Leur premier objectif consistera sans aucun doute à montrer au public qu'ils existent séparément. Car, pour le moment, ils ne forment qu'un. Remi Ribault et Fabien Camus, 20 ans, ont débarqué ensemble à Charleroi. Tous les deux proviennent de l'Olympique de Marseille et tous les deux ne peuvent nier leur appartenance à la métropole du sud. L'accent est chantant et s'arrête sur des lettres qui n'existent pas. Et leur manière d'agir trahit également leurs origines. Quand on leur demande où va se dérouler l'interview, ils choisissent un coin de pelouse ombragé, dans le jardin de leur hôtel. Le soleil est présent et il ne manque plus que le bruit des cigales et le pastis pour faire illusion. " Depuis qu'on est arrivé, on ne nous parle que du temps. Mais pour le moment, on n'est pas trop dépaysé ", lâche Camus en faisant allusion à la canicule de cette fin de mois de juin.
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Leur premier objectif consistera sans aucun doute à montrer au public qu'ils existent séparément. Car, pour le moment, ils ne forment qu'un. Remi Ribault et Fabien Camus, 20 ans, ont débarqué ensemble à Charleroi. Tous les deux proviennent de l'Olympique de Marseille et tous les deux ne peuvent nier leur appartenance à la métropole du sud. L'accent est chantant et s'arrête sur des lettres qui n'existent pas. Et leur manière d'agir trahit également leurs origines. Quand on leur demande où va se dérouler l'interview, ils choisissent un coin de pelouse ombragé, dans le jardin de leur hôtel. Le soleil est présent et il ne manque plus que le bruit des cigales et le pastis pour faire illusion. " Depuis qu'on est arrivé, on ne nous parle que du temps. Mais pour le moment, on n'est pas trop dépaysé ", lâche Camus en faisant allusion à la canicule de cette fin de mois de juin. Il faudra donc apprendre à les différencier. Il y a d'abord l'aîné, Remi Ribault, né en janvier 1985, le costaud, au look de légionnaire (coupe très courte) et au diamant à l'oreille. Celui qui aime les belles voitures. " Je ne peux que les contempler dans les magazines. Je suis un collectionneur de rêves ". Le minot de Marseille, celui qui après un an au club de Batarelle, rejoignait l'OM à huit ans. " Jusqu'à 14 ans, c'est encore de l'amusement. Après on rentre dans la formation et on commence à penser qu'on va en faire un métier ", explique-t-il. Lui, il a monté tous les échelons marseillais avant d'aboutir en CFA la saison passée. Repris une fois ou l'autre en Première, il n'a jamais pu goûter aux joies d'un match officiel avec le groupe pro. Mais malgré cela, Marseille croyait en lui, au point de lui proposer, il y a deux mois, de signer un premier contrat pro. " Pourtant, j'ai immédiatement demandé qu'on me prête. Je voulais m'aguerrir. Il n'y avait pas trop de possibilités de percer dans le groupe marseillais. J'étais soumis à rude concurrence la saison passée : d'abord Bixente Lizarazu puis Abdoulaye Meité. Et vu qu'ils n'ont jamais été blessés... Il y a donc un moment où on n'a pas le choix. Il faut partir. La plupart du temps, on est prêté en Ligue 2 ou en National mais l'offre de Charleroi s'est présentée et je n'ai pas hésité. En décembre, j'avais déjà eu quelques contacts avec les Belges. Je m'étais alors intéressé au club, à ses résultats. J'ai ainsi constaté qu'il avait terminé cinquième du championnat et qu'il allait disputer l'Intertoto ". Dans le jeu, Ribault, c'est le défenseur gaucher qui peut aussi bien évoluer au back que comme médian. Et sous ses airs de dur, il cache une certaine sensibilité. Très attaché à sa famille, il connaît sa première grande séparation. Son père, employé à la SNCF, s'est déjà déplacé à Charleroi pour faire connaissance avec son nouvel environnement. Quant à sa mère, elle attendra qu'il ait emménagé dans son appartement. Camus, c'est le cadet (il concède un mois à Ribault) et c'est un physique plus frêle. Une coiffure soignée et un sourire polisson. Celui qui suit la mode et qui aime la musique et le rap marseillais comme FF ou Psy4dela rime. C'est l'enfant des arènes d'Arles, celui qui a fait toutes ses classes dans la ville qui a accueilli Vincent Van Gogh, avant d'émigrer au centre de formation de Montpellier à 15 ans et de filer à Marseille à 17. C'est désormais devenu un Marseillais d'adoption, celui qui va bronzer aux calanques de Cassis, son dernier souvenir avant de partir pour le Pays Noir. " J'ai rejoint le groupe pro de l'OM avec Remi en début d'année passée mais on a dû se contenter des matches de CFA. J'ai réussi cependant à être repris à trois reprises pour les rencontres pros. Et j'ai foulé la pelouse du stade vélodrome durant 20 minutes face à Metz. J'avais remplacé Camel Meriem. J'étais concentré et je ne m'étais pas trop rendu compte que j'évoluais devant 60.000 spectateurs. L'échauffement m'avait davantage impressionné. Mais je n'ai pas trop répondu aux attentes la saison dernière suite à quelques pépins physiques. Les dirigeants ne m'offraient pas de contrat mais mon manager, Jean-Luc Baresi, m'avait dit que Charleroi cherchait un médian offensif. Je suis venu fin avril pour disputer deux matches amicaux et cela s'est bien déroulé. J'ai donc signé un contrat d'un an ". Camus, c'est également quelqu'un qui peut jouer à toutes les places de la ligne médiane même s'il a une prédilection pour celle de numéro 10. Profitant des bons contacts entre Mogi Bayat et Marseille, les deux Français ont donc finalement abouti à Charleroi. " Les joueurs nous ont très bien accueillis ", commente Camus. " On s'est présenté et chacun a eu un petit mot. On a tout de suite senti un bon climat. Grâce à leur façon d'être avec nous. Ils ne nous laissaient pas seuls dans notre coin. Tout le monde s'encourage sur le terrain. On voit que le groupe est soudé, assez jeune. On sent qu'il a un vécu, qu'il a dû se battre pour le maintien et pour l'Europe ensemble. Et puis, il y a d'autres Français dans l'équipe. Cela facilite l'intégration. Surtout au niveau de la langue. Il y a deux autres Marseillais û NDLA : Loris Reina et Sébastien Chabaud û et on se dit alors : -Eux, ils se sont adaptés, alors pourquoi pas nous ? La ville est sympa et même si ce n'est pas Marseille et qu'il fait un peu plus froid, ce n'est tout de même pas la Russie. Et puis, on n'est pas venu ici pour faire la fête ou du tourisme ". Ribault : " En arrivant ici, on nous a beaucoup parlé du temps et on croit que l'on est avantagé sous la canicule. Mais à Marseille, quand il faisait chaud, on ne s'entraînait jamais en journée par pareille chaleur. Soit le soir, soit à 6 heures du matin sous José Anigo. Notre objectif, ici, c'est de devenir titulaire le plus vite possible. On a directement pu se rendre compte que l'on débarquait dans un club avec des dirigeants qui sont pros. Rien n'est laissé au hasard et tout est bien structuré. On n'a pas été surpris ou dépaysé. L'Intertoto nous permettra de rentrer directement dans le vif du sujet et de nous adapter au club plus vite. On ne doit pas snober cette compétition d'autant plus qu'on pourrait retrouver l'OM au quatrième tour. Ce ne serait pas mal, hé ?" (Il sourit). Il leur reste désormais à s'imposer dans un nouvel environnement et de suivre l'exemple d'autres footballeurs hexagonaux venus se faire une carte de visite sous nos latitudes. Et en cas de mal du pays, ils pourront toujours visionner sur France 3 le feuilleton Plus belle la vie qui a pour cadre leur ville de c£ur. " Ils ont reconstitué tout un quartier du vieux Marseille. Il n'y a qu'une chose qui n'est pas crédible : aucun acteur n'a l'accent marseillais ", concluent-ils en ch£ur. Stéphane Vande Velde" EN INTERTOTO, ON PEUT RETROUVER L'OM au quatrième tour " (Remi Ribault) " DEUX AUTRES MARSEILLAIS SE SONT ADAPTÉS. Alors, pourquoi pas nous ?" (Fabien Camus)