Exit donc Eric Blareau ! L'inexorable limite d'âge a sonné après 19 années de D1 dont 12 au niveau international. Mais ce qu'il faut rappeler avant tout, c'est son ascencion fulgurante : arrivé, à 24 ans, à l'échelon national en juillet 1982, il gravira une division chaque année pour se retrouver, trois ans plus tard, en D1 le 14 août 1985 pour arbitrer Waterschei contre Courtrai.
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Exit donc Eric Blareau ! L'inexorable limite d'âge a sonné après 19 années de D1 dont 12 au niveau international. Mais ce qu'il faut rappeler avant tout, c'est son ascencion fulgurante : arrivé, à 24 ans, à l'échelon national en juillet 1982, il gravira une division chaque année pour se retrouver, trois ans plus tard, en D1 le 14 août 1985 pour arbitrer Waterschei contre Courtrai. A l'époque, il est apparu un peu comme l'enfant prodige de l'arbitrage. J'entends encore Vital Loraux, au seuil des années 80, nous révéler, confidentiellement et d'un ton à la fois sentencieux et paternaliste, la future éclosion d'un virtuose du sifflet en province du Hainaut... Et en évoquant cette prophétie, je ne serai pas seul à penser qu'Eric aurait dû et pu faire encore une plus grande carrière s'il avait su faire preuve d'un peu plus de diplomatie et d'entregent. Hélas Eric n'a jamais été doué pour les man£uvres en coulisses et encore moins pour cirer les pompes ! Peu enclin à livrer le fond de sa pensée, Eric Blareau a toujours trop intériorisé ses désirs et ses ambitions. Eric ne sait pas et n'aime pas demander. A la limite, il éprouverait même de la fierté à ne rien devoir à personne comme il l'a déclaré lui-même à l'issue de son ultime rencontre. Souci d'indépendance ? Fierté mal placée ? Timidité ? Méfiance ? David Delferrière, son ami et conseiller de toujours, opte pour l'indépendance d'esprit : " Il a cru pouvoir réussir tout seul ! " Dans une corporation où les opportunistes ne sont pas plus absents qu'ailleurs, Eric s'est borné à ne compter que sur lui, sur son talent, sa volonté et son travail. C'est louable... mais l'ouverture aux autres conduit-elle nécessairement à la compromission ? Forçat de l'entraînement, il a toujours affiché une parfaite condition physique. Sur le terrain, il osait tout et n'avait peur de rien. Concentré à 100 % sur ses matches, il faisait preuve de constance dans ses décisions et se voulait toujours conséquent avec lui-même. Et si, comme tout un chacun, il lui est arrivé de connaître des méformes ponctuelles, jamais je n'ai entendu ni un club ni un dirigeant douter un seul instant de son honnêteté ou de sa compétence. Il était sobre et efficace. Il n'était pas là pour faire son numéro, mais pour faire respecter l'esprit du jeu. Ceux qui l'ont fréquenté savent combien il a tout sacrifié à sa passion. Il considérait son rôle d'arbitre comme un service pour que d'autres puissent prendre du plaisir ! Un bon arbitre passe inaperçu ! L'arbitrage était un second job qu'il a pratiqué avec une grande conscience professionnelle. Petit détail anecdotique : quand il rentrait le soir ou la nuit à l'issue d'une rencontre, sa méticulosité était telle que, jamais, il ne se serait couché, quelle que soit l'heure, sans avoir rangé le contenu de son sac et mis à sécher maillot et godasses. Bianca, son épouse, apprécie encore et toujours. Il faut tourner la page, chantait Claude Nougaro ! La rupture est d'autant plus difficile à vivre qu'elle est brutale. D'autant plus dure qu'Eric est en pleine forme. C'est en septembre que le contrecoup sera pénible ! Car Eric est quelqu'un de très affectif et de très sensible. Ses dernières interviews, à chaud, l'ont d'ailleurs confirmé quand il laissa poindre son immense déception de ne pas avoir pu arbitrer la finale de la Coupe de Belgique. Secrètement, il l'espérait ! La commission centrale des arbitres devra avoir une argumentation en béton armé pour me convaincre que Monsieur Blareau ne méritait pas cette finale. Pas comme un cadeau ! Mais comme une belle opportunité de mettre une dernière fois en vitrine quelqu'un qui a fait honneur à la corporation. Il était en forme. Il n'aurait pas, comme d'autres jadis, cochonné sa finale sous prétexte de plaire une dernière fois. C'est pas son style. Il avait toutes les qualités requises pour être encore une fois à la hauteur ! Un arbitre wallon pour arbitrer deux clubs flamands : idéal non ? Je sens que je vais irriter. Tant pis ! Carton rouge à la CCA. parAndré Remy" Pas là pour faire son numéro, mais POUR FAIRE RESPECTER l'esprit du jeu "