Il avait des mains comme des battoirs. Et un corps de granit. Deux atouts dont il se servait à profusion pour cueillir le ballon ou faire le ménage devant son goal. Et gare à celui qui osait l'approcher de trop près. L'attaquant yougoslave SeadSusic est plutôt bien placé pour en parler. Pour avoir subi, un jour, une charge un peu trop intempestive du gardien hollandais, l'homme avait eu l'outrecuidance de pointer un doigt accusateur dans sa direction. NicoDeBree ne s'en était pas laissé conter et avait tout simplement mordu à pleines dents dans l'index de son adversaire. En guise d'explication, après coup, il s'était plu à dire qu'il n'avait vraiment pas pu résister à la tentation...
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Il avait des mains comme des battoirs. Et un corps de granit. Deux atouts dont il se servait à profusion pour cueillir le ballon ou faire le ménage devant son goal. Et gare à celui qui osait l'approcher de trop près. L'attaquant yougoslave SeadSusic est plutôt bien placé pour en parler. Pour avoir subi, un jour, une charge un peu trop intempestive du gardien hollandais, l'homme avait eu l'outrecuidance de pointer un doigt accusateur dans sa direction. NicoDeBree ne s'en était pas laissé conter et avait tout simplement mordu à pleines dents dans l'index de son adversaire. En guise d'explication, après coup, il s'était plu à dire qu'il n'avait vraiment pas pu résister à la tentation... Transfuge du NEC Nimègue, De Bree avait 28 ans déjà quand il aboutit au Racing White durant l'été 1972. En bon Batave, il s'était montré ardu dans les négociations, n'acceptant le deal qu'à partir du moment où le club bruxellois lui garantissait un fixe de 90.000 francs belges au lieu des 70.000 originellement proposés. Comme les Coalisés, classés 4es quelques semaines plus tôt, s'éveillaient à l'ambition, le keeper obtint gain de cause. Les dirigeants n'allaient pas le regretter car, avec le nouveau venu entre les perches, ils progressèrent encore d'un cran dans la hiérarchie. Sous le nom de Racing White d'abord, puis sous celui de RWDM, après une fusion avec le Daring de Molenbeek. Avec, comme cerise absolue sur le gâteau, le titre glané en 1975. En même temps que l'étoile du club déclinait progressivement, celle de De Bree, en revanche, n'en finissait pas de grimper au firmament. En cause : un déménagement chez les voisins anderlechtois, en 1977, où un certain RaymondGoethals était tout bonnement fou de lui. Dès la première saison, la cohabitation fut un coup dans le mille puisqu'en mai 1978, le Sporting, avec le Néerlandais dans les buts, remporta la finale de la Coupe des Coupes, à Paris, face à l'Austria Vienne (4-0). Un match que le dernier rempart avait disputé sans être en pleine possession de ses moyens, car il avait été victime préalablement d'un accident de la route. Mais, comme Raimundo le disait : " Je préfère un De Bree sur une jambe qu'un autre portier sur deux ". L'assurance du coach se reflétait aussi chez De Bree lui-même. Patron d'un dancing au nom évocateur, le NumberOne, à Kraainem, Nico n'hésitait pas à prester des heures sup, jusqu'au milieu de la nuit, parfois, pour tailler une bavette avec les supporters. Il n'avait pas besoin, non plus, d'un videur, pour se débarrasser des mauvais coucheurs : avec son physique de déménageur, il s'en chargeait lui-même. Jusqu'au jour où, à Kobbegem ce coup-ci, où il avait repris un autre établissement, le PalmBeach, il fut menacé d'une arme. Cette fois, il se le tint définitivement pour dit. Après le RSCA, De Bree défendit encore, chez nous, les couleurs de Winterslag et du Beerschot et ce, jusqu'à l'âge de 39 ans bien sonnés. D'un bout à l'autre de sa carrière, il se sera signalé comme un maître dans le trafic aérien et solide dans les duels. Mais si, dans sa panoplie, il y a un geste à retenir de lui, c'est sa relance à la main. Une remise qui était plus millimétrée encore que son dégagement du pied et qui lui permettait de franchir allégrement la ligne médiane. Ce geste, aussi puissant que précis, Nico en fit profiter plus d'un puisqu'au terme de sa carrière active, il se tourna vers l'entraînement des keepers, à Beveren, Anderlecht et Gand. C'était un habitué, aussi, des stages de foot mis sur pied, pour la jeune classe, par son compatriote JohanBoskamp. La cinquantaine passée, il avait toujours bon pied bon oeil. Ces dernières années, il s'était toutefois fait discret. Retiré sur la côte belge, dans un premier temps, il déménagea ensuite en Autriche, où il avait suivi sa compagne Marina. GilbertVanBinst s'était mis dernièrement en rapport avec lui aux fins d'un reportage. Mais le Gille nous avait avisés que la voix de son ancien partenaire chez les Mauves était presque devenue inaudible, en raison d'un cancer des voix respiratoires. Un mal qui devait finalement l'emporter... PAR BRUNO GOVERS - PHOTO BELGAIMAGE