Les marcheurs arpentent en nombre les rues du village. Buvrinnes, paisible et isolé du bruit, n'est qu'à quatre petits kilomètres de Binche, point de départ d'une marche dominicale. À la sortie du patelin, les installations sportives de la rue Mahy-Faux s'apprêtent à vivre un dimanche sans remous. Un de plus.
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Les marcheurs arpentent en nombre les rues du village. Buvrinnes, paisible et isolé du bruit, n'est qu'à quatre petits kilomètres de Binche, point de départ d'une marche dominicale. À la sortie du patelin, les installations sportives de la rue Mahy-Faux s'apprêtent à vivre un dimanche sans remous. Un de plus. Les six mètres manquants à la largeur du terrain de foot le privent en effet d'une homologation. Le pré est désormais exclusivement destiné aux entraînements des six équipes du club. Coordinateur des jeunes, Pierre est un authentique vieux de la vieille puisqu'il porte également les couleurs buvrinnoises depuis deux dizaines d'années. " Il y a quelque temps, on a refait la buvette à neuf avec les membres du club ", se réjouit-il. " Le coach est menuisier, il y a deux-trois électriciens... ça a été assez facile. Du coup, on peut repasser après les entraînements boire un petit coup ensemble, manger un croque-monsieur, etc. " Dans le dos du jeune trentenaire, privés de terrain officiel fixe, les 11 titulaires de l'AJS Bonne Espérance Buvrinnes ponctuent donc leur échauffement dans les mythiques installations de la RUS Binchoise, ancien pensionnaire de D3. La démarche assurée et la bonhomie naturelle, Claude Hotterbeex tâte le terrain, qui verse irrémédiablement dans le boueux pour les mois à venir. " On s'arrange avec nos amis de la RUS pour se partager la pelouse ", précise le président de Buvrinnes. " Aujourd'hui, ils ont match à domicile donc on a avancé le nôtre... à 11 h. " Faut bien s'adapter, même si cet horaire ne draine pas les foules, pourtant de plus en plus présentes dans les travées. " On est en P4, donc il ne va pas y avoir soudainement un kop de fans ", tempère Claude, qui salue dans la foulée Patrick, le président-directeur-secrétaire-trésorier et unique membre du Club des supporters. " Mon fils ne joue plus ici depuis longtemps, mais la bonne atmosphère et la disponibilité des joueurs me font revenir tous les quinze jours ", avance le sexagénaire, loin d'être stressé par l'enjeu du jour face à Le Roeulx B, concurrent au tour final de quatrième provinciale. Les joueurs sont déjà au courant des consignes du coach lorsque la vice-présidente BéatriceBlairon installe les pancartes de remerciements aux sponsors, généreux acquéreurs des " ballons de match " cette saison. Sur le banc des remplaçants, le panneau Buvrinnes remplace momentanément celui de Binche. Le nom change, pas les couleurs, jaune et bleu. Pratique. Entamée sans arbitre officiel, la partie ne tourne malheureusement pas en faveur des " locaux ", incapables de trouver la faille. De mauvais augure pour le match de gala prévu quelques jours plus tard face aux anciens de La Louvière. " C'est Frédéric Tilmant qui mène cette troupe ", glisse André Parent, le correspondant qualifié. " Il s'est par ailleurs récemment affilié à Buvrinnes, il s'entraîne et espère même pouvoir disputer quelques minutes cette saison. " D'autres acteurs de la grande RAAL du début du siècle tels que Marco Casto, DimitriDelière, Manu Kenmogne ou encore Alexandre Bryssinck sont annoncés pour marquer leur soutien au cercle binchois. À dominer sans conclure, l'ASJ se fait logiquement surprendre en contre et s'incline sur un score arsenal. Une occasion ratée d'étrenner les nouveaux maillots, entièrement imprimés à l'initiative des joueurs, harassés par les traditionnels flocages bancals. Certes, le tour final s'éloigne déjà, mais la ligne directrice du club reste la même. " On veut accompagner le développement et l'épanouissement de jeunes de la commune de Binche à travers le foot et l'implication dans le folklore local ", note Claude, fier de disposer d'une équipe constituée à 65% de gars formés au club. Mais qui fait de l'accueil de joueurs allochtones une tradition. " À Buvrinnes, c'est comme dans les Ch'tis ", illustre André. " On pleure à l'arrivée en voyant les installations et on pleure au moment de partir, quand on comprend que c'était bien plus que du football. "