" Jocelyn Angloma était un sacré footballeur, un des meilleurs milieux ou arrières droits de la grande histoire du football français. J'ai eu la chance de le coacher à Lille. Charlie Samoy, le directeur sportif en place, l'avait repéré à l'Etoile de Morne-à-l'Eau, en Guadeloupe, et le suivit avec une attention soutenue lors de ses premiers pas en D1 française, au Stade Rennais. Jocelyn est arrivé à Lille en 1987. Il ne fallait pas être un grand spécialiste pour deviner que nous avions mis la main sur de la graine...

" Jocelyn Angloma était un sacré footballeur, un des meilleurs milieux ou arrières droits de la grande histoire du football français. J'ai eu la chance de le coacher à Lille. Charlie Samoy, le directeur sportif en place, l'avait repéré à l'Etoile de Morne-à-l'Eau, en Guadeloupe, et le suivit avec une attention soutenue lors de ses premiers pas en D1 française, au Stade Rennais. Jocelyn est arrivé à Lille en 1987. Il ne fallait pas être un grand spécialiste pour deviner que nous avions mis la main sur de la graine de champion doublée d'une personnalité intéressante et positive. Dans notre 4-3-3, je lui ai évidemment confié le poste de milieu droit. Angloma balayait son flanc, décrochait quand il le fallait, savait mettre le nez à la fenêtre. Cet énorme professionnel était déjà apte à évoluer, les deux doigts dans le nez, au top du football français. Jocelyn se débrouillait à toutes les places. Il avait l'art de se reconvertir rapidement, de passer sans soucis de son job offensif à son travail défensif. On a toujours besoin d'un Angloma dans son équipe. C'était un mangeur de chevilles rapide, excellent dans les airs, et qui savait marquer un but. Jocelyn était un gentleman qu'on n'entendait pas. Cette discrétion tranchait dans un milieu de plus en plus médiatisé Comme moi, Samoy avait deviné qu'Angloma s'installerait un jour à l'arrière droit. Lille l'a lancé vers son destin. Après un passage hésitant d'un an au PSG, il signe à l'Olympique Marseille (1991-94) où les succès ne se font pas attendre : champion de France 1992, Ligue des Champions 1993, international, etc. Son brio en fait un international à part entière et attire les regards de grands clubs étrangers. On l'a vu à Torino, à l'Inter Milan, au FC Valence (finaliste de la Ligue des Champions 2000 contre le Real Madrid) où se termine sa carrière au top, à presque 37 ans. En 2006, on l'a revu à l'£uvre avec la Guadeloupe en Coupe des Caraïbes puis un an plus tard en Gold Cup. Jocelyn a aussi été champion de Guadeloupe avec le club amateur de ses débuts, l'Etoile de Morne-à-l'Eau. Cette petite équipe se qualifia même pour le septième tour de la Coupe de France. La boucle était bouclée pour ce joueur de 41 ans. Il n'y a pas de secrets : une telle longévité sportive n'est pas difficile à expliquer. Angloma n'a vécu que pour sa passion, le foot. Il se gérait avec sagesse et je ne l'ai jamais vu boire un verre de vin ou une bière. Or, en France, au déjeuner, il y a souvent un bon Château sur la table des joueurs. Jocelyn ignorait cette tradition. " né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing)propos recueillis par pierre bilic