Olivier Doll : " Contrairement à d'autres qui croulent sous les maillots à la fin de leur carrière, ma collection personnelle est limitée. Je me suis simplement borné à conserver chaque année une tenue des deux clubs dont j'ai défendu les couleurs au plus haut niveau : Seraing et Anderlecht, auxquels s'ajoutera Lokeren en fin de saison. Certains diront que je ne fais pas vraiment dans l'originalité mais ces maillots n'en retracent pas moins toute une histoire. Et même plusieurs histoires puisque, d'un employeur et d'une saison à l'autre, la texture, les numéros et le nom des sponsors et co-sponsors sont le plus souvent différents. J'ai toujours mis un...

Olivier Doll : " Contrairement à d'autres qui croulent sous les maillots à la fin de leur carrière, ma collection personnelle est limitée. Je me suis simplement borné à conserver chaque année une tenue des deux clubs dont j'ai défendu les couleurs au plus haut niveau : Seraing et Anderlecht, auxquels s'ajoutera Lokeren en fin de saison. Certains diront que je ne fais pas vraiment dans l'originalité mais ces maillots n'en retracent pas moins toute une histoire. Et même plusieurs histoires puisque, d'un employeur et d'une saison à l'autre, la texture, les numéros et le nom des sponsors et co-sponsors sont le plus souvent différents. J'ai toujours mis un point d'honneur aussi à mettre de côté des vareuses qui ont servi pour un événement particulier. Comme ce match contre le Club Bruges, au Parc Astrid, où les deux équipes, Anderlecht et le Club, s'étaient produites non pas sous le logo de Fortis et Dexia mais sous celui du slogan : Go for Fair-Play. Une petite phrase de circonstance après que la dernière explication entre les deux ténors du championnat eut tourné au vulgaire combat de rues, quelques mois plus tôt, au stade Jan Breydel. Sur le plan international, j'en suis resté également à quelques événements majeurs. Mon tout premier échange remonte à un match de Ligue des Champions face à Benfica, en 1994-1995. Je venais de débarquer à Bruxelles en provenance de Seraing et à l'occasion de mon baptême du feu en déplacement, j'avais eu la tâche de museler l'attaquant argentin du club lisboète, Claudio Caniggia. Un match qui ne m'aura pas réellement laissé un souvenir formidable, dans la mesure où il marqua deux des trois buts des siens ce soir-là. Enfin, il avait quand même fait en sorte que je ne rentre pas tout à fait les mains vides en Belgique (il rit). Au retour, j'avais obtenu ma petite revanche personnelle en ne lui cédant pas un pouce. Mais ce match, le dernier de notre poule de qualification, comptait malheureusement pour du beurre puisque, hormis les Portugais, le Steaua Bucarest et Hajduk Split avaient obtenu davantage de points que nous. Pour la petite histoire, je signalerai que face aux Croates, j'avais eu affaire à un attaquant arborant à cette époque une belle crinière et qui allait devenir un jour mon coéquipier au RSCA : Ivica Mornar. Si je ne dois retenir qu'un nom parmi tous ceux qui se sont livrés avec moi à l'échange traditionnel des maillots en Coupe d'Europe, je citerai toutefois un autre footballeur : l'Interiste Giuseppe Bergomi dont j'ai croisé la route avec le Sporting, en Coupe de l'UEFA en 1996-97. Nous avions échoué d'un fifrelin, cette saison-là, au quatrième tour de l'épreuve : 1-1 au stade Constant Vanden Stock et défaite 2-1 à San Siro suite à un but déterminant de Maurizio Ganz. A la fin de cette partie, contrairement à l'habitude qui veut que des adversaires directs troquent le plus souvent leur vareuse respective, j'avais vraiment envie du maillot de Beppe. Car il était quand même, en ce temps-là, le symbole des Nerazzurri. Il était arrivé en équipe Première en 1979-1980 soit 17 ans plus tôt déjà. Avec ses 758 matches dont 519 en championnat, ce joueur aura été à l'Inter ce que représente Paolo Maldini pour l'AC Milan de nos jours. Ce qui n'est pas peu dire dans une compétition aussi relevée que le Calcio. par Bruno Govers