Vanden Stock face à la polémique anti-Ivic

Arrivé à Bruxelles en été 1980, le coach dalmate impose sa vision du football à Anderlecht. Vedettes et porteurs d'eau retroussent leurs manches, pratiquent le hors-jeu, le pressing et le contre. Les Mauves cavalent en tête mais la presse n'apprécie pas leur nouveau style, à l'opposé du jeu chatoyant d'autrefois. Le président répond aux critiques.
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Arrivé à Bruxelles en été 1980, le coach dalmate impose sa vision du football à Anderlecht. Vedettes et porteurs d'eau retroussent leurs manches, pratiquent le hors-jeu, le pressing et le contre. Les Mauves cavalent en tête mais la presse n'apprécie pas leur nouveau style, à l'opposé du jeu chatoyant d'autrefois. Le président répond aux critiques. Constant Vanden Stock reçoit généralement ses visiteurs du football dans son bureau directorial de la Brasserie Belle-Vue, rue Delaunoy, à Molenbeek Saint-Jean . " Tomislav Ivic, c'est un tournant pour le club ", dit-il. " Pas tellement pour son arrivée, mais surtout par le départ de trois de nos meilleurs joueurs : Robby Rensenbrink, François Vander Elst et Gilbert Van Binst. A 33 ans, il devenait difficile de garder Robby qui ne parvenait pas à se remettre tout à fait d'une blessure et d'une opération au genou. Il dut d'ailleurs à nouveau être soigné aux Etats-Unis. François Vander Elst, lui, c'était un cas social. On lui offrait beaucoup d'argent pour aller au Cosmos de New York. Il en avait besoin. Quant à Van Binst, après avoir ouvert son café, il a été, à mon avis, dépassé. Je n'en dirai pas plus. Etre privé coup sur coup de trois éléments pareils, c'est dangereux pour un club. Le coach m'a soumis un plan de travail et j'ai accepté. (...) Je discute rarement avec un entraîneur en fonction, de crainte de l'influencer. Je ne l'ai jamais fait dans le passé non plus. C'est un principe. Ce n'est pas parce que j'ai été pendant dix ans à la tête de l'équipe nationale que je dois imposer mon opinion. L'homme que j'ai en face de moi a été choisi pour sa compétence. L'évolution que nous sommes en train de vivre au Sporting marquera peut-être notre football dans les prochaines années. " -Sport Magazine N° 1, 12 février 1981, Henry Guldemont. A la prison d'Arlon, le sport a droit de cité. Par mois, on y court des dizaines de kilomètres et on y soulève des tonnes de fonte. Un marathon fut même couru un jour dans le préau sur un tourniquet de 60 mètres ! Dans la vie de tous les jours, le sport est considéré comme une évasion. En prison, il peut devenir vital. Les détenus, pour la plupart, n'ont jamais pratiqué un sport avec assiduité. X, par exemple, l'a découvert après 40 ans. En cinq ans, il a perdu une douzaine de kilos et s'est forgé une santé enviable. Les autres détenus qui s'entraînent avec lui sont dans le même cas : ni pâles, ni avachis. Le passage de la liberté à l'incarcération a été moins pénible pour eux. " Les besoins, les manques se font cruellement sentir en prison. Il y a le besoin sexuel que l'on compense consciemment ou inconsciemment en faisant de la boulimie de chocolat. Il y a aussi le besoin d'alcool pour certains. Tout cela est calmé par les barbituriques. Certains détenus n'arrêtent pas de dormir. Ils restent affalés dans leur cellule. Ils sont passifs, ils attendent. Les gars qui font du sport tous les jours prennent des habitudes de régularité. Nous sommes des marginaux, nous finissons tout de même par nous astreindre à une discipline. (...) Si j'avais découvert la course à pied et le sport plus tôt, cela aurait sans doute donné une autre orientation à ma vie. En faisant mon bilan dans les grandes lignes, c'est une certaine oisiveté qui m'a conduit au banditisme. " -Sport Magazine N° 12, 16 juillet 1981, John Baete En 1981, les grands thèmes de conversation tournaient autour de l'absence de moyens financiers de nos clubs de l'élite, de la formation des jeunes, de la présence de trois joueurs dans la composition de chaque équipe, etc. Le président de l'Union Belge, Louis Wouters, ne mâchait pas ses mots à propos de cette dernière problématique. " La Belgique est le pays qui se rapproche le plus de la réglementation de la Communauté européenne. Du point de vue du droit social et du droit au travail, nous sommes parmi les fédérations les plus avancées. (...) Personnellement, en tant que président fédéral, je suis contre les joueurs étrangers qui sont néfastes au développement de notre football national. Disons plus exactement que je suis contre les 80 % d'entre eux qui n'apportent rien, et qui pourraient être remplacés par des joueurs belges. Par leurs exigences financières, les joueurs belges ont toutefois leur part de responsabilité dans cette accumulation de footballeurs étrangers. " -Sport Magazine N° 15, 27 août 1981, Henry Guldemont