Pourquoi ils vont la gagner

Parce que personne n'aurait déjà misé un quart de centime d'euro sur la présence de l'Olympique Lyonnais en quart de finale. Et que si l'OL est capable de se jouer de la Juventus sur une confrontation aller-retour, alors pourquoi ne pas rêver à l'improbable contre un autre géant continental ? Il y a bientôt deux ans, Lyon avait déjà créé la sensation en allant battre Manchester City sur sa pelouse. Une victoire fondatrice (1-2) grâce à des buts de Maxwell Cornet et Nabil Fekir. " Le Peps Génésio ", titrait L'Équipe le lendemain. Depuis, c'est vrai, Bruno Génésio a laissé sa place à Rudi Garcia, Fekir a pr...

Parce que personne n'aurait déjà misé un quart de centime d'euro sur la présence de l'Olympique Lyonnais en quart de finale. Et que si l'OL est capable de se jouer de la Juventus sur une confrontation aller-retour, alors pourquoi ne pas rêver à l'improbable contre un autre géant continental ? Il y a bientôt deux ans, Lyon avait déjà créé la sensation en allant battre Manchester City sur sa pelouse. Une victoire fondatrice (1-2) grâce à des buts de Maxwell Cornet et Nabil Fekir. " Le Peps Génésio ", titrait L'Équipe le lendemain. Depuis, c'est vrai, Bruno Génésio a laissé sa place à Rudi Garcia, Fekir a préféré partir faire les beaux jours du Real Betis et Cornet a été transformé en piston gauche contre nature. Mais dire que l'OL a régressé ces 22 derniers mois serait une erreur. La mainmise de plus en plus criante de Memphis Depay sur le jeu de contre-attaque lyonnais est une arme loin d'être factice. Le retour en forme de Jeff Reine-Adélaïde, un détonateur réel. Pour les deux dynamiteurs de la ligne d'attaque de l'OL, le drame du 15 décembre dernier est déjà loin. Ce jour-là, au Groupama Stadium contre Rennes (0-1), l'OL n'abandonnait pas seulement trois points aux Bretons, mais perdait surtout sa doublette offensive en pleine bourre, l'un comme l'autre sur une double rupture du ligament croisé antérieur. Deux joueurs capables de sceller à eux seul le sort d'un match et victimes. Le même soir d'hiver grincheux, l'OL croyait dire adieu à ses ambitions et les joueurs à leur saison. Le Covid-19 en décidera autrement. Tout sauf un hasard. Parce que la défense de l'OL est une passoire. Normal, pour une équipe qui n'a gagné que trois de ses quatorze derniers matches de Ligue des Champions. Peut-être aussi parce qu'en cinq rencontres amicales de préparation, l'OL n'est parvenu qu'une seule fois à achever une partie sans prendre de but. C'était contre Nice, début juillet, pour le seul test effectué avec un quatre arrière. Une option visiblement enterrée depuis par Rudi Garcia. Le 3-5-2 plébiscité par l'ancien de l'OM est un dispositif taillé pour subir. Fernando Marçal, Marcelo, Jason Denayer ou Joachim Andersen ne connaissent que trop bien les discordances d'un système souvent prompt à prendre l'eau à la moindre averse. Ses sorties récentes en amical contre l'Antwerp (2-3) et Gand (2-3) l'attestent si bien que les standards continentaux paraissent à mille lieues de cet OL-là. Pour éviter l'inondation, la bande à Jean-Michel Aulas s'est donc fait une spécialité de toujours inscrire un but en plus que l'adversaire. Qualifiés pour les huitièmes de finale avec la pire différence de buts des seize prétendants au titre l'an dernier (onze buts contre), les coéquipiers de Houssem Aouar n'ont pas fait tellement mieux cette année (huit buts contre). Le miracle d'une double accession en huitièmes, parachevé cette année de l'élimination de la Juve, semble donc un jour devoir prendre fin.