Le championnat mondial des rallyes en est à son premier quart. Si le quatuor Markko Märtin - Sébastien Loeb - Marcus Grönholm - Petter Solberg mène la danse, on pointe ensuite un François Duval très convaincant. Le jeune Belge tire un bilan forcément positif de ce début de saison.
...

Le championnat mondial des rallyes en est à son premier quart. Si le quatuor Markko Märtin - Sébastien Loeb - Marcus Grönholm - Petter Solberg mène la danse, on pointe ensuite un François Duval très convaincant. Le jeune Belge tire un bilan forcément positif de ce début de saison. François Duval : Ford mène la danse chez les constructeurs tandis que je suis cinquième de la compétition individuelle avec 14 points, soit grosso modo la moyenne de quatre unités par course qui est mon objectif cette année. J'ai donc tout lieu d'être satisfait. En affinant l'analyse, je constate aussi que j'ai tenu mon rang dans des épreuves où j'avais souffert en 2003. Je suis donc sur la bonne voie. J'ai plus d'expérience, je connais mieux les terrains û sauf le Mexique que je découvrais comme la plupart des autres pilotes puisque cette épreuve faisait son entrée au championnat û et je dispose de notes plus précises. Ajoutez-y la complicité qui me lie à mon équipier Stéphane Prévot et vous aurez les explications principales à ma progression. Exact. L'équipe mise en priorité sur Markko Märtin qui peut se targuer d'une expérience largement supérieure à la mienne. En course, cette différence de statut se remarque moins que lors des tests où le chef de file travaille durant trois jours alors que je me contente d'une seule journée. Non car je sais depuis le début à quoi m'en tenir. Malcolm Wilson, le patron du team, me répète que j'ai encore beaucoup de choses à apprendre avant de viser régulièrement la victoire. Mais je sais aussi que Märtin songe à changer d'air en fin de saison, on cite son nom chez Peugeot notamment. Dès lors, je pourrais me retrouver en position de force en 2005. Ah effectivement, sinon je devrai chercher ailleurs ! La décision est attendue pour la fin du mois mais les résultats actuels plaident en faveur de la poursuite d'une présence au plus haut niveau. De mieux en mieux. Le courant passe bien avec les mécanos, grâce en partie à mes progrès en anglais. Pourtant, je n'ai pas pris de cours mais à force de partager l'existence du team lors des rallyes et des essais, j'apprends vite. Il devient difficile de passer deux ou trois jours au calme à la maison ou d'organiser un week-end cool avec des copains. Opérations promotionnelles, démonstrations, interviews, séance d'autographes, en plus des tests et des courses, ça n'arrête pas. Disons que j'aimerais parfois couper un peu. Mais d'un autre côté, je suis professionnel et j'ai des obligations. Et comment ! Même si j'y suis moins souvent, je sais me rendre utile ; ne fût-ce que pour calmer parfois les ardeurs de mon père... Il est complètement fou. Songez qu'en Nouvelle-Zélande, il est arrivé juste avant le départ et est reparti alors que le rallye venait à peine de se terminer. Il a passé plus d'heures en avion que sur place. J'ai pleinement savouré ma deuxième place au Mexique, pour plusieurs raisons : je contribuais à un impressionnant doublé de Ford, j'ai signé des chronos convaincants et j'ai gagné mon duel avec Carlos Sainz. Pourtant, celui-ci avait a priori l'avantage dans la mesure où son expérience est précieuse dans les moments de forte tension. Mais là, c'est lui l'ancien qui a cédé à la pression tandis que moi, le jeunot, j'ai résisté. Je n'en ai pas la moindre idée, je suis mauvais pronostiqueur. Mais Malcolm Wilson m'a donné plus ou moins carte blanche pour les prochaines épreuves... Cela ne signifie pas que je vais attaquer comme un dingue, je dois garder à l'esprit les intérêts du constructeur dont je défends les couleurs ; mais je peux adopter une cadence plus élevée et tenter de me mêler à la bagarre dans le peloton de tête. Mon boss m'a même rassuré sur sa stratégie : il ne me donnera pas la consigne de laisser passer Märtin si je me retrouve en tête alors que mon équipier occupe la deuxième place. Or, je le répète, c'est lui qui brigue la couronne mondiale des pilotes. Chypre, l'Acropole et la Turquie ont un point commun, leur parcours cassant. Le déchet y est toujours important car les mécaniques souffrent. Un gars qui se retrouve sixième ou septième au classement le premier jour n'a aucune raison de paniquer parce qu'il peut très bien gagner si la chance lui sourit alors que la guigne s'acharne sur ceux qui le précèdent. Là, on ne se bat pas au dixième de seconde, les écarts se comptent en secondes pleines... J'apprécie ce genre de challenge : il faut donner des gaz mais aussi préserver la voiture en évitant les trous, les cassis et les pierres. J'y ai chaque fois abandonné. Rayon expérience, j'avoue donc un petit déficit par rapport à mes rivaux mais je n'en fais pas une maladie. Je dois aussi préciser que le parcours de Chypre n'a rien d'excitant. La moyenne dépasse à peine les 60 km/h, ça tournicote tout le temps et rayon pilotage ça ne prouve rien. De ce point de vue, l'Acropole et la Turquie réservent d'autres sensations. Et puis je n'oublie pas mon podium turc l'an dernier. Au risque de surprendre, je dirai qu'elle est peut-être un poil moins performante que la 2003 car les modifications apportées par l'ingénieur belge Christian Loriaux visent avant tout à améliorer encore la fiabilité de l'auto. La nouvelle calandre favorise le refroidissement et le moteur a subi une petite cure destinée à le rendre plus solide. L'objectif semble atteint si j'en crois les récents essais menés dans le sud de l'Espagne sur des tronçons très éprouvants : en quatre jours, rien de fondamental n'a cassé. C'est de bon augure pour la suite. Et je le regrette amèrement ! Je n'ai aucun commentaire à faire sur la politique interne d'une équipe adverse, Peugeot en l'occurrence, cela ne me concerne en rien. Mais je souhaite simplement que Freddy revienne le plus vite possible, même au volant d'une 206 WRC a priori moins performante que la dernière-née de l'usine française, la 307 WRC. Il doit rouler en course, sous peine de perdre le rythme et d'éprouver ensuite de grosses difficultés à retrouver le top. Eric Faure" MON BOSS M'A RASSURé : je ne devrais pas laisser passer Märtin si je me retrouve en tête "