En Tchéquie, tous les supporters croient que leur équipe nationale prendra le meilleur sur la Belgique lors des deux matches de barrage. Tous les joueurs n'alimentent pas cette assurance comme l'a fait Tomas Repka qui n'a pas hésité à déclarer une fois le nom de l'adversaire connu: "Nous avons 90% de chances de nous qualifier. La Croatie aurait constitué un adversaire autrement plus difficile. Ses joueurs sont imprévisibles et capables de réussir de grands coups. En revanche, le jeu de la Belgique est moins inspiré et par conséquent moins surprenant".
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En Tchéquie, tous les supporters croient que leur équipe nationale prendra le meilleur sur la Belgique lors des deux matches de barrage. Tous les joueurs n'alimentent pas cette assurance comme l'a fait Tomas Repka qui n'a pas hésité à déclarer une fois le nom de l'adversaire connu: "Nous avons 90% de chances de nous qualifier. La Croatie aurait constitué un adversaire autrement plus difficile. Ses joueurs sont imprévisibles et capables de réussir de grands coups. En revanche, le jeu de la Belgique est moins inspiré et par conséquent moins surprenant".Mais tous les joueurs ne sont pas aussi présomptueux. Ainsi, Pavel Nedved: "Ce sera 50-50. Tout dépendra de la forme du moment. Nous jouons un beau football et la Belgique possède d'énormes qualités comme on a déjà pu le voir à l'EURO 2000". Réponse passe-partout pour un joueur qui regarde toujours dans les yeux la personne à laquelle il parle. Footballeur tchèque de l'Année 2000 devant Tomas Rosicky et Jan Koller, Nedved est conscient que de tels propos ne suscitent pas forcément l'intérêt: "En fait, si mes compatriotes pensent que nous allons l'emporter c'est parce qu'ils sont convaincus que notre équipe est la meilleure. Du moins, si l'on prend chaque joueur poste par poste, nous sommes un peu plus forts. Pourquoi notre équipe nationale a eu du mal à se qualifier directement? Tout simplement parce qu'en Islande, le 1er septembre, nous avons joué le plus mauvais match de ces dix dernières années et que contre Malte nous avons souffert, et pas seulement parce que j'étais suspendu. Néanmoins nous espérons aller au Japon. Nous y tenons énormément parce que les joueurs de ma génération n'ont jamais participé à une Coupe du Monde et puis, je suis quand même le capitaine de l'équipe". Nedved connaît un début de saison assez modeste sous le maillot de la Juventus. Le club a déjà sa qualification en Ligue des Champions en poche, mais l'international tchèque reconnaît qu'il n'est pas content de la manière dont il joue."Je manque de brillant"Un tel aveu peut, dans une certaine mesure, rassurer les supporters belges qui aimeraient bien voir ce joueur ne pas honorer son image de footballeur au jeu simple, prêt à aider ses équipiers en difficulté et qui n'abdique jamais.N'êtes vous quand même pas un peu trop autocritique par rapport à la Juve?Pavel Nedved: Tout cela se passe dans la tête car nous sommes bien physiquement et nous sommes contents de notre style de jeu. Mais regardez lors du derby, nous menions 3-0 et nous avons concédé le partage. Voici deux semaines contre Porto, nous nous sommes créé quatre franches occasions de but en une demi-heure et nous n'en avons pas transformé une seule. Et puis, quand nous avons ouvert la marque, nous semblions être une autre équipe. Pour ma part, il me manque un goal car j'étais quand même habitué à tromper régulièrement les gardiens adverses. Mais je confesse que ce n'est pas la seule raison pour laquelle je ne suis pas content de moi. Il me manque ce côté brillant, qui fait également défaut chez quelques-uns de mes équipiers. Il n'est pas facile de s'intégrer rapidement dans une nouvelle équipe qui est en train d'assimiler un nouveau style de jeu.Non, c'est moi qui ne marche pas. Certes il est difficile de s'intégrer dans une équipe comme la Juventus qui tente de jouer d'une manière totalement différente de celle qu'elle a connu pendant plusieurs années. La Juventus pratique un football bien différent de celui de la Lazio. La formation romaine se maintenait fort à l'arrière et misait sur le contre. Je bénéficiais donc de beaucoup d'espaces. La Juventus, elle, évolue quasiment constamment dans la moitié de terrain adverse. Ce qui revient à dire que les espaces sont réduits et que pour franchir l'obstacle, il faut se sentir très fort et ce n'est pas toujours le cas.Vous n'avez pas toujours joué à votre place de prédilection.Quand j'ai vu que la Juventus était privée de ses attaquants et notamment de mon ami Salas, je ne me suis pas prononcé et certainement pas quand j'ai eu l'intuition que, pendant quelques rencontres, je pourrais être le deuxième attaquant. Je me suis limité à déclarer que nous verrions bien et que cela dépendait de l'entraîneur. J'ai tenu ce rôle contre Porto en Coupe d'Europe et cela ne m'a pas déplu. Enfin, soyons francs, je dois m'améliorer sous différents aspects, y compris le physique. Inutile de nier l'évidence, je ne suis pas encore moi-même.Cela ne risque pas d'arriver en équipe nationale.Non, même si dans un passé récent on m'a demandé de délaisser mon flanc gauche pour un rôle plus axial. Mais comme cela n'a pas été une réussite totale, j'ai retrouvé mon poste, celui que j'occupais au sein de mon club."Koller est un joueur très correct"Votre entraîneur, Marcello Lippi, vous a récemment dédié une mention spéciale et s'est dit heureux de voir que vous vous êtes retrouvé.Probablement que le fait d'avoir été suspendu pour les trois premières rencontres de Ligue des Champions (à cause de mon exclusion la saison dernière à Leeds) m'a joué un mauvais tour. Maintenant je joue à nouveau deux rencontres par semaine et cela devrait m'aider à atteindre un meilleur niveau. C'est déjà mieux qu'il y a quelques semaines mais je suis très critique et je ne suis pas satisfait de moi.Jozef Chovanec nourrit à votre égard le même respect que votre entraîneur de club.Notre sélectionneur national m'accorde une grande confiance et cela ne peut que me faire plaisir. Mais attention, ce n'est pas seulement parce que j'ai joué avec lui au Sparta Prague que je bénéficie d'une traitement de faveur. D'autres internationaux ont été ses équipiers: Novotny, Lokvenc et même Koller. En fait, c'est un peu cela le secret de Chovanec: il respecte tous les joueurs et parle de la même manière avec tous.Il y a quand même eu un double problème avec Koller en Irlande et en Islande. Pourtant, en Belgique votre attaquant a toujours été considéré comme un joueur correct.Je connais bien Jan et je continue à penser que c'est un joueur très correct. Lorsqu'il a jeté le maillot après son remplacement, à la 65e, en Irlande, le 6 juin, c'est parce qu'il était énervé d'avoir manqué une occasion de but incroyable qui nous aurait permis de prendre l'avance au marquoir. Comme il avait lancé le maillot dans la direction du banc, tout le monde a cru qu'il l'avait jeté en direction de l'entraîneur. Et cela ne pouvait faire que du bruit puisque les télévisions du monde entier ont montré ces images. En Tchéquie, cela a pris des proportions énormes d'autant que notre prestation n'avait guère été emballante. Jan s'est rendu compte de ce qu'il avait fait et tout de suite après le match, il est allé à la salle de presse et a présenté ses excuses publiques à l'entraîneur. Malheureusement, en Islande, il est exclu après 40 minutes! Jan était sous pression, il avait changé de club, les choses ne marchaient pas bien et il avait du mal à trouver le chemin des filets adverses. Evidemment, il avait été victime de la provocation des défenseurs adverses et avait reçu pas mal de coups. Je pense toutefois que ce jour-là, il a perdu la tête. Depuis, les choses se sont calmées et tout marche d'ailleurs mieux pour lui à Dortmund."Cette fois, ce ne sera pas amical"Koller s'en est tiré avec une amende pour l'incident irlandais et quatre matches de suspension pour son exclusion islandaise... Absent contre Malte et la Bulgarie, il sautera également la double confrontation avec la Belgique. Quelle est l'importance de ce forfait et de celui de Rosicky?Ces deux absences risquent de peser très lourd dans la balance car ce sont deux éléments parmi les plus forts du noyau. Malgré son jeune âge, 21 ans, Rosicky est devenu un de nos points forts. Quant à Jan, je ne dois pas vous le présenter. Il sait aussi bien garder le ballon que faire une passe précise. Et il marque facilement. En vingt rencontres, il a inscrit quinze buts. C'est un bon rendement. Nettement supérieur à celui de Lokvenc, qui n'en a marqué que six en plus de cinquante rencontres. Vratislav est un meilleur joueur de football, il est plus collectif mais est moins efficace. C'est d'ailleurs pour cette raison que Chovanec lui a préféré Koller.Koller est un de vos grands amis.Oui, c'est vrai que nous sommes restés en contact. Je lui ai conseillé de se faire opérer des yeux comme je l'ai fait afin de ne plus porter de lunettes. J'ai déjà tout arrangé pour lui.Vous avez déjà rencontré la Belgique au printemps. Quel souvenir en avez-vous vous gardé?Nous avons disputé une rencontre amicale chez nous qui s'est soldée par un partage (1-1). Ce que j'en ai retenu, c'est que le qualificatif amical est le plus approprié. En ce sens que les deux équipes n'ont jamais donné l'impression de disputer un vrai match. Cette fois, il en ira autrement. La Belgique est, dans l'ensemble, une bonne équipe. Quant aux joueurs, j'en citerai surtout trois: Walem parce que je l'ai côtoyé en Italie, Wilmots et Mpenza parce qu'ils se débrouillent bien dans le championnat d'Allemagne.La Bundesliga est le championnat qui suscite le plus votre intérêt?Je ne suis pas du style à regarder un nombre impressionnant de rencontres à la télé. Mais je suis plus la Bundesliga, car c'est en Allemagne qu'évoluent le plus grand nombre de mes équipiers de l'équipe nationale.Nicolas Ribaudo