E-mail : OL@olympiquelyonnais.com
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E-mail : OL@olympiquelyonnais.com Site officiel : www.olympiquelyonnais.com Champion de France : 2002, 2003, 2004, 2005 Coupe de France : 1964, 1967, 1973 Coupe de la Ligue : 2001 Supercoupe de France : 2002, 2003, 2004Lyon doit son succès à son président, Jean-Michel Aulas, 56 ans, qui a repris les rênes du club en 1987 alors que l' OL végétait en D2. Il a appliqué les principes d'un homme d'affaires et a géré les quadruples champions de France comme son entreprise, la CEGID, une société de logiciels employant 2.200 personnes. S'inspirant des méthodes de Claude Bez et Bernard Tapie, il n'a retenu que les éléments gagnants de ces deux personnages. Aulas a façonné son club à son image d'ultra libéral û même s'il se dit proche du maire socialiste de la ville, Gérard Collomb û voulant faire entrer son club en Bourse, se battant contre une fiscalité trop élevée et prônant la gestion des droits télés par les clubs. Mais Aulas a su créer une entité forte dans un premier temps où il a fait entrer les industriels de la région dans le capital du holding (SCPS) qui possède les Gones. En signant quatre titres d'affilée, Aulas a fait de son club l'égal de Marseille et Saint-Etienne, s'attirant de plus en plus les sympathies hexagonales. Et sans doute, bientôt en Europe, où pas à pas, l' OL se fait un nom. Au point de se voir un avenir en finale de Ligue des Champions. Pour y arriver, Aulas a donné à son club le plus gros budget de France. " Je voulais rappeler la primauté de l'économique sur le sportif. Pour avoir la meilleure équipe, il faut une structure d'entreprise forte ". Mais, s'il agit en chef d'entreprise, il n'en oublie pas les rapports humains. En plaçant sa confiance dans certains fidèles comme son entraîneur Paul Le Guen ou en motivant les joueurs. Comme l'année passée lorsqu'il avait ramené à l'entraînement les trophées des saisons précédentes alors que son équipe traînait la patte. Juste pour la motiver. Son image froide s'est donc fortement atténuée avec le temps. Au point de devenir consensuel et d'être courtisé par le monde politique tant à gauche qu'à droite. Lorsqu'il arriva à Lyon, sa tâche n'était pas aisée. Paul Le Guen (41 ans) venait de Rennes où il avait dans un premier temps accompli du très bon travail avant de prendre une année sabbatique. Mais surtout, il succédait à Jacques Santini, qui était parvenu à offrir à Lyon son premier titre. Qu'importe. Le Guen a fait mieux en poursuivant cette tâche et en signant à l' OL un triplé historique. Toujours en gardant son caractère : une sérénité à toute épreuve. Il ne s'affola pas quand le club se délesta, il y a deux ans, de son buteur Sonny Anderson. Et il ne se départit pas de son calme lorsque le recrutement de la présente saison ne se boucla qu'aux dernières heures du mercato fin août. " Il prend ce qu'on peut lui apporter et il essaie d'en tirer le maximum ", dit de lui le président Aulas. Toujours entouré de son adjoint, Yves Colleu, Le Guen a réussi une belle carrière au stade Gerland. Avec quelques coups de maître cette saison comme son coaching face à Saint-Etienne, lorsque mené 2-1, il intégra deux attaquants supplémentaires pour finalement l'emporter. Ou lorsqu'il lança le jeune Jérémy Clément face à Monaco. C'est lui qui égalisait à la 95e minute. Mais, il convient également de souligner le recadrement de Wiltord dans l'axe comme attaquant de pointe ou le choix d'Essien comme défenseur central pour pallier l'absence du capitaine Claude Caçapa. Pourtant, après trois saisons, Le Guen a décidé de relever un autre défi. Après Rennes (1998-2001) et Lyon (2002-2005), il rêve donc de l'étranger. Aulas le regrettera. " Ce que je peux dire, c'est qu'une de mes grandes fiertés en tant que président de l'OL restera d'avoir été celui qui a choisi Paul Le Guen ". Mais il y a la base d'un club qui fait la part belle aux Lyonnais pures souches comme Rémi Garde (observation des futurs adversaires) et Bernard Lacombe (conseiller sportif). Jamais Lyon n'avait connu autant de facilités pour remporter un titre. Lors des saisons précédentes, le club avait pris le risque de mettre le moteur en marche lors de la deuxième partie du championnat. Cette année, Lyon a dominé dès le début. Et pourtant, rien ne prédisposait le club à une telle chevauchée solitaire. En se séparant à l'intersaison de pièces maîtresses comme Edmilson, Eric Carrière, Vikash Dhorasoo, Eric Deflandre ou Joël Muller, Lyon confiait le jeu à une nouvelle génération avec comme référence Grégory Coupet. Et le moins que l'on puisse écrire, c'est que ce fut réussi. Pas moins de sept joueurs lyonnais faisaient partie de l'équipe type 2005 du championnat de France. Parmi eux, la jeune star montante : Michaël Essien. Agé de 22 ans, le Ghanéen a explosé au point d'être élu joueur de l'année en France, succédant au palmarès à Didier Drogba. Il peut évoluer tant en médian défensif que comme défenseur central et est déjà courtisé par les plus grands clubs européens (Milan, Juventus, Manchester...). L'entrejeu reste la force de Lyon puisqu'il concentre également d'autres stars comme Florent Malouda, promu international cette saison, Juninho qui, à 30 ans, est devenu le chef d'orchestre de cette équipe tant en mouvement qu'à l'arrêt avec ses coups francs et Sydney Govou, pur produit régional, qui, à 24 ans, devrait partir. Mais, si Lyon a su prolonger son règne hexagonal, c'est grâce au recrutement : petit à petit, les pièces se sont assemblées avec l'arrivée dans un premier temps du Brésilien Cris et du Lillois Eric Abidal pour former la charnière centrale et en toute fin de mercato, de Sylvain Wiltord qui a retrouvé toutes ses sensations en bord de Saône et Rhône, et Nilmar en attaque afin de pallier l'absence de Giovane Elber. " On a eu une politique de recrutement ambitieuse alors que pas mal de monde sans doute pensait le contraire ", a expliqué le président. Sans oublier Coupet, à qui il ne manque qu'une présence accrue en équipe de France pour s'ériger en légende. Lyon sait que pour se faire un nom, il doit engager des grands joueurs mais sa politique n'est pas axée sur des stars. Il suffit de voir le dernier recrutement. Alors que Marseille, le PSG et Monaco se lançaient dans les effets d'annonce, Lyon choisissait juste et a su faire valoir son centre de formation. Sur un effectif de 27 joueurs, pas moins de 13 joueurs sont issus de Tola Vologe. Soit près de la moitié de l'effectif... Et si la quantité est présente, la qualité ne manque pas. Le gardien Nicolas Puydebois a parfaitement suppléé Grégory Coupet, lorsque celui-ci s'est blessé. En défense, Jérémy Berthod commence à trouver ses marques mais c'est avant tout en attaque que le potentiel se remarque. Guidés par l'exemple de Sydney Govou, les jeunes de talent ont poussé. Il faut dire que la réussite de Govou est exemplaire. A 24 ans, il a incarné la jeunesse triomphante au point de porter le brassard de capitaine lors de la blessure de Caçapa. Fils d'un infirmier d'origine béninoise, il avait dans un premier temps envisagé des études de biologiste ou de kiné avant de se tourner vers le foot. Son regard est tourné vers l'étranger et le président Aulas lui a accordé son bon de sortie pour services rendus. Mais derrière, cela bouge. Cette année, les deux champions d'Europe 2004 des moins de 17 ans, Hatem Ben Arfa et Karim Benzema ont fait leur début professionnel. Et Lyon s'est empressé de proposer un contrat pro à Ben Arfa, déjà courtisé par toute l'Europe. Et puis, il y a aussi des garçons comme Bryan Bergougnoux ou Jeremy Clément qui ont pris une part plus active aux succès lyonnais cette saison que ce soit en championnat ou en Ligue des Champions. Bergougnoux, qui a intégré le centre de formation à 11 ans, a inscrit quatre buts en championnat et deux en coupe d'Europe alors que Clément a signé l'égalisation importantissime face à Monaco. Rafraîchi pour les besoins de la Coupe du Monde 1998, le stade de Gerland est d'une capacité de 43.000 places. Mais le président Aulas pense déjà à son agrandissement. Il a déjà soumis le projet d'une enceinte de 65.000 places au maire socialiste Gérard Colomb qui ne serait pas réfractaire à l'idée. Et pas seulement parce que le stade est situé avenue Jean Jaurès. Mais pas avant 2007, date à laquelle la ville doit accueillir la Coupe du Monde de rugby... Gerland a été édifié dans les années 1910. D'inspiration antique (Lyon rêvait d'organiser les Jeux Olympiques), il était pourvu d'une piste d'athlétisme et d'un vélodrome. Mais le football a pris le pas sur les autres sports. Les quatre entrées monumentales ont été classées monuments historiques en 1967 et restent un des seuls vestiges du stade primitif. Le stade connaît son premier lifting pour l'EURO 1984. La piste d'athlétisme est supprimée alors que le vélodrome avait déjà été remplacé par des gradins. Le stade se refait une beauté en 1998 avec la construction de virages à double étage et l'élimination des grilles. A l'époque, les travaux avaient coûté 32,745 millions d'euros, financés pour la moitié par la ville. " C'est un stade urbain contemporain, tout sauf un chaudron. C'est un lieu de détente où l'on vit le sport intensément puisqu'on est près du terrain mais où il n'y a pas d'enfermement dans un site. La ville est visible des tribunes ", expliquait l'architecte Albert Constantin dans les colonnes de L'Equipe. Récemment, la ville a aménagé les environs du stade et rénové les tribunes et les loges pour 5,7 millions d'euros tout en supprimant la taxe sur les spectacles ayant lieu dans l'antre de Gerland (soit une économie de 1,2 millions d'euros par exercice). Mais si la ville a fait cet effort, c'est pour mieux faire passer la pilule. Car alors qu'elle louait gratuitement le stade à l' OL, le club doit désormais payer une subvention de 600.000 euros. Le terreau lyonnais, c'est Lyon, l'ancienne capitale des Gaules. Car Lyon n'a pas encore de réputation en France. L'OM et le PSG le devancent dans toute la France et dans la région, c'est Saint-Etienne qui a encore la côte. Mais la tendance s'inverse progressivement. Les supporters apprécient la stabilité du club et l'image locale qui lui colle aux basques. Les anciennes gloires ( Jean Tigana, Aimé Jacquet) y reviennent avec plaisir et tout au long de la saison, les supporters lyonnais ont supporté leur équipe. Sans faire de vagues et sans lui mettre trop de pression. " Une fois par trimestre, je rencontre les groupes de supporters ", explique Aulas, " Cela me permet d'anticiper, de perpétuer le dialogue, de mieux comprendre. Les supporters sont là parce qu'ils veulent aussi voir évoluer le club. Certes, on n'est pas toujours d'accord mais on évite les rapports de force ". Bien loin des conflits perpétuels entre supporters et dirigeants qui ont cours à Marseille, Paris, voire même Lens, public fair-play par excellence qui a pourtant manifesté son courroux cette saison. En 1999, une partie du public avait fait grève et s'était abstenu d'encourager ses couleurs. Ce temps-là est bien révolu. Les cinq grands groupes de supporters ( Kop Virage Nord, Lugdunum's, Amicale des Rouge et Bleu, Nucleo extra et Hex@gones) organisent l'ambiance et le public n'est composé que de 2.200 ultras. Désormais, le stade est sold out à de nombreuses reprises (10 fois la saison passée) et compte un taux de remplissage de 92 à 94 %. Aulas n'a jamais caché que son modèle c'était Manchester. En matière sportive mais surtout au niveau du merchandising. Et cela commence à prendre. L'entreprise mise en place est devenue un mastodonte dans le tissu économique local. Dans un premier temps, l' OL a construit sa politique autour de la boutique du club où tous les produits dérivés sont en vente directe ou par correspondance. Mais très vite, le club s'est diversifié et est désormais présent dans la téléphonie mobile (OL mobiles), dans les auto-écoles (OL Conduite, OL taxis), les brasseries (OL café mais aussi des restaurants comme L'Argenson dont le club est propriétaire à 50 % en association avec le célèbre chef Paul Bocuse), des instituts de beauté (OL Beauté, OL Coiffure...), les agences de voyage (OL voyages), sans oublier la télévision (OL télé). Mais le club a développé également sa bière et son vin, vendus dans les établissements OL boissons et a produit et commercialisé le CD Lyonnais qui s'est vendu à 40.000 exemplaires et dont on attend une deuxième version. Chaque licencié profite, grâce à l'appellation OL, de l'aura du club et doit, en contrepartie, verser des royalties au club : entre 2 et 7 % de son chiffre d'affaires. Les droits télés qui ont explosé cette année (600 millions d'euros pour l'ensemble du football français) vont permettre à Lyon de compter pour la prochaine saison sur une hausse de leurs rentrées. Ainsi, au niveau des transferts, le champion serait tenté de faire un gros coup en enrôlant David Trezeguet pour 25 millions d'euros. Pour grandir, Lyon a compris qu'il devait compter sur un sponsor solide Renault Trucks (10 millions d'euros pour trois ans) et sur une visibilité à l'étranger. C'est dans cette optique que le club a déjà participé à la Coupe de la Paix en Corée du Sud. Pour cela, Lyon a multiplié la présence de ses partenaires. Outre Renault qui prend en charge le sponsoring maillot à domicile, le club bénéficie du soutien financier de LG (maillot en déplacement), NC, Fertiligène, ISS, Orange et Umbro.