011, l'équipe, avec moi dans ses rangs, n'a connu que quatre défaites au total. Ma sélection en vue du match amical contre l'Allemagne, à l'automne, n'était que justice. Elle me faisait d'autant plus plaisir que ma dernière convocation datait de 2008. Je me suis mal reçu après un duel avec Elimane Coulibaly de Gand et mon genou m'a de suite fait mal. Sur l'instant, j'ai cru à une rupture des ligaments, avec six mois d'indisponibilité à la clé. Le pire qui puisse arriver à un joueur de 33 ans, en fin de contrat de surcroît. Heureusement, le docteur Pieter D'Hooghe, le fils de Michel, m'a rassuré après un examen approfondi : à part le ménisque, légèrement touché, le reste du genou était intact. Après quelques semaines, j'étais à nouveau bon pour le service. A priori, nous n'étions pas sur la même longueur d'onde. Je voulais rempiler pour deux ans tandis que la direction me proposait une saison, assortie d'une seconde liée à mes prestations. J'estimais mériter davantage. Finalement, je me suis engagé pour une campagne supplémentaire. Via les réseaux sociaux, je les ai remerciés pour leur soutien en précisant que je trouverais regrettable que les dirigeants décident de me conserver sur base de leurs actions. Le bon sens l'a emporté. Non, je ne raisonne pas de la sorte. Je pars du principe qu'il y en aura encore une autre, puis une autre encore, et ainsi de suite. Je me suis toujours bien soigné. Je ne vois pas pourquoi je devrais m'arrêter. Ce n'était pas nouveau, même s'il y avait longtemps que je n'avais plus joué dans l'entrejeu. A l'époque où j'évoluais sous les ordres d'Eric Gerets au Lierse, celui-ci soutenait que j'étais davantage un talent offensif que défensif. D'autres partageaient cet avis. Surtout en Angleterre, où on me louait plus pour mon jeu vers l'avant que pour mes aptitudes en tant qu'arrière. Il n'y a qu'en Belgique que la plupart des observateurs m'ont toujours considéré comme un arrière pur et dur. Si j'ai fait une belle carrière, je le dois essentiellement à ma polyvalence. Mais à choisir, mes préférences vont au poste de back. En défense centrale et au milieu défensif, un joueur est limité. A l'arrière latéral, par contre, la panoplie est plus étendue. Je pense tout simplement qu'après le rôle d'avant-centre, celui de back est le plus difficile. Il réclame une belle brochette de qualités, tant défensives qu'offensives. Il faut être à 100 % dans ces deux domaines. Chez la majorité des joueurs, le rapport est de 70-30 ou vice-versa. Il est très difficile de trouver quelqu'un qui marie les deux. J'ai ma petite idée à ce sujet mais je la tiens pour moi. Toutefois, si Georges Leekens a encore besoin de moi, il peut toujours m'appeler. Il avait été le tout premier à m'accorder une chance contre la Corée du Sud en 1999. Ce serait beau de terminer sous sa gouverne à cet échelon. Je regrette qu'il soit parti car il était vraiment outstanding cette saison. D'autres ont toutefois pris le relais. Je songe à Thomas Meunier, qui réussit au-delà des espérances à l'occasion de sa première saison. Victor Vazquez aussi a trouvé la bonne carburation, tandis que Lior Refaelov a carrément explosé. Je ne prétends pas qu'on va gagner le championnat. Nous avons un effectif très jeune alors que le Sporting a un groupe plus mature. Ce n'est pas négligeable. Mais une chose est sûre : nous jouerons crânement notre chance. Et le Club peut compter sur moi pour montrer l'exemple. PAR BRUNO GOVERS - PHOTOS: IMAGEGLOBE" L'équipe est plus équilibrée qu'en début de saison. "" Après la place d'avant-centre, celle de back est la plus difficile. "