Dès ses débuts dans le circuit, la Rochefortoise avait clamé ses deux ambitions : devenir numéro un mondial et gagner Roland Garros. La frêle Justine Henin a vite grandi et a concrétisé ses rêves, grâce à son sérieux professionnel et au soutien de son entourage. Comme Kim Clijsters, elle a mérité cette première place. Elle a pratiqué le meilleur tennis, a été la plus motivée et a réalisé une saison presque sans faute.
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Dès ses débuts dans le circuit, la Rochefortoise avait clamé ses deux ambitions : devenir numéro un mondial et gagner Roland Garros. La frêle Justine Henin a vite grandi et a concrétisé ses rêves, grâce à son sérieux professionnel et au soutien de son entourage. Comme Kim Clijsters, elle a mérité cette première place. Elle a pratiqué le meilleur tennis, a été la plus motivée et a réalisé une saison presque sans faute. Sa progression a été fulgurante. En 2000, elle a rejoint le top-50 avec une aisance déconcertante. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'elle ne bouscule la hiérarchie mondiale. Dans le sillage de Clijsters, l'année suivante, Henin s'est catapultée vers le top-dix. Durant sa demi-finale perdue à Paris, on a remarqué que certains aspects faisaient encore défaut à son jeu technique et intelligent : un manque de maturité, de résistance physique et de sang-froid lui ont coûté la qualification et ont même semblé hypothéquer sa percée définitive. Quelques semaines plus tard, on a remarqué qu'elle disposait d'un atout qui surpassait sans doute tout le reste : la volonté irrépressible de s'imposer. Et elle a atteint la finale de Wimbledon. Une par une, elle a éliminé les lacunes de son jeu, muant l'année de confirmation en saison de progression. Son service, jusqu'alors problématique, s'est amélioré. Elle a joint les volées à son répertoire et a travaillé son coup droit pour se faire plus dominante dans la construction du jeu. L'accumulation d'expériences l'a aidée à gérer les attentes du public et lui a permis de gagner deux tournois et d'atteindre quatre finales. Ses moindres résultats dans les Grands Chelems, et surtout son élimination prématurée de Roland Garros, lui ont fait découvrir le revers de la médaille et alimenté sa rage de vaincre. C'est l'hiver dernier qu'elle a franchi le cap le plus décisif, en épousant Pierre-Yves pour clore un chapitre douloureux de sa vie. Madame Henin-Hardenne s'est épanouie en dehors des courts, ce qui a profité à son tennis. En outre, elle a passé l'hiver au chaud et a refait son retard physique sous la houlette de Pat Etcheberry. Elle s'est soumise à un régime d'entraînement terrible, qui lui a arraché des larmes. Justine a pris du muscle mais aussi de l'assurance. Ses objectifs se sont rapprochés : elle était déjà dans le top-cinq et elle a soigneusement jalonné son parcours, sans rien laisser au hasard. Son perfectionnisme s'est traduit en résultats cette saison. La joueuse a signé sa moins bonne prestation à Key Biscane, en atteignant seulement les quarts de finale. Huit tournois, trois finales et cinq demi-finales, voilà son bilan actuel cette année. Avec Kim, elle a dominé le tennis mondial. Ses triomphes à Roland Garros et à l'US Open lui ont permis de faire tourner à son avantage la guerre des nerfs qui, alimentée par la presse, l'opposait à Clijsters. Son tennis ne recèle plus d'imperfections. Tous ses coups s'intègrent dans un schéma bien défini, sa progression physique lui permet de rivaliser avec les plus solides et de détrôner Clijsters à la récupération. Justine rayonne d'assurance et s'il lui arrivait d'être distraite, Carlos Rodriguez la rappellerait bien vite à l'ordre. L'entraîneur a un rôle en vue. Il la défend face à la presse tout en la re-motivant quand elle en a besoin. Lorsque l'ancien Argentin déclare que sa pupille a une marge de progression de 30 % et que sa place de numéro un est prématurée, c'est parce qu'il pense à l'avenir. Son programme est établi avec le même rationalisme, alternant périodes de repos et de travail physique en fonction du calendrier. Sa place actuelle s'efface devant le long terme et la perspective de remporter des tournois importants. Henin fait donc l'impasse sur le tournoi de Linz et la finale de la Fed Cup à Moscou, au profit des Masters et de l'année prochaine. Justine a donc atteint ses deux objectifs. Elle est plus que jamais sous les feux de la rampe. Elle va certainement se fixer sur les deux Grands Chelems qu'elle n'a pas encore gagnés. La résurrection des s£urs Williams et la concurrence de Kim vont l'obliger à tendre plus que jamais vers la perfection. Elle peut rêver de Wimbledon, des J.O. ou simplement du bonheur, car elle l'a mérité. Elle a tout mis en £uvre pour réussir. Nous pouvons donc nous préparer à une nouvelle année grandiose.