Après le renvoi d'Emilio Ferrera, le RC Genk est arrivé à la conclusion que l'équipe avait besoin d'un entraîneur à poigne. Evidemment, il ne pouvait poser ce jugement en février, quand il a limogé le trop laxiste Mario Been. Alors qu'il fallait déjà nettoyer le vestiaire, le RC Genk a engagé un entraîneur dont on loue partout la qualité des exercices mais dont le message ne passe pas. Le constat n'est pas neuf.
...

Après le renvoi d'Emilio Ferrera, le RC Genk est arrivé à la conclusion que l'équipe avait besoin d'un entraîneur à poigne. Evidemment, il ne pouvait poser ce jugement en février, quand il a limogé le trop laxiste Mario Been. Alors qu'il fallait déjà nettoyer le vestiaire, le RC Genk a engagé un entraîneur dont on loue partout la qualité des exercices mais dont le message ne passe pas. Le constat n'est pas neuf. Pourtant, Ferrera, qui a changé d'employeur à 17 reprises en 23 ans, a joui de la confiance de la direction, qui a prolongé son contrat de deux ans. Et ce, pour le renvoyer après une seule journée de championnat. C'est une fameuse humiliation pour Ferrera mais c'est surtout un bousillage de premier ordre. Dans le milieu des affaires, de telles erreurs de jugement vous classent mais en football, les dirigeants restent toujours hors de portée. Même un quelconque sentiment de honte leur est étranger dans ce genre de situation. Il se dit que tout le monde ne soutenait pas la décision de limoger Ferrera, à commencer par le président Herbert Houben et le directeur technique Gunter Jacob, mais personne n'a pris ses responsabilités. Il y eut une époque où le RC Genk était un club chaleureux, qui essayait tranquillement de surmonter son provincialisme et qui a un moment développé le meilleur football de Belgique, sous la houlette de Mario Been. Cette convivialité a fait place à l'arrogance. C'est justement ce qui a suscité le mécontentement des supporters et ce qui se heurte au caractère du club. Les clubs feraient bien de se rappeler leur ADN, de temps en temps. Mais au lieu de ça, ils prennent des chemins sans savoir où ils les mènent. Les clubs de football travaillent avec de tels budgets que l'amateurisme n'a plus sa place au sommet. La direction doit être confiée à des professionnels qui connaissent le football et qui obtiennent mandat pour prendre des décisions au lieu de devoir les justifier. En Belgique, on dirait que cette construction n'existe qu'à Gand, dont le manager, Michel Louwagie, fonctionne de manière plutôt autonome. Il semble que tous les clubs n'aient pas pris au sérieux les premiers matches de ce championnat. Le Standard a aligné une équipe B à Courtrai. Ça ressemble à du mépris pour le championnat mais ça incite aussi à réfléchir à cette formule contestée. Il reste assez de temps pour réparer les dégâts éventuels et le match de Coupe d'Europe au Panathinaikos est bien plus important pour le club liégeois. Anderlecht prend également tout son temps pour engager les quatre joueurs annoncés. Pas plus que le Standard, il ne perd de plumes en championnat, même pas vendredi sur le terrain d'Ostende, le premier club à avoir achevé ses devoirs, mais qui a toutefois complètement raté son départ. Reste à espérer que ça ne fasse pas paniquer la Côte. Les entraîneurs doivent bénéficier de confiance en toutes circonstances pour assurer la stabilité sportive. Karl-Heinz Rummenigge, l'homme fort du Bayern, a fait une déclaration significative à ce propos la semaine dernière. Il a affirmé que son club ne limogerait jamais Pep Guardiola. Parce qu'il est convaincu de son professionnalisme. Même dans les moins bons moments. Quelle noble vue ! En Belgique, la valse des entraîneurs est impossible à freiner depuis des années. On a dénombré 77 changements d'entraîneur en cinq ans au sein des seize clubs de D1. Après des années turbulentes, c'est le Club Bruges qui a rompu avec cette tendance pour placer son destin entre les mains de Michel Preud'homme jusqu'en 2019. Il n'a pas raté son début de saison même si, dimanche, il n'a pu poursuivre sur la lancée très encourageante de son match contre Bröndby. Face à un Lierse qui jouait bien, les Bleu et Noir n'ont développé un rythme élevé que pendant un quart d'heure. Il est étrange que ces matches de semaine servent toujours d'excuse, a posteriori. En ce début de saison, on pourrait pourtant s'attendre à ce qu'une cadence de trois matches par semaine ne constitue pas une charge trop lourde. PAR JACQUES SYSLes clubs devraient se rappeler leur ADN.