Retour en force de Van de Walle

Au terme de deux ans sans judo, le grand Robert a retrouvé le chemin des tatamis avec la ferme intention, à 30 ans, de défendre à Los Angeles son titre de champion olympique en moins de 95 kilos.
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Au terme de deux ans sans judo, le grand Robert a retrouvé le chemin des tatamis avec la ferme intention, à 30 ans, de défendre à Los Angeles son titre de champion olympique en moins de 95 kilos. " On me demande souvent pourquoi j'ai arrêté de m'occuper du centre qui portait mon nom Place du Châtelain à Ixelles. ", dit Robert Van de Walle. " Si c'était parce que je faisais de mauvaises affaires que j'étais retourné au judo, ou parce j'avais envie de retourner au judo que je faisais de mauvaises affaires. C'est aller trop vite. Si j'ai arrêté le judo volontairement (et c'était un sacrifice), c'était dans l'espoir de faire de bonnes affaires. En réalisant que je ne faisais pas de bonnes affaires, j'ai décidé de reprendre le judo. (...) L'entraînement au Japon, c'est le bagne. Mais il n'y a pas de meilleur endroit pour s'endurcir en vue des compétitions. D'ailleurs, quand quelqu'un se blesse, les autres judokas le prennent par les bras et les jambes et le déposent en dehors du tatami. Il y en a toujours d'autres qui n'attendent finalement que cela pour pouvoir participer à l'entraînement.(...) Bien que les judokas japonais soient plus mous qu'avant, il faut toujours se les farcir. Je me demande si ma réputation n'y est pas pour quelque chose. Quand j'envoie quelqu'un au tapis là-bas, il revient en position mais ne manifestera jamais d'agressivité. Sans doute est-ce pour limiter les dégâts ? Mais je ne m'y rends pas de gaieté de c£ur. Il faut connaître leur mentalité. Judo, judo, ils ne pensent qu'à ça. Une fois ou deux, j'ai bien cru qu'on allait faire une bonne java. Dix Japonais et moi autour d'une belle table posée par terre. La nourriture était abondante et délicieuse. Et il y avait des bouteilles de bière à profusion. Après une journée d'entraînement, on s'est rué sur la nourriture. Puis on a bu la bière. Mais à un certain moment, le plus âgé des Japonais a tapé dans les mains, s'est levé et tous les autres l'ont imité. La soirée était terminée. " -Sport Magazine N° 5, février 1984, John Baete L'Anderlechtois s'est glissé à la dernière minute dans la sélection belge, décimée suite à la suspension des Rouches impliqués dans l'affaire de corruption Standard-Waterschei, en route pour l'EURO 84. A Lens, pour ses débuts sous le maillot des Diables Rouges, il marqua un but de la tête. " Sans mon but, mon match aurait pu être crédité d'anodin ", affirme Georges Grün. " J'ai trop laissé filer de mon côté, surtout en début de match. Avant le match contre la Yougoslavie, j'ai demandé à Monsieur Thys si je pouvais monter sur les coups de coin. Oui, mais en faisant très attention. Sur le corner d' Enzo, je suis arrivé un peu tard mais ça m'a réussi. " (...) " Anderlecht est plus professionnel, plus rigoureux. Il faut être au lit vers 22 h et, à table, il faut veiller à ce qu'on boit. C'est plus décontracté ici : on se prend plus en mains soi-même. Au repas, je consomme ce que je veux, en faisant attention, bien sûr, et rien ne m'empêche d'aller dormir un peu plus tard ". -Sport Magazine, N° 10, juillet 1984, Henry Guldemont En 1984, à Barcelone, le coureur de Deux-Acren s'empare du plus beau maillot de la garde-robe des épreuves d'un jour : celui de champion du monde sur route. Une vie nouvelle commence pour lui.Criquielion champion du monde, c'est plus fort que le mariage de la princesse Astrid, ou les toilettes bouchées de Discovery. Le " Crique " champion du monde, ça, c'est de l'inattendu, du sensationnel. Malherbe et Lejeune sacrés champions du monde, c'est presque normal. Dédé et Eddy faisaient déjà partie de l'élite mondiale de leur spécialité. Mais pas Criquielion. D'ailleurs, il n'a jamais fait partie de l'élite au sens strict du terme. Dans la hiérarchie du peloton international, Criquielion était considéré comme un " bon compagnon d'échappée ". Gentil et régulier mais point dangereux pour la victoire finale. (...) Mais, enfin, personne ne se faisait de gros soucis pour la carrière de Criquielion. Lui-même était très satisfait et de son sort et de son patron, Armand Marlair. Celui-ci, véritable fanatique du sport cycliste, affichait une touchante indulgence vis-à-vis de " son " Wallon. (...) Sur le circuit de Montjuich, à le voir se retourner constamment pour mesurer l'écart, si ténu, si fragile, qui le séparait de l'Italien Corti, nous nous demandions si Claudy savait précisément ce qu'il était en train de réaliser. Il était aux portes de l'exploit et ne savait pas s'il allait oser les forcer. Mais il l'a fait et est champion du monde. Du coup, Criquielion s'est sans doute révélé à lui-même. C'est cela le plus important. Au-delà de toutes les récupérations journalistiques qui clament : " Criquielion est champion du monde et voilà pouqwé no ston firs dyesse wallons. " Sport Magazine, N° 13 octobre 1984, Jean-Pierre Breulet