Bodart grillé par Okon

Le résultat du Soulier d'Or 1996 surprend une partie de la Belgique du foot, fait s'élever pas mal de voix en Wallonie et dégoûte les supporters du Standard. Annoncé comme archi-favori, Gilbert Bodart échoue finalement derrière Paul Okon, l'Australien du Club Bruges. Il n'en faut pas plus pour déclencher un mini-séisme communautaire.
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Le résultat du Soulier d'Or 1996 surprend une partie de la Belgique du foot, fait s'élever pas mal de voix en Wallonie et dégoûte les supporters du Standard. Annoncé comme archi-favori, Gilbert Bodart échoue finalement derrière Paul Okon, l'Australien du Club Bruges. Il n'en faut pas plus pour déclencher un mini-séisme communautaire.Au lendemain du verdict du Soulier d'Or, Gilbert Bodart a donné, au Cercle, la réponse qui sied à un sportif : celle fournie sur le terrain. Ses partenaires ne s'y trompèrent pas, eux qui le portèrent en triomphe au coup de sifflet final. Et là, le gardien liégeois craqua. Gilbert Bodart : " C'est la première fois que je pleure sur un terrain. La tension avait été trop forte, ces derniers jours. Cette émotion, je l'avais longtemps contenue. Jeudi, j'ai tout laissé sortir (...) Lorsque je suis rentré à l'hôtel, mercredi soir, tout le monde m'attendait : des joueurs au préposé au matériel. Nous avons bu quelques bières au bar, pour oublier la déception. C'était presque moi qui devais consoler les autres. J'ai vécu des choses incroyables : on m'a transmis des télégrammes de supporters dans le vestiaire avant le match, et même encore juste avant de monter sur la pelouse. Des gens se sont déplacés jusqu'à Bruges par une température de -6° pour m'encourager (...) Ce fut peut-être l'un des plus beaux moments de ma carrière ". -Sport/Foot Magazine N°5, 31 janvier, Daniel Devos Une légende s'en va. Les Diables Rouges sont dans le creux et c'est évidemment l'entraîneur qui trinque. Paul Van Himst est prié de céder la place à son adjoint, Wilfried Van Moer.Vendredi 12 avril. Après la séance de la Ligue Professionnelle, les représentants du Cercle Bruges, Georges Ingelbrecht, et du Standard, Jean-Marie Defourny, ainsi que le président Roger Vanden Stock sont attendus au troisième étage où doit avoir lieu une réunion plénière de la Commission Technique. Sont présents également le président fédéral Michel D'Hooghe ainsi que le secrétaire général Alain Courtois. Moins d'une heure plus tard, tout ce beau monde quitte la place par une porte dérobée, histoire d'éviter les questions des plumitifs. En soirée, Karel Vertongen avise Paul Van Himst qu'il est démis de ses fonctions. Une issue à laquelle Popol s'attendait car deux jours plus tôt déjà, D'Hooghe lui avait signifié qu'il valait sans doute mieux, pour toutes les parties, en rester là (...) Marc Degryse : " Le limogeage du fédéral était dans l'air depuis quelque temps. Je ne suis donc pas autrement surpris. C'est la loi du sport. La volonté de bien faire était manifeste des deux côtés. Aussi bien chez l'entraîneur que dans le chef du groupe. Mais, sur le terrain, nous n'étions plus capables de man£uvrer correctement ". -Sport/Foot Magazine N°16, 17 avril, Bruno Govers, Peter T'Kint et Frank Buyse Johan Museeuw aime se plaindre. Cela fait des années qu'il revendique son rôle de Calimero du peloton cycliste. Son titre mondial, sur le circuit de Lugano, est tombé au moment où on s'y attendait peut-être le moins. Flash-back sur une drôle de saison. Le Tour de France s'annonce bien mais Johan Museeuw, lâché par certains journalistes, y déclare son ras-le-bol sur tous les toits. " C'est mon dernier Tour. Je n'ai plus rien à faire ici ". Si ce n'est affûter sa condition en vue des Jeux Olympiques d'Atlanta, bien sûr. Mais ceux-ci constituent une nouvelle déception : le contraste entre Pascal Richard, vainqueur souriant, et Johan Museeuw, battu en plein doute, est frappant. Il y a de l'orage dans l'air. Il éclate après Paris-Tours, que Museeuw termine dans l'anonymat du peloton, harassé, à bout de souffle. " J'arrête ", lance-t-il aux journalistes, à son directeur sportif Patrick Lefevere et au patron de l'équipe Mapei, Giorgio Squinzi. Et le Championnat du Monde, alors ? Museeuw est d'accord d'y prendre part, parce qu'il est un homme de parole et qu'il ne veut pas trahir une gloire comme Eddy Merckx. Mais il prévient tout de suite : à Lugano, il ne faudra rien attendre de lui (...) N'empêche : la manière dont il y dicte sa loi au peloton surprend tout le monde. La cerise sur le gâteau, c'est la Coupe du Monde, conquise une semaine plus tard. Au bout du compte, il vient de livrer sa meilleure saison. -Sport/Foot Magazine N°10, décembre, Frank Demetss