Rien ne se fera sans la jeunesse: elle est plus que jamais l'or et l'avenir du football belge. Certains clubs étrangers, et non des moindres, lorgnent le blé qui lève chez nous. Schalke 04 et Manchester United ont courtisé Jonathan Blondel (17 ans), le jeune merle blanc de Mouscron. La Fiorentina s'est intéressée de très près à Silvio Proto (18 ans), gardien d'avenir de La Louvière. Jonathan Walasiak (19 ans) a été cité à Chievo, la surprise du Calcio qui huma un bon parfum d'avenir en songeant à l'attaquant du Standard. Yasin Karaka et ses 17 ans enchantent Anderlecht: le gratin européen s'arrachera un jour le technicien mauve.
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Rien ne se fera sans la jeunesse: elle est plus que jamais l'or et l'avenir du football belge. Certains clubs étrangers, et non des moindres, lorgnent le blé qui lève chez nous. Schalke 04 et Manchester United ont courtisé Jonathan Blondel (17 ans), le jeune merle blanc de Mouscron. La Fiorentina s'est intéressée de très près à Silvio Proto (18 ans), gardien d'avenir de La Louvière. Jonathan Walasiak (19 ans) a été cité à Chievo, la surprise du Calcio qui huma un bon parfum d'avenir en songeant à l'attaquant du Standard. Yasin Karaka et ses 17 ans enchantent Anderlecht: le gratin européen s'arrachera un jour le technicien mauve. Tout n'est cependant pas toujours rose pour les jeunes: Sebastian Rassart (22 ans) était un espoir au RWDM à 17 ans, joua à Courcelles et en Corée avant d'enfin flirter avec la D1 à Charleroi. Il est immobilisé en ce moment suite à une opération (pubalgie) mais, s'appuyant sur un mental en fer forgé, ce jeune homme ne renoncera jamais à ses ambitions. A Molenbeek, Jonathan Butera (21 ans) a patienté durant trois campagnes en D2 avant d'avoir le bonheur de s'installer au plus haut niveau du foot belge. D'autres jeunots y montrent aussi le bout du nez et ne vivent que pour leur passion. Et pourtant, l'époque que nous vivons n'est pas à la joie. Le foot belge n'a pas la surface financière suffisante pour lutter face aux grands clubs étrangers. Ces derniers cherchent surtout du jeune talent belge: les joueurs de 16 à 17 ans les intéressent. Cela ne représente pas de trop grosses dépenses. Il ne reste qu'à terminer leur formation. A cet âge-là, un jeune peut encore être corrigé et adapté à d'autres styles de jeu. En cas d'échec, il sera cédé, sans perte, à un club de moindre niveau. Kevin Van Dessel ne s'est pas imposé à Gênes mais brille désormais à Roda grâce, peut-être, aux touches italiennes de sa fin de formation. Ce n'est plus aussi évident quand le joueur a 20 ans. Proto veut du tempsSilvio Proto avait 17 ans quand il fut bel et bien question de lui en Italie. Mais si un jeune joueur africain a la valise à portée de la main, ses confrères belges sont bien plus hésitants. "J'ai toujours voulu devenir footballeur professionnel", affirme Silvio Proto. "C'était le métier dont je rêvais, et après mes humanités en sciences fortes, le choix fut vite fait. J'avais la certitude d'avoir des atouts et, malgré tout, je n'ai jamais voulu griller les étapes. Quand l'Italie ou Anderlecht s'intéressent à vous, c'est agréable, mais je n'ai pas été déçu parce que les tractations ne purent aboutir. Je veux devenir un grand gardien de but. Je ne le suis pas encore. Loin de là. J'ai besoin de temps de jeu, d'expérience, de vécu en D1 avant d'avoir d'autres prétentions. Je n'avais pas peur de tenter ma chance dans un grand club mais un jeune gardien de but n'y jouit pas tout de suite de toute la confiance. Il y a des exceptions: Michel Preud'homme au Standard, Mickaël Landreau à Nantes, etc. Je me méfiais du risque de m'évaporer dans un grand club où on pardonne plus difficilement une erreur. Je crois avoir fait le bon choix: rester au Tivoli. J'ai encore tout le temps devant moi pour penser à une autre destinée. Marc Grosjean me réserva une place dans le noyau A. J'étais troisième gardien et j'ai travaillé avec Michel Piersoul. Daniel Leclercq m'avait aussi à la bonne. J'étais en phase d'attente. Cette saison, je bosse très dur avec Jean-François Lecomte. Il m'apporte énormément. J'ai beaucoup progressé dans tous les domaines, je me sens de plus en plus sûr de moi. Mentalement, Jean-François Lecomte est très fort. C'était nécessaire car j'ai pris place dans la cage à un moment où La Louvière filait du très mauvais coton avant l'arrivée d' Ariel Jacobs. Tout passera par le travail. Il y a les risques du métier. On peut être dans le coup avant de disparaître brutalement en raison d'une blessure ou d'un peu de malchance. Ce métier n'a rien de comparable avec une carrière dans un autre secteur. Tout est fragile et cela le rend encore plus intéressant et attirant. Je suis né pour exercer ce métier mais il faut être digne de cette passion pour réussir. J'ai une idole: Fabien Barthez. Je n'ai pas l'ambition de l'imiter. Pour le moment, mon rêve se limite au maintien des Loups en D1. Je sais que mon avenir passe par là. Si on descend, ma carrière sera plus délicate à gérer. La D1 est la vitrine du football belge. En D2, on oublie certains joueurs. Là, tout serait à refaire. Je suis jeune et je me sens bien dans notre vestiaire où j'ai la confiance d'Ariel Jacobs. Les anciens ont vu que je me donnais à fond. L'argent est évidemment secondaire à mon âge. Le plaisir de jouer est la priorité". Blondel n'était pas prêt pour Manchester ou SchalkeLe bonheur de figurer en D1 revient aussi dans le discours de Jonathan Blondel. Pourtant, il n'y a pas photo entre Mouscron d'un côté, Schalke et Manchester de l'autre: n'a-t-il pas osé faire le grand bond? Son bagage n'aurait-il pas été plus complet au contact de ces clubs? "J'ai fait des choix qui, je crois, collent avec ma personnalité", dit-il. "Personne ne m'a forcé la main. On ouvre des grands yeux quand on découvre Manchester United ou Schalke. Ce sont d'autres planètes. Mon manager a dressé le tableau mais j'ai fait le choix qui me convenait. Il l'a respecté. Je ne me sentais pas tout à fait prêt pour partir en Angleterre ou en Allemagne. J'ai besoin de confirmation. Je ne veux pas me brûler les ailes. J'avais encore un contrat d'un an et je l'ai prolongé jusqu'en 2005. Cela m'arrange et cela convient à Mouscron. Depuis que j'ai pris cette décision, les médias m'épient un peu moins. Si je confirme cette saison et durant le championnat 2002-2003, on s'intéressera à moi. Manchester United et Schalke 04 se feront peut-être encore plus pressants. Ils savent qui je suis, me connaissent, me suivront encore. Pour le reste, je ne fais pas attention à la pression, aux intimidations de routiniers dans le camp adverse. Ils n'auront pas raison de ma joie de jouer en D1. Je suis en admiration devant un joueur comme Zinedine Zidane. Du grand art. Je suis heureux d'exercer ce métier. C'est le plus beau du monde. Mon père a évolué à Armentières et à Ploegsteert. Je lui dois beaucoup. Il travaille dans le bâtiment, ma mère a été opérée trois fois du dos: j'espère les aider plus tard. Rien n'est facile aujourd'hui. La situation économique est délicate. Je mesure la chance d'avoir une telle profession. Il m'est arrivé de me disperser car j'étais souvent repris avec les internationaux de -19 ans. Ce n'est plus le cas et je suis tous les jours à la disposition de Hugo Broos et de son staff. Je sens la différence et je m'intègre de mieux en mieux dans les mécanismes de notre équipe. J'écoute, je regarde, je retiens ce que les anciens me disent. Pour moi, ce sont de premiers pas. Après, j'en ferai d'autres. Je suis persuadé que le football belge a des atouts. Les Espoirs de Jean-François de Sart l'ont prouvé en accédant à la phase finale de l'EURO". Rassart: d'abord le pain noirAlors que Silvio Proto et Jonathan Blondel sont assez prudents, Sebastian Rassart a déjà tenté sa chance à l'étranger et joua en Corée. Si le début de carrière du Louviérois et de la star montante de Mouscron ressemble à un long fleuve tranquille, ce n'est pas le cas du Carolo. A-t-il jamais douté de lui durant toutes ses galères? "Non, je n'abandonnerai jamais mes rêves", lance-t-il. "C'est dur mais je suppose que d'autres jeunes éprouvent encore bien plus de difficultés que moi pour réaliser leurs ambitions. On ne devient pas médecin, architecte ou ingénieur sans avoir des hauts et des bas ou passer pas mal de nuits blanches durant les examens. Certains jeunes mangent parfois leur pain blanc avant de se casser les dents sur le noir. A mon avis, il leur est alors difficile de s'en remettre. Moi, j'ai déjà eu ma part de problèmes. J'ai déjà connu la souffrance et je la vis au quotidien depuis ma récente pubalgie. Cela n'entame en rien mes ambitions: après la pluie vient le beau temps. J'ai pris des orages en plein nez et je les explique en partie par ma rage d'y arriver: j'étais surentraîné et mon physique a payé. Je ne citerai pas toutes mes opérations mais j'ai eu, entre autres, des fractures des vertèbres, des périostites, etc. J'ai souvent fait le gros dos, mais si on passe de tels caps, il est impossible que la réussite ne finisse pas par sourire. J'ai toujours bénéficié d'une bonne condition physique. J'en ai probablement abusé dans mon désir de me faire une place au soleil. Je saurai retenir la leçon et tempérer mon enthousiasme dans le bon sens du terme. Mes pépins ont quelque chose de bon: je connais parfaitement mon corps. Ma pubalgie n'a pas oxydé mes ambitions. Dans ma tête, je suis même de plus en plus fort. C'est une richesse. Je ne tarderai pas à me rendre chez Lieven Maesschalk pour ma rééducation. Je connais le chemin, ce n'est pas la première fois que je fais appel à ses services. J'ai un exemple à suivre: Marc Wilmots. Le Hesbignon aurait pu terminer tranquillement sa carrière. Il avait tout gagné. Blessé, il s'est battu pour rendre service à l'équipe nationale. Schalke 04 ne l'aurait jamais rappelé s'il n'y avait pas une personnalité hors norme derrière le joueur. Chez lui, tout est d'abord mental. En Corée, à 20 ans, j'étais loin de la D1 belge. Pas évident mais je savais que l'avenir passait aussi par là. Mon père et Jean-Paul Colonval, que j'ai connu à l'Athénée Jules Bordet, m'ont toujours apporté leur soutien. C'est le cas aussi d' Enzo Scifo et de la direction de Charleroi. J'ai joué quelques matches en D1 la saison passée. Maintenant, je me bats pour revenir. Je le fais autant pour moi que pour les Zèbres. Je veux être à la hauteur de la confiance que les Carolos ont placée en moi. Dès janvier, je serai à nouveau actif au sein du groupe. L'avenir m'appartient: je n'ai que 22 ans. Je ne rêve pas de devenir une star. J'ai toutefois fait un choix: m'installer en D1. Le reste ne compte pas. Je vis encore chez mes parents. Cela simplifie pas mal de choses". Karaka veut progresser tous les joursSi Sebastian Rassart a un gros mental, on peut en dire de même de Yasin Karaka. A un peu plus de 17 ans, son chemin vers la renommée est tout tracé. Il a survolé toutes les classes d'âge et Aimé Anthuenis compte désormais sur lui dans son groupe. Il a signé quelques apparitions en équipe fanion et l'éclosion semble de plus en plus proche. Originaire du Limbourg, fils d'une famille d'immigrés turcs, Yasin a déjà été repris dans les équipes d'âge de Turquie. Pour lui, la famille véhicule des valeurs sacrées. "Dès qu'Anderlecht est venu me chercher, le rythme de vie des miens a changé", dit-il. "Tout tourne autour du foot. Mon père m'accompagne à Anderlecht. Un jour, je les récompenserai car ils le méritent bien. Je n'ai jamais eu d'autres rêves dans la vie que celui de devenir footballeur professionnel. A six ou sept ans, j'y pensais déjà car le football m'apportait déjà des joies intenses. Le temps n'a fait qu'amplifier ce bonheur. Rien n'est facile et je sais que tout passera par le travail. Les compliments font plaisir mais je dois progresser tous les jours. Je ne veux pas courir avant de savoir marcher. A 17 ans, un footballeur n'est nulle part. Mon rêve est de m'imposer à Anderlecht. Après, on verra". Yasin s'exprime aussi bien en français qu'en néerlandais. Ses premières apparitions à la télé révélèrent un ado aux allures et au discours d'homme. Le Limbourgeois sait où il va et est visiblement plus mûr que les gars de son âge. En équipes de jeunes, il a dû être le plus fort pour s'imposer de façon indiscutable. La légende raconte que les Mauves n'ont pas tardé à lui donner un salaire pour mieux le garder chez eux: cela fit grincer quelques dents... jalouses. Il a du caractère, sait se faire respecter. Karaka a refusé un transfert en Hollande, à Roda. Où se situe-t-il entre Enzo Scifo et Pär Zetterberg? "Je ne veux pas encore être comparé à des joueurs qui ont réussi d'aussi belles carrières. Si on le fait dans quelques années, ce sera bon signe. Anderlecht est un grand club européen, régulièrement présent en Ligue des Champions. Quand on s'y impose, c'est de toute évidence un signe de réussite".Butera, heureux en D1A deux pas de là, au RWDM, Jonathan Butera respire l'optimisme, la joie de vivre, le bonheur de jouer en D1. Il est molenbeekois mais n'oublie pas ses racines italiennes. "J'aimerais jouer un jour dans un club du Calcio", lance-t-il. Claude Barzotti apprécierait: "Je suis rital et je le reste". Butera est donc un RWDM boy et il joua deux matches en D1, au Standard et contre Lokeren au Stade Machtens il y a quatre ans. Puis, hélas, ce fut la chute et la traversée du désert en D2. Butera avait eu droit à l'apéritif, pas à la suite du menu en D1. Frustrant? "Evidemment car j'avais mis tous mes oeufs dans le panier du football après mes humanités. Il y a eu des offres mais le RWDM exigeait dix bons millions. Enorme pour un jeune joueur ayant encore tout à prouver. Je me suis dit qu'un peu de recul pouvait me faire du bien. Le club a entamé une restructuration et misé sur ses jeunes. Il y a du talent en Belgique. Les Espoirs l'ont prouvé. Mais il faut y croire, les former dans la patience, ne pas imposer une folle pression sur les épaules des gamins. Ils ont tous besoin de temps. Trop de talents s'évaporent dans la nature. C'est un des problèmes du football belge, un souci de plus pour les jeunes qui se consacrent au sport. On parle beaucoup d'argent. Pourtant si les agents s'inquiètent de ce débat, les jeunes se foutent du fric au début de leur carrière. Ils ne se laissent pas faire mais leur bonheur ne passe pas tout de suite par le portefeuille. Je sais qu'une carrière peut être brève mais un jeune donnerait souvent une fortune pour jouer au moins un match en D1. Cela n'a pas de prix. C'est intense et le reste suit. Le football belge se restructure. Tout le monde croit que le futur passe par une D1 à douze clubs. Je ne sais pas si c'est une bonne idée. La plupart des jeunes se révèlent dans les petits clubs: RWDM, Alost, Westerlo, St-Trond, etc. En les rétrogradant en D2 au nom de principes économiques, les débouchés seront encore bien plus restreints. Les clubs de l'élite chercheront plus des talents confirmés. A Molenbeek, j'ai profité des conseils de Patrick Thairet, d'Ariel Jacobs et maintenant d' Emilio Ferrera. En D2, j'ai gambergé car trois ans à ce niveau, c'est long. J'en suis cependant sorti plus fort, comme tous les jeunes. La montée fut un grand moment. Un petit club retrouvait sa place. Je ne sais pas si je signerai une belle carrière mais j'en ai l'ambition. J'espère attirer un jour le regard d'un grand club. Il faut avoir des rêves. Un jeune joueur qui ne rêve pas finit par être triste sur le terrain. Je n'ai pas envie d'être triste à mon âge car ce que je vis est bien trop beau". Walasiak, comme Genaux, Goossens et Léonard?Au Standard, Michel Preud'homme fait de plus en plus appel à Jonathan Walasiak, un jeune attaquant dont on attend beaucoup. Lui aussi veut donner le temps au temps, même si Chievo a pensé à lui. Les jeunes footballeurs sont-ils trop gâtés, cocoonés au point d'avoir des craintes à l'idée de se rendre à l'étranger? Walasiak ne le pense pas même si de jeunes Rouches ont été recrutés par Pérouse en fin de saison passée. Lui aussi entend jouer un jour en Italie, mais pas tout de suite. Il a déjà vécu un déracinement. Le Jonathan de Sclessin est originaire du Borinage et il porta la tunique de l'AEC Mons. Son papa joua entre autres à Tertre et au Standard de Pâturages. Quand le Standard le recruta, Jonathan fit le trajet entre le Hainaut et Sclessin plusieurs fois par semaine pour prendre part aux entraînements et aux matches. Puis, il se retrouva en internat avant d'avoir son propre appartement. Son destin est assez proche de celui d' Alex Czerniatynski, qui avait aussi du sang polonais dans les veines. Les grands-parents de Jonathan ont vécu dans le pays de Lech Walesa. "Je suis au Standard depuis l'âge de douze ans", lance Jonathan Walasiak. "Pour les jeunes, l'outil de travail n'a pas cessé de s'améliorer. Et cette saison, au contact du noyau A, j'ai progressé de 60%. Je suis jeune mais j'ai été reçu à bras ouverts dans le vestiaire. Je m'entends bien avec tout le monde maême si j'ai des atomes crochus avec Laurent Wuillot, qui a joué lui aussi à l'AEC Mons. Tout est possible dans le monde du football: la réussite comme l'échec. Je ne pense qu'au positif. Je sais qu'on vit dans une petite bulle. Le monde tourne avec ou sans football. Il y a des crises, l'attentat terroriste du WTC à New York, la guerre en Afghanistan, etc. Mon destin n'est rien par rapport aux problèmes de la planète. Pour le moment, je préfère ne pas penser à tout cela. Je laisse les soucis et les sources de pessimisme aux autres. Je me concentre sur le football car c'est la chance de ma vie. Au Standard, il y a eu des vagues de jeunes. Il y a dix ans, c'était le début de l'aventure de Michaël Goossens, Philippe Léonard et Régis Genaux. Quand on veut, on peut et j'aimerais, comme eux, m'imposer au Standard et vivre une aventure à l'étranger". Pierre Bilic