Club : Hertha BSC
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Club : Hertha BSC Inauguration : 1936 Capacité : 76.243 places (55.000 pendant les travaux) Cher Magazine, Le balai des camions est incessant entre les deux grandes colonnes de béton trônant à l'entrée du stade olympique de Berlin. Les travaux d'aménagement en vue de la Coupe du Monde 2006 battent leur plein et il faut montrer patte blanche pour passer sous les anneaux suspendus et avoir accès au chantier. De petits plans sont distribués par un guichetier afin d'aiguiller les visiteurs potentiels vers la Glockenturm, une tour de 77 mètres située à l'opposé de l'entrée principale. En route pour une balade pédestre d'une demi-heure (durée nécessaire pour faire... un demi-tour du site), véritable passage en revue des disciplines olympiques d'avant-guerre. Successivement, au fil des sons ou des odeurs, un peu comme on feuillette un livre, le Reichssportfeld (nom d'origine) se raconte. Et dieu sait s'il en a, des événements historiques à nous conter... On emprunte d'abord la Jesse-Owens-allee. Impossible d'évoquer le sprinter noir sans penser au Führer, qui fit terminer, entre 1934 et 1936, ce complexe sportif entamé en 1913 avec la construction de l'ancien German Stadion. L'odeur du crottin nous suggère ensuite les concours équestres ; les cris d'enfants, avec cette résonance si particulière que donne la proximité d'un plan d'eau, les exploits des nageurs... Il en coûte 2,5 euros pour accéder au sommet de la tour, mais la vue en vaut la peine. Elle résume, en un clin d'£il, le remarquable aspect pluridisciplinaire du lieu : boxing room, piscine indoor et outdoor, hockey, tennis... Le nombre de sculptures témoigne du goût des dignitaires nazis pour l'architecture monumentale inspirée de Rome. Et puis bien sûr, il y a le terrain de jeu de la mascotte Herthinho (un clin d'£il au football carioca). La prise de hauteur confirme une impression ressentie au niveau du sol : l'édifice est parfaitement circulaire. Si ce mastodonte va bientôt bénéficier d'un tout nouveau toit, celui-ci ne fermera pas complètement l'enceinte et l'ouverture qu'avait imaginée l'architecte Werner March, afin qu'une vision du champ de mai soit possible de l'intérieur du stade, sera préservée. Lorsqu'on a cette grande cité très verte à ses pieds et qu'on en devine le potentiel public, on ne peut que s'étonner de la maigreur du palmarès (seulement 2 titres en 1930 et 1931) du team de notre Bart Goor et autre Fredi Bobic, dû sans doute au régime particulier de la capitale allemande durant des décennies. Pas davantage de liste à rallonge de noms ronflants ayant foulé cette pelouse avec la livrée bleue et blanche, le joueur le plus connu étant sans doute l'ex-médian de la MannschaftErich Beer. Autre nom à consonance familière : l'actuel entraîneur des gardiens, Enver Maric, international yougoslave lors de la Coupe du Monde 74. Un tournoi au cours duquel les deux Allemagnes disputèrent chacune une rencontre dans ce lieu, l'un des rares à avoir échappé à la destruction lors de la chute du Troisième Reich. par Rudi Katusic