Avec les passages de Jelle Van Damme à Wolverhampton et de Daniel Zitka au Sparta Prague (... en attendant le probable départ de Mbark Boussoufa à destination de l'Angleterre ou de l'Allemagne), la période des transferts a bel et bien débuté à Anderlecht. Où l'on n'est pas demeuré en reste non plus à l'échelon des transferts rentrants puisque les 3,25 millions d'euros récoltés pour la cession du flanc gauche au club anglais ont activé les négociations avec deux joueurs que les Mauves avaient dans le collimateur depuis un bon bout de temps : l'Argentin Pablo Chavarria et l'Egyptien Mahmoud Shikabala.
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Avec les passages de Jelle Van Damme à Wolverhampton et de Daniel Zitka au Sparta Prague (... en attendant le probable départ de Mbark Boussoufa à destination de l'Angleterre ou de l'Allemagne), la période des transferts a bel et bien débuté à Anderlecht. Où l'on n'est pas demeuré en reste non plus à l'échelon des transferts rentrants puisque les 3,25 millions d'euros récoltés pour la cession du flanc gauche au club anglais ont activé les négociations avec deux joueurs que les Mauves avaient dans le collimateur depuis un bon bout de temps : l'Argentin Pablo Chavarria et l'Egyptien Mahmoud Shikabala. Si l'engagement d'autres pointures étrangères est subordonné à d'autres mutations ( Roland Juhasz et Lucas Biglia, notamment), il est acquis également que le RSCA puisera dans son équipe U21 pour compléter son noyau, à l'image de ce qu'il avait entrepris ces derniers mois avec des gars comme Bouba Saré, Cheikhou Kouyaté, Cristophe Diandy et, bien évidemment, RomeluLukaku. Des plus ou moins certains aux probables, voici quelques visages que le public pourrait découvrir durant les mois à venir. Avec les commentaires de ceux qui les ont suivis voire encadrés : Werner Deraeve, chef de la cellule de prospection en Amérique du Sud, Johan Walem, ancien entraîneur des U21 (Espoirs) et Albert Martens, ex- entraîneur des jeunes et scout tous azimuts. Argentin. Né le 2 janvier 1988. Attaquant. Club d'origine : Belgrano Cordoba. + : polyvalence, vitesse, technique en mouvement.- : sens du but. Werner Deraeve : " Ces derniers mois, je l'ai vu live à trois reprises, dans autant de registres différents : d'abord comme attaquant de pointe seul, puis en association avec un partenaire devant et, enfin, comme soutien d'attaque. Chaque fois, il était au-dessus du lot. Son profil est d'autant plus intéressant que personne, au Sporting, ne présente la même polyvalence. Tom De Sutter se rapproche peut-être le plus de lui, en ce sens qu'il peut aussi bien officier comme target man que comme acolyte aux avant-postes. Mais par rapport au Brugeois, l'Argentin est plus puissant et, surtout, plus rapide. Il n'y a peut-être que sur le plan de la concrétisation qu'il y a un petit décalage, vu que Pablo Chavarria n'a fait trembler les filets qu'à 11 reprises en une soixantaine de matches. A sa décharge, il faut bien avouer que le Belgrano Cordoba n'est pas le top. Il équivaut à une équipe moyenne chez nous, style Westerlo. A cette nuance près que le jeu y est relativement fermé. Entouré de meilleurs éléments, je suis à peu près sûr que le joueur ferait montre d'une plus grande productivité. En classes d'âge, Matias Suarez et lui ont été à un moment donné associés devant. C'est une option qui pourrait être retenue au Sporting. Avec Lukaku, une collaboration à trois est tout à fait envisageable aussi, puisque Suarez a prouvé qu'il était capable de se débrouiller sur le flanc. Dans ce cadre, il pourrait fort bien relayer Boussoufa, si d'aventure le Marocain venait à nous quitter. Une chose est sûre : la présence de compatriotes motive d'autant plus l'intéressé à poursuivre sa carrière chez nous. Personnellement, je pense aussi qu'il aura plus de facilités à s'intégrer qu'un Suarez, car il a le contact facile. Un transfert est toujours une inconnue, dans la mesure où on ne peut jamais prévoir comment le joueur se familiarisera à un autre football ainsi qu'à une nouvelle vie. Je ne sais pas pourquoi mais dans le cas de ce garçon, j'ai tous mes apaisements. S'il débarque, je mets ma main au feu qu'il constituera une réussite. " Egyptien. Né le 5 mars 1986. Attaquant ou milieu offensif. Club d'origine : Zamalek. + : polyvalence, précision, habileté sur phases arrêtées, puissance. - : échec au PAOK Salonique à 18 ans, individualisme, irascibilité. Albert Martens : " Le premier rapport sur lui remonte à la dernière CAN, où il avait joué quelques bribes de matches avec l'Egypte, futur vainqueur de l'épreuve. Nous l'avons revu à l'£uvre à l'une ou l'autre reprise, ensuite, avec sa formation de club, le Zamalek du Caire et, chaque fois, la personne qui était chargée du screening est revenue conquise. De tous les joueurs que le chef de notre cellule scouting Rik Van de Velde a vus à l'£uvre, c'était son préféré. Dans son pays, il ne manque d'ailleurs pas de références, puisqu'il est surnommé là-bas Shikaldinho ou encore le Cristiano Ronaldo des Pharaons. Gaucher, il opère surtout sur le flanc droit mais a tendance à rentrer dans le jeu, à l'image de ce que faisait Boussoufa dans le couloir opposé ces derniers mois. Mais il peut aussi jouer sur l'aile gauche ou comme soutien de l'homme le plus avancé. Comme Bous, il alimente à la fois le marquoir tout en servant à bon escient ses partenaires, même si ses chiffres sont un peu plus mitigés que ceux du Marocain : 7 buts et 5 passes décisives sur l'ensemble de cette campagne. Le RSCA n'était pas le seul à s'intéresser à lui puisque le Celtic et Blackburn avaient fait le forcing aussi pour s'attacher ses services. Mais nous avons pu compter sur un appui de choix en la personne d' Ahmed Hassan qui, bien qu'évoluant dans les rangs d'Al Ahli, le grand concurrent du Zamalek dans la capitale égyptienne, n'a jamais caché tout le bien qu'il pensait d'Anderlecht. Certains diront que l'intéressé n'était " que " réserviste à la Coupe d'Afrique des Nations et que sa première aventure en Grèce, au PAOK Salonique, s'était soldée par un échec. Mais les exemples foisonnent, précisément, de jeunes Egyptiens qui se sont plantés en bas âge. A ce stade de leur carrière, ce ne sont pas de bons produits d'exportation et Mido en aura été un exemple édifiant. D'autre part, s'il ne s'est pas réalisé chez les Pharaons, c'est parce que cette équipe table sur pas mal de valeurs sûres comme Hassan, précisément, ou encore Abou Treika et Amr Zaki qui ont dépassé la trentaine. A 24 ans, il faisait encore figure de gamin à côté d'eux. C'est normal qu'il n'était pas une priorité dans de telles conditions. Chez nous, le topo est différent car l'équipe est jeune. Jonathan Legear, Bous, Suarez, Kanu : tous ceux avec lesquels Shikabala pourrait devoir composer sont à peu près de la même génération que lui. " Belgo-Congolais. Né le 6 novembre 1991. Attaquant. Produit du club. + : polyvalence, vitesse, forte personnalité, technique hors-pair. - : tendance à la facilité, jouette. Johan Walem : " Toutes proportions gardées, il me fait songer à Nii Lamptey jadis : un gars solidement campé sur ses jambes et doté d'une foi inébranlable. La petite histoire veut d'ailleurs que lors d'un tournoi réservé aux minimes à Plommelin, en Bretagne, tous les jeunes Anderlechtois étaient impressionnés par la taille de leurs adversaires et, en particulier, ceux du Stade Rennes. Du haut de ses 110 centimètres Badi était le seul à ne pas avoir froid aux yeux. Résultat des courses : une victoire 2-0 pour le Sporting en finale et un titre de meilleur joueur du tournoi pour notre homme qui, en finale, s'était permis à un moment donné de dribbler pas moins de sept joueurs ! La force du Belgo-Congolais est de pouvoir passer à la fois un opposant grâce à sa vitesse mais aussi grâce à une technique individuelle au-dessus du lot. C'est un gars aussi qui conserve toute sa lucidité dans le feu de l'action. Il l'a d'ailleurs prouvé en signant un but à Courtrai, au cours des play-offs, alors qu'il se présentait seul face au gardien du Kavé. La suite fut sans doute moins reluisante avec son renvoi dû à 2 cartes jaunes successives en une dizaine de minutes à peine. Preuve s'il en est qu'il n'aime pas s'avouer vaincu et qu'il n'hésite jamais à mettre le pied quand il le faut. Parfois, il doit même être calmé en la matière. Badi possède une autre qualité rare : une double accélération, à l'instar d'un Rafael Van der Vaart par exemple, ou d'un Lionel Messi qui en est l'exemple absolu. Avec ses armes, le garçon a sa place dans n'importe quelle équipe de D1. Quant à savoir s'il fera son trou à Anderlecht aussi, beaucoup dépendra assurément de son mental. Il a toujours eu facile jusqu'ici. La question est de voir comment il réagira face à la concurrence ou dans l'adversité. " Belge. Né le 18 janvier 1991. Milieu offensif ou défensif. Issu du FC Strombeek. + : vista, conduite de balle, endurance. - : fragilité musculaire, manque d'explosivité. Albert Martens : " Il a été repéré en bas âge au FC Strombeek. Chez nous, il a reculé dans le jeu, opérant successivement comme milieu offensif puis défensif voire même, parfois, en qualité d'arrière central en Espoirs ces derniers mois. D'une aisance naturelle, il sent comme nul autre quand il peut faire le surnombre en progressant balle au pied. C'est un garçon qui a besoin de contacts fréquents avec le ballon. De quoi expliquer un coffre inépuisable qui compense chez lui un manque d'explosivité. Il est doté d'une belle vista et possède le don de jouer remarquablement en un temps, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Il est aussi très habile et performant de la tête. Le seul bémol, en ce qui le concerne, c'est une certaine fragilité. Il a notamment eu des problèmes au genou et aux adducteurs en début de saison passée et, lors du stage hivernal à La Manga, avec la Première, il a loupé plusieurs séances à cause d'affections diverses. Sans ces ennuis, il aurait sans doute fait sa grande entrée dans le noyau en cours de campagne, à l'image de Badibanga. Si celui-ci a la technique dans le sang, le même raisonnement peut être étendu à Sterckx dont la mère est espagnole. Il est d'ailleurs né dans une clinique proche du Camp Nou. Mine de rien, les gènes doivent avoir joué un rôle dans son cas car en matière de flair et de subtilité, peu de jeunes arrivent à ses chevilles. "Belge. Né le 1er janvier 1992. Attaquant. Produit du club. + : vitesse, explosivité, sens du but. - : nervositéJohan Walem : " Un véritable killer dans les 16 mètres, du style Nenad Jestrovic ou, plus loin encore, Erwin Vandenbergh. Il frappe invariablement des deux pieds et a une détente appréciable. Bruno court plus vite avec le ballon que son opposant sans mais sur le plan de la technique pure, il n'a pas la faculté de déposer un homme sur place comme Badi est capable de le faire. A l'image de ce dernier, c'est un caractère fort. Dans le vestiaire, il sait se faire entendre. Son péché mignon, c'est la tendance à la facilité. Il n'a jamais été un bourreau du travail et il a suffi qu'il signe un premier contrat pro pour se reposer encore un peu plus sur ses lauriers. S'il persiste dans cette voie, il va aller droit dans le mur, c'est clair. Ce serait un gâchis, compte tenu de son potentiel. A mes yeux, après Badi et Sterckx, c'est celui qui est le plus à même de faire son trou au Sporting. Mais il doit s'en imprégner. Ce qui risque aussi de lui jouer un tour pendable, ce sont ses accès de nervosité. Par moments, c'est une véritable pile électrique. Un attaquant se doit de garder la tête froide en toutes circonstances. Cette gestion-là, il ne l'a pas toujours. " par bruno govers - photos: reporters/ belga