"Je prie pour nos deux supporters, Thierry et Bernard, décédés lors du match de Coupe contre Gand : mes pensées vont vers eux et leurs proches " : Mémé Tchite est très marqué par ce cocktail de larmes de joies et de peines que le destin prépare parfois sans crier gare.
...

"Je prie pour nos deux supporters, Thierry et Bernard, décédés lors du match de Coupe contre Gand : mes pensées vont vers eux et leurs proches " : Mémé Tchite est très marqué par ce cocktail de larmes de joies et de peines que le destin prépare parfois sans crier gare. Les deux amoureux des Rouches sont partis au moment où leur club s'est remis sur les bons rails. Les Liégeois ont décroché un billet pour la finale de la Coupe au bout d'un puissant travail au corps (4-2 après le 1-0 de l'aller). En championnat, ils ont reçu Genk avec tous les honneurs et un feu d'artifice de conclusion absolument somptueux. Sous la direction d'un Axel Witsel phénoménal, le Standard a géré le coup de massue du 0-1 avant d'exploser la défense de Genk (2-1) en vue du dernier coup de sifflet. Sclessin était ivre de bonheur et de fierté. Le Standard de Dominique D'Onofrio va-t-il tout emporter sur son passage ? Auteur de deux buts face à Gand, travailleur contre Genk, Tchité garde les pieds sur terre : " Nous vivons tout cela match après match. Il ne faut surtout pas changer d'approche et on verra où cela nous mènera... "Mémé Tchité : Absolument aucun. J'ai vécu des trucs formidables en Espagne mais j'aime bien mon passé, mon présent et même mon futur dans mon pays d'adoption, la Belgique. C'est quand même ici que je me suis révélé. Daniel Boccar a conseillé au Standard de me prendre pour les Espoirs. J'ai bien travaillé et progressé avec lui avant que Dominique D'Onofrio me lance en D1. Je n'ai pas oublié tout cela et, avec les années, on devient plus sentimental. Bien sûr que la Liga est un grand championnat, mais il y a quand même un problème : le film est connu, on passe toujours le même. Oui, à la fin, le nouveau champion est sans cesse le même, Barça ou le Real Madrid et je trouve cela un peu lassant, comme si les autres n'existaient pas. Techniquement, on y atteint le haut de gamme, qui peut le nier, c'est une autre culture mais le jeu est aussi très tactique dans l'attente d'une erreur stratégique de l'adversaire. Je n'ai pas changé en Espagne, j'avais 23 ans quand j'y suis arrivé en provenance d'Anderlecht et 26 ans à mon retour au Standard : j'ai mûri, c'est différent. Je vais étonner mais il y a plus d'incertitudes et de rebondissements en Belgique, cela fait l'intérêt d'un championnat où on mise sur la vitesse et l'engagement. J'ai écarquillé les yeux en mettant les pieds à l'Académie Robert Louis-Dreyfus. Avant, les jeunes s'entraînaient parfois dans des bacs à sable. Et je découvre les play-offs : j'aime bien, vous pas ? Je ne suis pas d'accord avec vous. Après quatre minutes, il me semble. Mais cela ne signifie pas que ce fut aisé. Rien ne s'obtient d'un claquement des doigts et il faut toujours beaucoup travailler pour que cela se passe au mieux. Il faut rendre les choses faciles et c'est ce qui est... difficile. J'avais bien bossé à Santander avant de signer au Standard. J'étais en excellente condition physique en débarquant et j'avais des points de repère comme le coach, Sergio Conceiçao, Siramana Dembele ou quelques jeunes. D'Onofrio connaît parfaitement mes atouts, Sergio aussi. Il faut que j'assure la présence du Standard dans le rectangle adverse. Non, bien sûr : je suis un homme de la profondeur mais pas que cela. Un attaquant de pointe doit aussi décrocher et se faire oublier pour surgir sur les ballons perdus. J'ai commencé à jouer auprès d'Aloys Nong puis en duo avec Cyriac ou Mbaye Leye et Luigi Pieroni. Ce sont des attaquants très intéressants. Nong a magnifiquement remis les choses au point après une période plus délicate. Il adore les espaces et sait exploiter sa vitesse. Luigi travaille en force. Mbaye est polyvalent. Cyriac ne craint pas les duels, est doté d'une belle détente aérienne. Sa blessure et la mienne ont probablement ralenti la mise en place d'une nouvelle attaque. Maintenant, le coach peut varier les combinaisons. Exact : des problèmes de blessures ont handicapé la ligne médiane et la défense. Une équipe qui repart sur de nouvelles bases ne se passe pas facilement de ses attaquants, de Steven Defour, de Sinan Bolat, etc. C'était très délicat pour tout le monde, les joueurs, le coach. Mais je n'ai jamais douté, je n'ai pas du tout été atteint par la critique car j'ai vu le talent et la qualité du travail au quotidien. La mentalité et l'ambiance y étaient. Tout le monde l'a vu à Anderlecht mais je savais depuis longtemps que le groupe était solidaire. Quand il y a tout cela, on devine que ça finira par se mettre en place. On parle beaucoup de l'attaque mais le retour de Steven a libéré toute la ligne médiane où Axel rayonne et Jelle Van Damme offre sa présence et sa puissance. Kanu a trouvé ses marques au centre de la défense : c'est un élément important. Cet effectif a tout pour être dominant. Il l'est et si ce n'est que récent, c'est à cause de la malchance. Non... Je m'explique : son niveau est tellement élevé qu'Axel peut jouer partout, pas qu'en Espagne. Il est prêt pour l'Angleterre ou en Allemagne aussi. Ses qualités sont réelles mais il faut aussi avoir la chance d'arriver dans un club du top. C'est alors que tout commence et qu'il faut mériter son bonheur. Si le destin lui offre cette possibilité, il la saisira. Il a tout pour jouer dans n'importe quel championnat. C'est un très grand médiateur. J'aime bien ce mot-là, médiateur, milieu de terrain complet qui joue bas ou haut, à qui on ne prend pas la balle, qui adore être en contact direct avec les attaquants, est concret en zone de vérité. Seul Dieu peut dire ce qui se serait passé, en bien ou en mal, pas moi. J'ai été touché au genou droit à l'entraînement par Koen Daerden. Les ligaments externes étaient atteints, distendus mais l'opération ne s'imposait pas. Et deux bons mois à l'infirmerie, c'est long, évidemment. Oui, à Anderlecht. Oui mais je songe à notre défaite 2-0 en championnat au stade Constant Vanden Stock qui a tout déclenché... Pour moi, c'est un match référence car la défaite, imméritée, a paradoxalement révélé que nous détenions les arguments, un bloc et un jeu pour réussir un truc. Nous sommes rentrés les mains vides à Liège mais riches de nouvelles certitudes. C'était quand même nouveau. A partir de là, on a pu monter dans les tours. L'équipe est désormais capable de défendre et d'attaquer comme un seul homme. Non, les confirmations ont suivi. La qualification pour les PO1, contre le Germinal Beerschot (1-0) était pas mal. On a souligné notre nervosité en fin de match. Moi, je songe plus à notre maturité. Nous avons bien géré notre avance : ce n'était pas le moment de faire une connerie. Le Standard a joué avec la tête... Si, pas de problème. Nous avons appris la nouvelle du turnover en profondeur le dimanche après-midi, à l'heure de la théorie. Mais on avait deviné quelque chose en semaine lors des entraînements à l'occasion des matches entre nous. Certains ont dit que le Standard a aligné son équipe B, c'est une bêtise. Cela ne veut rien dire : il y a un effectif et tout le monde doit être capable de jouer. Et quand le coach change, un joueur comprend vite. Personne n'a été choqué : on savait que le programme était éprouvant et qu'on avait besoin de l'énergie de tous. Anderlecht a été surpris même si Herman Van Holsbeek a déclaré à Studio 1 La Tribune qu'il était au courant de nos intentions. En fait, notre staff a bluffé tout le monde, raflé la mise et prouvé la richesse en profondeur de l'effectif. Quand on peut réaliser cela sans ses piliers, c'est très intéressant. J'étais heureux sur le banc, ce n'était que du bonheur pour tous. Chapeau à Dominique D'Onofrio. Qui répéterait certains propos du début de saison ? Il n'a jamais été fragile. J'ai gardé des amis à Anderlecht. Cette défaite leur a fait mal. Les Mauves ont perdu 30 % avec le départ de Boussoufa. Beaucoup, beaucoup, beaucoup d'émotion. Nous avons tout jeté dans la balance pour y arriver. Le vrai Standard, c'est celui-là. Ce ne fut pas facile mais, bon, c'est la victoire au bout qui m'intéresse. Je suis fier de la qualif' mais je veux gagner la finale contre Westerlo. J'étais également à du 300 km/h contre Gand. Le but de Van Damme et le coup franc de Carcela étaient somptueux aussi. Le 1-0 de l'aller n'était pas mal non plus car Gand a été repoussé dans son camp après la pause. Personne ne peut prévoir ce qui va se passer dans les PO1. Rien n'est fait pour personne. Chacun a ses atouts. Comme attaquants adverses, j'aime El Ghanassy, Mboyo, Barda, Vossen, Ogunjimi, Lukaku et Legear. Quand Legear est bon pour le service, il est plus décisif que Lukaku par ses débordements, ses coups francs, ses passes décisives... Difficile, reposez-moi la question en fin de saison. Je vous donnerai un nom. Si j'en trouve un... Je dois réfléchir. Je ne suis pas maître nageur, il faudra que je trouve autre chose. Je veux les deux. Peut-être, j'ai signé pour trois ans mais on ne sait jamais. J'aimerais bien. C'est mon secret. Non, non à la campagne, j'aime bien le calme, les vaches, l'air pur. Mon frère de Bruxelles me rend souvent visite. Ma mère et deux autres frères restés à Santander aussi. Moi, je me sens super bien en Belgique. J'espère être un jour international belge pour rendre une partie de ce que j'ai reçu ici. Je ne jouerai jamais dans une autre équipe nationale que les Diables Rouges. Je n'ai évolué qu'avec les jeunes du Burundi. C'est ce que mon avocat, Maître Luc Misson, tente de prouver et les documents qui me lieraient au Rwanda sont faux. Je ne comprends plus rien, j'attends et Dieu décidera. PAR PIERRE BILIC, PHOTOS : REPORTERS" Personne ne peut prévoir ce qui va se passer dans les PO1. "" Je ne veux pas choisir entre la Coupe et le titre. Je veux les deux. "