Il n'a pas encore réussi à convaincre les observateurs les plus critiques contre l'Union ni le Cercle Bruges. Et pour cause, il n'était pas toujours idéalement placé et se rendait parfois coupable de quelques hésitations dans les duels. Pour l'instant, il n'a pas encore justifié la somme de transfert (élevée) misée par le Club sur lui. Mais soyons patients. Même si Stanley Nsoki a déjà 22 ans, sa véritable carrière pro doit encore démarrer. Après tout, certains joueurs arrivent à maturité sur le tard, et c'est aussi le cas du Parisien. La preuve avec le parcours qu'il a suivi jusqu'ici, qui n'a rien d'évident.
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Il n'a pas encore réussi à convaincre les observateurs les plus critiques contre l'Union ni le Cercle Bruges. Et pour cause, il n'était pas toujours idéalement placé et se rendait parfois coupable de quelques hésitations dans les duels. Pour l'instant, il n'a pas encore justifié la somme de transfert (élevée) misée par le Club sur lui. Mais soyons patients. Même si Stanley Nsoki a déjà 22 ans, sa véritable carrière pro doit encore démarrer. Après tout, certains joueurs arrivent à maturité sur le tard, et c'est aussi le cas du Parisien. La preuve avec le parcours qu'il a suivi jusqu'ici, qui n'a rien d'évident. Stanley est né en région parisienne, et plus précisément à Poissy, d'où est également originaire Matteo Guendouzi. Tous deux sont nés la même année et ont un passé au PSG. Guendouzi a donné une autre orientation à sa carrière: Lorient, Arsenal, le Hertha, et depuis cette saison, Marseille. L'OM avait d'ailleurs aussi Nsoki dans le collimateur. Dans So Foot,Philippe Mayuma, qui l'a guidé lorsqu'il avait douze ans, témoigne: "Le PSG a toujours cru en lui, même lorsqu'il est passé d'une blessure à l'autre pendant deux ou trois ans. Personne n'a jamais douté de ses qualités." Ces blessures, comme souvent chez les jeunes joueurs, avaient pour origine des problèmes de croissance lorsqu'il avait seize ans. En deux ans, il a pris dix centimètres. Depuis, Nsoki mesure 1m84. Au départ, Stanley était un milieu de terrain vif, habile techniquement, doté d'un bon pied gauche. Son talent n'a pas échappé aux grands clubs européens: Manchester City, la Juventus et le Bayern, tous ont manifesté de l'intérêt, mais Nsoki se sentait bien au PSG et y est resté. Le club lui a même fait de la place en se séparant d'un concurrent potentiel: Dan-Axel Zagadou, transféré au Borussia Dortmund. Avec cette prise de centimètres express, il est devenu un peu plus lent, moins explosif, ce qui a obligé les Parisiens à lui confier un autre poste. "Son évolution physique l'a contraint à reculer d'un cran et à jouer derrière", poursuit Mayuma, toujours dans So Foot. "De milieu de terrain, il est devenu défenseur central." C'est Luis Fernandez qui a vu en Nsoki un arrière central. Chez les U19 nationaux, on l'a aussi essayé au poste d'arrière gauche. Ses prestations de la fin d'année 2017 laissaient augurer du meilleur. Lorsque Thiago Motta s'est blessé, Unai Emery a intégré le jeune Nsoki au groupe. Et lorsqu'un problème est survenu à gauche, avec les blessures de LayvinKurzawa et de l'Espagnol YuriBerciche, il a pu démontrer ses qualités sur le flanc. Mayuma: "Cette polyvalence a permis à Stanley d'étoffer son bagage tactique à différentes positions." Bref, durant la période allant de 2017 à l'automne 2018, l'horizon semblait dégagé pour Nsoki, car après Emery, son successeur ThomasTuchel lui a aussi donné beaucoup de temps de jeu. Financièrement aussi, il a fait une bonne affaire. Il y a certaines règles et certaines limites dans les contrats que l'on peut offrir aux jeunes, mais les Parisiens savaient comment les contourner. Selon les documents des Football Leaks, il apparaît que le PSG a offert à Nsoki une prime de trois millions d'euros à la signature lorsqu'il a paraphé son premier contrat pro. Mais une carrière suit rarement une trajectoire rectiligne. Arriver dans un grand club est une chose, confirmer et y faire son trou en est une autre. Pour commencer, Nsoki a changé d'agent. Les frères Mayuma sont entrés en conflit avec la famille et un bureau allemand a repris l'affaire en mains. Grâce à Tuchel, car Rogon gérait aussi les affaires de ThiloKehrer, JulianDraxler et Eric Maxim Choupo-Moting à cette période. Subitement, les médias se sont fait l'écho d'un possible transfert en Bundesliga. Ce fut une folle période pour Nsoki, dont le nom était aussi cité à Newcastle United, Marseille et plus tard encore Lyon. Finalement, après une année frustrante durant laquelle il n'a eu que peu de temps de jeu, il a choisi l'OGC Nice comme nouveau point de chute. "C'est toujours difficile pour un jeune de percer au PSG", confirme AliBoughardayan, son nouvel agent. "C'était l'époque où Nice a lancé un nouveau projet, avec de grands investissements d'INEOS. Au départ, Stanley avait été séduit par ce projet, mais cela ne s'est pas passé comme prévu." Nsoki a reçu l'étiquette de déception, y compris par les autres clubs français. "Après deux ans, nous avons pris le temps de la réflexion", complète Boughardayan. "Nous avons opté pour un club stable, où régnait la culture de la gagne. Le fait que l'entraîneur souhaitait ardemment sa venue a joué également. Tout comme les bonnes conditions de travail. Nous avons visité le centre d'entraînement et j'ai été agréablement surpris: de nombreux clubs français ne disposent pas de telles infrastructures. Ajoutez-y la chance de pouvoir jouer en Ligue des Champions et la possibilité de viser le titre de champion, et vous comprendrez son choix. Le championnat de Belgique n'a peut-être pas l'aura des cinq grandes compétitions européennes, mais c'est une belle vitrine pour les joueurs. Cela a aussi joué dans le choix." Bruges a donc trouvé le successeur, non pas d'Odilon Kossounou, qui est droitier, mais plutôt de Stefano Denswil. La saison dernière, BrandonMechele a dû trop souvent jouer sur son mauvais pied. Aujourd'hui, la place est libre pour Nsoki. Sans apostrophe.