Cher Magazine,
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Cher Magazine, Nous sommes en plein centre d'Athènes, dans une enclave de la ville parsemée de petites entreprises, plus ou moins à mi-chemin entre l'Acropole et la mer. Le décor est loin d'être enchanteur, l'environnement est bruyant et les alentours surpeuplés de poids lourds. C'est pourtant ici, au beau milieu du quartier poussiéreux de Tavros, que se dresse le centre d'entraînement de l'Olympiakos. Une fois le corps de garde franchi, changement abrupte d'impression, on pénètre dans une autre dimension. Tout y est d'une netteté et d'une propreté telles que le bruit de fond semble disparaître, comme gommé miraculeusement par notre émerveillement devant un si bel outil. En route pour le tour du complexe, suivez le guide... Le nôtre commence par se diriger sans hésitation vers une armoire à casiers située devant la porte des vestiaires. Il en sort une paire de chaussures dorées. " Rivaldo ", nous dit-il avec fierté, comme si les godasses représentaient l'attrait principal de la visite. Ce premier hall renferme tout ce que l'on peut imaginer d'indispensable à la mise en condition parfaite de sportifs professionnels : immense salle de fitness (si grande qu'une petite sono avec micro est installée dans un coin, afin sans doute d'éviter au coach de s'égosiller), appareils de course sur tapis roulant, local de physiothérapie, piscine, hammam, sauna... Et comme l'ancienne équipe de Pär Zetterberg n'est que locataire, pour les jours de match, du stade Karaiskakis (aussi celui de l'équipe nationale, distant d'à peine trois kilomètres), il a également fallu prévoir une salle de presse pour les conférences hors match. Nous passons ensuite dans la section hébergement. Une partie des 150 footballeurs en herbe de l'académie y est logée dans 20 belles chambres doubles cossues, chacune pourvue de deux grands lits d'une personne et d'un téléviseur. Arpenter le long couloir d'accès aux lieux de repos équivaut à un parcours historique, photographique et chronologique du team athénien. Rien ne manque au confort des jeunes pousses : spacieuse cafétéria, bar, jeux électroniques et baby-foot, accès Internet, partie salon, le tout dans une structure à la fois lumineuse et couverte de matériaux pour lutter contre les grosses chaleurs. Les terrains d'entraînement sont tout aussi impressionnants. Un ouvrier y est occupé, souffleuse au dos, à traquer la moindre poussière. La pelouse principale est bordée d'une petite tribune de plus ou moins 1.000 places et éclairée par des pylônes dont le sommet et la structure d'accrochage des spots offrent un angle de livre à demi-ouvert. Si ces somptueuses conditions de formation et d'entraînement sont certainement de nature à séduire Trond Sollied, elles n'en demeurent pas moins situées en plein centre d'une métropole grouillante de pots d'échappement. Ajoutons-y les conditions caniculaires favorables aux taux de pollution élevés et le tableau paradisiaque s'en trouve tout de même voilé d'un léger smog. par Rudi Katusic