King Carl

Le quadruple champion olympique de Los Angeles (100 m, 200 m, longueur et 4x100 m comme Jesse Owens en 1936) est la victime de sales rumeurs répandues par la presse aux Etats-Unis. Le déplacement à Houston s'imposait.
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Le quadruple champion olympique de Los Angeles (100 m, 200 m, longueur et 4x100 m comme Jesse Owens en 1936) est la victime de sales rumeurs répandues par la presse aux Etats-Unis. Le déplacement à Houston s'imposait. " Je viendrai deux fois en Europe ", avance Carl Lewis. " En juillet et en août. Chaque fois pour deux compétitions. Pas plus. Je suis un peu fatigué de voyager l'été. Ces compétitions viennent après la saison américaine et c'est dur de rester en forme si l'on n'a pas de grands objectifs. Je veux profiter de l'été qui vient. L'année dernière fut tellement chargée ! Ce ne sont pas tellement les compétitions qui me fatiguent mais plutôt les voyages. Or, cet hiver j'ai plus voyagé à travers tous les Etats-Unis que durant ma vie entière. J'allais recevoir des prix, participer à des £uvres charitables, courir en compétition. Et je devais encore m'entraîner. (...) L'été dernier, j'ai d'ailleurs changé de BMW. On ne trouvait que la 735 ici. Je voulais la 745. J'ai dû la ramener d'Europe. La taxe était forte mais ça valait la peine. Aux Etats-Unis, quand on a de l'argent, on fait installer le conditionnement d'air et un radar dans sa voiture. C'est ce que j'ai fait. Et c'est grâce au radar que je ne suis pas en prison. (...) Le problème pour les journalistes d'agence, c'est qu'ils ne sortent jamais de leur bureau. Ils ne voyagent pas, ils ne connaissent pas la réalité. Ce qui me chagrinerait le plus, à la limite, serait que la majorité des gens soient assez crédules et négatifs pour gober toutes ces crasses.(...) Je sais qu'on m'a reproché mon patriotisme. Mais c'était tout à faut spontané. Je ne me suis jamais mis d'accord avec quelqu'un pour qu'il me tende sa bannière étoilée au moment où je passais près de lui. L'hymne national, le salut au drapeau, ce sont des éléments de la vie de tous les jours aux Etats-Unis. " -Sport Magazine N° 19, avril 1985, John Baete Le drame du Heysel a traumatisé le monde du football. Trois semaines déjà avant l'horrible finale de la Coupe d'Europe des Champions du 29 mai au Heysel, Albert Roosens, vingt ans de présidence à Anderlecht, quatorze comme secrétaire général de l'Union Belge, et cheville ouvrière des grandes organisations de foot qui se disputent chez nous, avouait avec nervosité que " ce match entre la Juventus et Liverpool que beaucoup qualifient de finale idéale est pour moi un véritable cauchemar ". (...) Harcelé de coups de téléphone de personnages de toutes envergures, il venait d'apprendre que 2.500 faux billets avaient été saisis, et se demandait avec inquiétude si des milliers d'autres (5.000, 10.000 ?), peut-être difficiles à identifier, ne seraient pas présentés au Heysel. Le stade risquerait d'être bourré de quelques milliers de spectateurs de trop. (...) Quelques jours après nous avoir fait part de son inquiétude, Albert Roosens était confronté comme nous au drame du 11 mai à Bradford, où 55 personnes moururent dans le brasier qui consuma en quelques minutes le toit de la tribune de ce club anglais de division III. Mais en aucune façon, ces immenses flammes ne pouvaient être considérées comme un mauvais présage pour la finale européenne du 29 mai. On n'incendie pas le Heysel avec une allumette. Le cauchemar d'Albert Roosens est devenu une tragique réalité qui a laissé 38 morts et plus de 350 blessés sur les gradins du Heysel. -Sport Magazine, N° 22, juillet 1985, Henry Guldemont La tête historique de Georges Grün à cinq minutes de la fin du match décisif de ce 20 novembre, contre la Hollande, à Feyenoord, permet aux Diables Rouges de répondre présent pour la quatrième fois d'affilée à un tour final. Italie 80, France 84, Coupe du Monde en Espagne 82 et Mexico 86 : c'est un quadruplé rare, et qui vaut de l'or en barre. Mais si l'événement d'aujourd'hui est exceptionnel, c'est pour d'autres raisons. Des raisons plus graves qui depuis deux ans avaient mis le football belge à genoux. Dans l'ordre chronologique, l'argent noir, la corruption, et sans commune mesure avec le reste, le Heysel. Le miroir international renvoyait à notre foot une image tragique, malsaine et antipathique. Mexico n'efface rien de tout ça, mais comme l'a dit Guy Thys " le football belge n'est pas mort ". Peut-être. Celui qui n'aimait pas le contexte très passionnel du match et son jeu trop à l'emporte-pièce pouvait toujours couper la tv. -Sport Magazine, N° 27, décembre 1985, Henry Guldemont